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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing

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    Incomplet, le ms. 1509 de la Bibliothèque de Rennes Métropole, ne contient que les Heures de la Vierge, à l’usage de Rome, alternant avec celles de la Croix, du Saint-Esprit et de sainte Catherine, ces dernières au demeurant assez rares. A noter dans cet ouvrage une place privilégiée accordée à la martyre d’Alexandrie. Probablement, la commanditaire portait-elle le prénom de la sainte, dont l’histoire ravissait le Moyen Âge.

    f_44v.jpg
    © Bibliothèque de Rennes Métropole

    La peinture frontispice de notre livre d'heures nous est parvenue malheureusement très altérée. Cette ouverture sur l'Annonciation laissait pourtant présager l'excellence d'une composition assez remarquable. Le professeur Eberhard König attribue à la famille de Cicé l'origine de ce manuscrit. Pour ma part je pense plutôt aux de Chalonge (ou Du Chalonge, Challonge), dont les armes étaient bien de gueules à la bande d'hermines.

    frontispice.jpg
    © Bibliothèque de Rennes Métropole

    Il serait intéressant de pouvoir examiner de plus près l'écu peint pour déterminer s'il n'a pas été ajouté ultérieurement. En effet, l'importance donnée à sainte Catherine nous oriente vers Catherine de Chalonge, laquelle épousa vers 1520 Tristan de Trémigon, sieur de Chalonge (Trébédan), du Bois de la Motte. Le seigneur et la dame de Kerinan (en Mégrit) ne sont guère documentés, mais relevons tout de même que la mère de Tristan se prénommait également Catherine. En effet, François de Trémigon, sieur de Langan, avait épousé Catherine de La Bouexière. Celle-ci fut peut-être, en définitive, la commanditaire de notre livre d'heures ...

    C'est au Maître de Jacques d'Armagnac qu'est attribuée la décoration du manuscrit, et Eberhard König le place dans "les petits livres d'heures du groupe Jouvenel". (Manuscrits à peintures, Rennes, 1992, p. 62-64).


    © Bibliothèque de Rennes Métropole

    Manuscrit numérisé sur les Tablettes Rennaises

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    Nous avions décrit sommairement sur ce même blog le livre d'heures de Guyonne Derrien, de Saint-Malo, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Municipale de Saint-Brieuc (ms. 4). En examinant de plus près sa reliure nous avons eu l'agréable surprise d'y remarquer plusieurs inscriptions (certaines bretonnes, semble-t-il : "de La Moussaye", "Carcouët", etc.), dont une qu'il nous a paru intéressant de relever :

    Simon Abelard maitre a chanter a Angers

    En effet, ce personnage n'est pas un inconnu. Clerc du diocèse d'Angers, Simon Abelard fut nommé le 27 février 1698, chantre haute-taille à la cathédrale Notre-Dame de Paris (Paris, AN, LL227, f. 299).

    Le 1er Décembre 1692, le Prince Frédérik (1671-1730), fils aîné du roi de Danemark, qui venait de faire un stage à l'Académie d'équitation d'Angers*, avait fort apprécié la voix et le talent d'un des enfants de choeur, Simon Abelard ; désirant s'assurer ses services, il le fit tout simplement enlever (1).

    Merci par avance au lecteur qui aurait des informations sur ce Simon Abelard...

    Note
    (1) Jean Poirier, La Maîtrise de la cathédrale d'Angers: six cents ans d’histoire, 1983, p. 41.
    * Sur cette Académie voir Willem Frijhoff, "Etudiants étrangers à l’Académie d’Equitation d’Angers au XVIIe siècle", dans Lias, vol. 4, 1977. http://webdoc.ubn.kun.nl/tijd/l/lias/vol4_1977/etudeta_l.pdf

    Biblio

    Michel Antoine, Henry Desmarest, 1661-1741: biographie critique, 1965, p. 99.
    Nicolás Morales, L'artiste de cour dans l'Espagne du XVIIIe siècle, 2007, p. 153, note 98.


    Portrait de Frédéric IV de Danemark. Par Hyacinthe Rigaud. Copenhague, Statens Museum for Kunst.

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    Colloque International « Peintures monumentales en Bretagne Nouvelles images, nouveaux regards» Rennes les 6 et 8 octobre 2016, Pontivy le 7 octobre organisé par le GRPM (Groupe de Recherches sur la Peinture Murale) soutenu par la CRMH (Conservation Régionale des Monuments Historiques), DRAC Bretagne

    Ce colloque international a pour objectif l’étude de la peinture monumentale en Bretagne de la fin de l’antiquité jusqu’à nos jours. Il réunira des chercheurs débutants ou confirmés en histoire de l’art, histoire et archéologie, des architectes, des professionnels de la conservation, de la restauration et de la valorisation.
    Les communications porteront sur les peintures monumentales en Bretagne ou présentant des liens possibles avec la Bretagne (thématique, mode de réalisation, commanditaire, histoire ayant un rapport avec des œuvres bretonnes). Elles s’articulent autour de trois thèmes qui s’interpénètrent en fonction d’une réalité qu’il est difficile de découper en entités indépendantes : la découverte, la restauration , et la valorisation.

    Le temps de chaque communication est d’une durée de 30 minutes, temps de discussion inclus (typiquement 20 minutes d’exposé + 10 minutes de discussions). Un espace pour exposer des posters est disponible. Les propositions de communication ne doivent pas dépasser les 2 000 signes. Elles doivent être accompagnées d’un court CV. Elles doivent parvenir avant le 10 décembre 2015 à l’adresse suivante : contact@grpm.asso.fr. L’auteur exprimera sa préférence pour une communication orale ou de type poster.

    Le comité scientifique – composé de membres du GRPM, de la CRMH-DRAC Bretagne, de l’Université Rennes 2, des Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, des conseils départementaux des Côtes-d’Armor d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan, d’un architecte et d’un conservateur-restaurateur - effectuera son choix afin d’établir le programme dans toute sa cohérence avant la fin de l’année 2015.

    http://www.grpm.asso.fr/activites/Colloque%20Bretagne/colloque%20peinture%20monumentale%20de%20Bretagne.pdf


    Peintures murales de l'église paroissiale de Langast

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    Les trois Marie au pied de la Croix ( Marie-Madeleine, Marie Salomé et Marie Jacobé)

    La Bienheureuse Françoise d'Amboise reste une des figures marquantes de la chrétienté médiévale bretonne. Fille de Louis d'Amboise, prince de Talmont et vicomte de Thouars, et de Louise-Marie de Rieux, elle naît le 29 mai 1427 au château de Thouars. En 1442, à 15 ans, elle épouse Pierre, le 2e fils du duc de Bretagne, avec lequel elle avait été fiancée dès l'âge de 3 ans. Pierre devenu duc de Bretagne au mois d’août 1450, Françoise se remarque par sa bonté envers les pauvres. Devenue veuve en 1457, ce n'est que le 25 mars 1468 qu'elle entre au Carmel dans le petit monastère qu'elle avait fait construire quelques années plus tôt.

    Ainsi, en 1463, avec la bienveillance de frère Jean Soreth (1394-1471), prieur général des Carmes, Françoise d'Amboise fit édifier une maison pour accueillir des religieuses dont plusieurs venues de Liège :
    Sœur Jeanne d’Avaigne,
    Marie de Senne,
    Catherine de Teigné,
    Marguerite d’Arras,
    Marie Roty,
    Jeanne Cardinal,
    Catherine le Digoedec,
    Jehanne d’Estable,
    Anne d’Orbec,
    Françoise Marquies,
    Jeanne Marquies.
    A remarquer dans ce groupe précurseur la présence d'une seule Bretonne : Catherine Le Digoedec.
    C'est le premier monastère de Carmélites en France, placé sous le vocable très particulier des Trois Maries.

    Le manuscrit M.84 de la Pierpont Morgan Library porte sur une page de garde une note marquant sa provenance : « Ce Pseautier etoit conservé à la Communauté de Nazareth(1) et etoit à l'usage de [Françoise] D'Amboise Leur fondatrice environ 1480 ».

    Aucun doute ne subsiste sur l'origine précise de ce manuscrit. La présence, inscrites en lettres rouges, des fêtes de Marie Cleophe au 25 mai, et de Marie Salomé au 22 octobre, au calendrier, désignent bien Françoise d'Amboise comme leur commanditaire, et marque l'attrait qu'avait la duchesse pour le culte des Trois Maries, déjà ancien en Bretagne (voir notre post)
    La Médiathèque de Nantes possède un Diurnale (ms. 32) probablement utilisé par la duchesse, alors "Seur Franzoize d'Amboise".
    Et on sait qu'elle prenait grand soin de ses livres, les faisant écrire ...
    Un de ses comptes de l'année 1456, relève :

    A dom Armel Guilleron, pour avoir escript ung livre à la Duchesse, par marché fait ò lui le XVIe jour d'aoust, l'an LVI, - VI livres X s. 4.
    ..... Item, a paié du commandement de la Duchesse, a valloir sur le saellaere de l'escripture de livres que madicte damme fait faire pour le couvent de Saincte Clare a Nantes. III liv. XIII s. IIII d.

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    Françoise d'Amboise présentée par son saint patron. Vitraux de la collégiale de Nantes


    Tombeau de Pierre de Bretagne et de Françoise d'Amboise dans la collégiale de Nantes.

    Note
    (1) Le couvent de Nazareth ne fut fondé qu'au début du XVIe siècle.

    Je remercie Roger S. Wieck, conservateur à la Pierpont Morgan Library.
    Voir le site CORSAIR de la Pierpont Morgan Library pour description et photos du ms. M.84.
    Françoise d'Amboise sur Wikipedia
    Diane Booton, Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late Medieval Brittany, Ashgate, 2010, p. 280-281.

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    En voulant rassembler quelques informations sur les livres d’heures d’Anne de Bretagne, j’ai suivi mes amies Cynthia Brown (1) et Diane Booton (2) sur les traces d'un manuscrit de la bibliothèque universitaire d’Edimburgh, coté Laing 15, lequel porte effectivement les armes de la reine et duchesse de Bretagne (3). Il a été décrit dans le catalogue de Catherine R. Borland, publié en 1916 :
    A Descriptive Catalogue of the Western Mediæval Manuscripts in Edinburgh University Library (n° 45, p. 81-84, 324): https://archive.org/stream/descriptivecatal00edinuoft#page/104/mode/2up
    Borland a relevé au f. 1 de ce livre d’heures (probablement à l'usage de Toul(4) une précieuse inscription, lecture partiellement erronée et de ce fait inexploitable à l'époque :

    Le septieme Novembre 1596 sont les presentes heures venues en partage au Balthasar Remiel Chancellier de Ma [. . .] des biens delaissés par feu Jeanne Bertrand sa mere grande, lesquelles le dict Remiel a donne a Barbe Remiel sa fille aisnée pour souvenance de la deffuncte et affin quelle au memoire dicelle en ses praves [?] le dict VIIe Novembre an susdict 1595 (sic). E. [?] Remiel.

    L'absence de toute documentation sur ces "REMIEL" m'a conduit bien entendu à poursuivre mes recherches. En recoupant différentes données prises à cette inscription, notamment celles du prénom assez particulier et de la fonction du personnage, j’ai découvert sans trop de peine la véritable identité du possesseur. Il s’agit très précisément de Balthazar Rennel(ou de Rennel), président de la Chambre des comptes de Lorraine, issu d'une très ancienne famille originaire de Boulogne-sur-Mer, en Picardie. En fait Borland s'était trompée dans quelques jambages ...

    Balthazar Rennel devient conseiller et auditeur de la Chambre des comptes de Lorraine le 8 mars 1574, remplaçant son père. En 1594, il fait partie du conseil de ville de Nancy, nommé conseiller d'Etat le 7 février 1606, président de la Chambre des comptes de Lorraine le 19 janvier 1613, à la place de Michel Bouvet, et ce jusqu'en 1633. Employé par le duc de Lorraine à de difficiles négociations, il résigna son office de président en faveur de son petit-fils Claude Voillot, le 28 octobre 1633.
    Balthazarépouse le 7 mars 1576 Barbe de Lescut, fille de Jean de Lescut et de Barbe Le Clerc. De cette alliance vinrent 14 enfants dont 10 moururent en bas âge :
    1) François de Rennel, né le 20 novembre 1583, mort le 11 février 1649 ; il fut seigneur de Brin & créé conseiller d’état par patentes du 27 avril 1611. Il épousa par contrat du 1 mars 1609, Esther Barnet, fille de Louis, ministre d’état du duc Henri & son envoyé extraordinaire vers les cours de Rome & de Mantoue. Elle mourut à Paris le 13 février 1644, ayant eu pour fille unique Marie de Rennel, née le 11 juin 1611, morte le 21 avril 1645, ayant épousé par contrat du 23 avril 1616 Claude de Veillot de Valleroy, seigneur dudit lieu, Madecourt, Agecourt, Maroncourt &c, premier secrétaire d’état du duc Charles IV & président en chef de sa chambre des comptes de Lorraine, mort le 12 août 1650.
    2) Barbe de Rennel, née le 20 décembre 1584, morte le 21 septembre 1619, veuve du 10 octobre 1614 de Claude de Bouvet, seigneur de Heille, court ministre & secrétaire d’état des ducs Charles III & Henri, qu’elle avoit épousé par contrat du 20 mai 1601. C'est elle qui reçoit le livre d'heures de son père.
    3) Catherine de Rennel, née le 2 juin 1591, morte le 10 mai 1631, veuve du 1 octobre 1621 de Jean de Baillivy, seigneur de Houdemont & de la Neuveville, conseiller d’état des ducs Charles III & Henri, qu’elle avoit épousé par contrat du 6 novembre 1607.
    4) Baltasar de Rennel, II du nom, comte de Rennel & de l’empire, seigneur de Jarville, Andilly & Hermamesnil, conseiller d’état du duc Charles IV, né le 17 mars 1593, mort le 2 novembre 1658, épousa par contrat du 11 janvier 1621 & par bénédiction nuptiale du 4 mai suivant, Claude de Guerin du Montet, fille aînée & principale héritière de Baltasar de Guerin, seigneur du Montet & de Marie de la Ruelle, laquelle se remaria en 1616 à Jean de la Moussaye, chevalier seigneur de Carcouet, en Bretagne (5), chambellan du duc Henri, colonel d’un régiment d’infanterie & lieutenant au gouvernement de Nanci. Elle mourut le 8 février 1641, âgée de 33 ans, 9 mois, 21 jours, ayant eu de son mariage onze enfans dont cinq morts en bas âge.
    Voir sur cette famille les notes généalogiques de Moreri .

    Balthazar était le fils de Bonaventure Rennel (ca 1509-1584), anobli le 1er avril 1553, et de Marie Janin (+ 1560), et le petit-fils de Jean Janin (ou de Janin) et de Jeanne Bertrand(ou de Bertrand), cette "mère grande" qui fit don de son livre d'heures à son petit-fils, et qui est probablement commanditaire ou premier possesseur du manuscrit.

    Jean de Janin, seigneur de Manoncourt, marié à Jeanne de Bertrand, dame de Brin, des barons de Marimont, fille de Didier, seigneur Brin, trésorier général des finances du duc Antoine ( de1508 à 1544, lien) et d'Anne-Marguerite de Küel, d'une illustre maison de Silésie (De La Chesnaye, Dictionnaire de la noblesse, tome 8, Paris, 1774, p. 195)

    Balthazar Rennel et Barbe de Lescut, décédés en 1637, seront inhumés à Nancy, dans la célèbre église des Minimes de Notre-Dame-de-Bonsecours, où reposent encore aujourd’hui le coeur de Marie Leczinska :

    La première chapelle du côté de l’évangile, près du sanctuaire, est celle dite aujourd hui des Rennel. Elle a eté construite aux frais du Duc Charles III et elle est assez singulière. Dans le bas, elle forme un grand quarré avec un autel dans le fond. Le tableau qui en fait la décoration représente la Ste Vierge au lit de la mort, joignant les mains, environnée des Apôtres, parmi lesquels St Pierre, revêtu d’une chappe, tient un cierge de la main droite, et appuye la gauche sur un livre ouvert, paroissant réciter des prières ; les autres Apôtres ayant tous la tête couronnée d’une gloire, semblent abîmés dans la douleur. Un d’eux porte une croix au haut d’un long bâton d’argent, et un autre un bénitier avec son goupillon. Devant le lit est une table couverte d’un tapis de Turquie, aux armes de Rennel et de l’Escut. Dans le milieu, on y voit un chandelier avec une chandelle allumée, et à côté un livre sur lequel est une palme. J. C. sortant à demi corps d’une nue qui est au dessus du tableau et dans l’angle, tend les bras à sa Mère et semble lui adresser ces paroles mises en lettres d’or dans l’entablement de l’autel : Veni de Libano, Sponsa mea ; veni, coronaberis. Des anges et des chérubins ornent encore ce tableau que l’on attribue à Bellange ; mais l’humidité paroit lui avoir fait perdre une grande partie de son premier mérite.
    Un ordre d’architecture Ionique fait l’ornement de cette partie inférieure de la chapelle. Dans les quatre angles sont placés sur des nuages les quatre Evangélistes de grandeur naturelle avec leurs attributs formant une forte saillie. Au-dessus de leurs têtes s’élèvent des arcs qui rendent cette chapelle de quarrée qu’elle est en bas, octogone. Elle s’arrondit ensuite pour former un dôme qui reçoit le jour par six fenêtres qu’on y apperçoit. Au haut de l’autel et sous ce dôme, sur la corniche de l’ordre qui décore la partie inférieure de la chapelle, on a placé les dix Apôtres, distingués des deux Evangélistes mentionnés ci devant avec les instrumens de leur martyre. Toutes ces figures sont du célèbre Drouin.
    Au côté de l’évangile on voit dans un oval les deux bustes en bas relief de Balthazard Rennel et de Barbe de l’Escut son épouse, l’un et l’autre ont les mains jointes, le mari a la tête découverte de petits cheveux, une barbe peu longue avec des moustaches ; il a le cou orné d’ une fraise. L’épouse a une collerette et une cornette fort larges. Au-dessus l’écu parti de Rennel et de l’Escut est surmonté d’une petite pyramide de marbre noir. Sous l’ovale qui contient les figures et dans un cadre en forme de miroir de toilette renversé, est cette épitaphe

    D.O.M.V.Q.M.
    Memoriæ et Securitati, Viator amice, si legere non vacat, precare et abi. Si vacat, hominem te recogita et favebis. Balthazar Rennel Patricius Nanceianus, Brinii, Sancti Germani et Jarvillæ Dominus, vitâ honestissimè exactâ, hîc jacet. Robusta illum virtus per honorum apices manu deduxit, sequutus est trahentem, et in sanctiori Ducum consilio computique Lotharingici summo fastigio sic stetit, ut lapsum nesciret, sic vixit ut mori non pœniteret, sic obiit, ut vixisse non puderet, et quod felicitatis caput fuit, heu ! est ne hac in vita felicitas quam tot mala interpungunt ! Magnis Ducibus CAROLO III, HENRICO II, CAROLO IV, ubique probatus, antiquæ probitatis fama incolumem ad hocusque marmor deduxit, sub quo diem Christi expectat, majorum quæ mortales agunt, jam nunc equidem securus ; at æternae securitatis candidatus. Adde jam vota tua, bone hospes, et mortis memor, abi in tuas res. Vivere desiit anno Dni 1637 Novembris 16 aetatis suæ 85.

    Un peu plus bas et sur un autre marbre on lit :

    Jacet sub eodem tumulo Domina Barbara de Lescut supradicti, Domini Balthazaris Rennel fidelissima conjux, quæ post spatium circiter 62 annorum quocum eo pacificè in matrimonio vixit, expleto ætatis suæ 79 cursu die 29a Martii anni 1637 migravit ex hoc sæculo, ut feliciùs viveret in altero. Tu, Domine, dona ei requiem et locum indulgentiæ.

    J. J. Lionnois, Histoire des villes vieille et neuve de Nancy, tome II, 1811, p. 302 sq.


    Armes des RENNEL et LESCUT :
    d'azur à la croix ancrée d'or chargée d'un tourteau de gueules (Rennel)
    d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules chargée à l'épaule senestre d'un écusson d'argent (Lescut)



    Cadran solaire en bois de Sainte-Lucie, aux armes de Nicolas de Rennel, comte du Saint Empire, anobli en 1730 (source).

    Note
    (1) Cynthia Brown, The Queen's Library Image-Making at the Court of Anne of Brittany, 1477-1514, University of Pennsylvania Press, 2011, p. 307.
    (2) Diane Booton, Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late Medieval Brittany, Ashgate, 2010, p. 252.
    (3) Armes entourées du collier de Saint-Michel. Ce manuscrit ne semble pas être lié directement à la reine Anne, à moins que ce ne soit un cadeau du couple royal pour Jeanne de Bertrand ou son mari. Il y aurait peut-être une piste à suivre avec les relations de Didier Bertrand, le père de Jeanne, avec le poète réthoriqueur et "herault d'armes de Lorraine" Pierre Gringoire (ou Gringore), dit Mere Sotte, auteur notamment d'un mystère pour l'entrée de la reine Anne de Bretagne à Paris, en novembre 1504. En effet, on le trouve nommé à plusieurs reprises dans les comptes de Didier Bertrand, trésorier général des finances (AD 54, source).
    Voir Charles Oulmont, Pierre Gringore, 1911, reprints 1976.
    Cynthia J. Brown, Les entrées royales à Paris de Marie d’Angleterre, 1514 et Claude de France, 1517, Genève : Droz, 2005.
    Alan Hindley, Le jeu du Prince des Sotz et de Mère Sotte de Pierre Gringore, Paris : H. Champion (collection : La Renaissance française), 2000.
    (4) Du moins calendrier et litanies sont Toulois.
    (5) Voir AD 54, B 437:

    Lettres passées par Charles, duc de Lorraine, à haut et puissant seigneur Jean Philippe, comte Cratz de Scharpffenstein, colonel, etc., à honnoré seigneur Jean de la Moussaye, sieur de Ceircourt, acceptant pour ledit comte, données à Vaideshem le 28 de décembre 1627, par lesquelles ledit seigneur, duc ayant été secouru par ledit comte pour ses grandes affaires et nottament pour la conservation de ses états de la somme de 200000 francs monnoye de Lorraine, il luy vend et délaisse les ville, château, villages, terres, seigneuries, rentes, revenus de Sarguemund siz au duché de Lorraine ... (en ligne).

    Marie de la Ruelle se remaria, par contrat du 25 juin 1616, à Jean de la Moussaye, chevalier, seigneur de Carcouët en Bretagne, chambellan du Duc Henri, dont Philippe, marquis de la Moussaye, colonel d'Infanterie au service de France, mort de ses blessures à la bataille de Rocroy, donnée en 1643 (Chesnaye, Dictionnaire de la noblesse).
    Ambroise Pelletier, Nobiliaire ou armorial général de la Lorraine et du Barrois, t. I, Nancy, 1758, p. 642, donne également comme épouse à Jean de La Moussaye, une autre épouse : Marguerite Philippe, de Valfroicourt, fille de Henry Philippe et de Marguerite Bertrand.
    Daniel de La Motte-Rouge, J. P. Le Gal La Salle, Vieilles demeures et vieilles gens: châtellenie de Lamballe, d'après des illustrations anciennes et des documents inédits, 1977, p. 552.

    Biblio
    Comte A. de MAHUET, Procès entre les familles LE FEBVRE, DE LOMBILLON ET DE RENNEL (1733 -1736), 1905.

    Sources documentaires
    Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle, 97 J 1-66 : Archives des familles de Rennel et de l'Escut (1544 - 1782).
    10.10.1587 (AD 54 3E 246) Vente par Jean Colin demeurant au ban de Guermange à noble femme Jennon Bertrand dame de Brin en partie, relicte de feu noble Didier Feriet, trésorier général de Metz. 29.12.1590 (3E 8157) Bastien Tixerant de Vic, procureur de Jennon Bertrand , demeurant à Brin veuve noble Didier Feriet, trésorier général de l'Evêché de Metz, laisse à bail un gaignage à Chambrey (lien)

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    Dom Edmond Martène, dans son Voyage littéraire de deux religieux bénédictins de la congrégation de Saint Maur (Paris, 1717), relatant son passage à l'abbaye de Fontevraud, précise pour le 14 avril 1708 :

    Nous passâmes le reste de la journée a voir la bibliothèque qui est très grande & bien remplie de livres. On y voit quelques manuscrits dont les plus curieux sont des heures qu'on croit servi à un duc de Bretagne écrites en lettres d'argent sur du talque dont toutes les marges sont ornées de vignettes & de mignatures très délicates ...

    Les connexions entre Fontevraud et la Bretagne sont nombreuses, notamment avec l'arrivée à la tête de l'abbaye, en 1457, de Marie de Bretagne (1424-1477), fille de Richard d'Étampes, fils de Jean IV, duc de Bretagne, et de Marguerite d'Orléans. Elle était soeur du duc de Bretagne, François II (1435-1488).
    Peut-être faut-il chercher dans la bibliothèque de Marie ces fameuses "Heures écrites en argent" ? Son inventaire fait bien mention de deux manuscrits :

    « Item unes Heures de Nostre Dame, en franczoys, hysroriées, relyées, fermantes a fermouers d’argent doré
    ....
    Item unes aultres petites heures a l’usaige de Romme, fermans a fermouers d’argent doré »

    Aucun ne semble pourtant correspondre aux Heures d'argent...
    A New York, le Brooklyn Museum (ms. 19.78) conserve d'autres Heures de Marie de Bretagne :


    © Brooklyn Museum, New York

    Depuis l'époque de Dom Martène, le manuscrit écrit en lettres d'argent semble avoir disparu. Etait-ce un présent du duc François II à sa soeur?
    En 1790, quand on transféra la bibliothèque de Fontevraud à Saumur, un bateau chavira et des milliers de volumes disparurent dans la Loire (1). Notre livre d'heures s'y trouve peut-être encore ... à moins qu'il n'avait déjà subit les outrages des révolutionnaires.

    Note
    (1)
    Alfred Jubien, L'abbesse Marie de Bretagne et la réforme de l'ordre de Fontevrault, Angers & Paris, 1872, p. 186.

    Biblio
    Lucy Freeman Sandler, "Bedford in Brooklyn", dans Tributes in Honor of James H. Marrow Studies in Painting and Manuscript Illumination of the Late Middle Ages and Northern Renaissance (J. F. Hamburger, A. Korteweg (eds.), 2006, p. 431sq
    Marie-Françoise Damongeot. "Le Coffre aux livres de Marie de Bretagne (1424-1477), abbesse de Fontevraud", dans Livres et lectures de femmes en Europe entre Moyen Âge et Renaissance, 2007, p. 81-99.
    Diane Booton, Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late Medieval Brittany (Ashgate, 2010), p. 322-327.

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    Mais avant de poursuivre ainsi, je supplie humblement, mains jointes et genoux fléchis, ceux qui jetteront les yeux sur mon opuscule, de corriger amicalement l'ignorance de ma présomption et, s'ils relèvent une lacune, de daigner la corriger charitablement, avec les yeux de l'ami et le zèle de l'amitié et de l'honneur, parce que je n'en ai pas trouvé le contenu dans mon jardin, mais dans plusieurs autres livres très difficiles, mais très intéressants, brillants de nombreuses fleurs odorantes que, me servant de cette nourriture divine, j'ai essayé de cueillir. Enfin, ce n'est pas sous contrainte, ni par appât du gain, mais sous l'impulsion de ma libre volonté que j'ai entrepris d'écrire et de compiler ce livre, en l'an 1394, suivant plusieurs conseils qui aiguillonnaient mon âme et non sans raison. Et avant tout parce que les copistes ou les historiens qui ont rédigé ou compilé les chroniques de France n'ont pratiquement pas fait mention des rois des Bretons qui vécurent en Grande ou en Petite Bretagne avant l'incarnation du Verbe, ni des nombreux rois qui s'y succédèrent longtemps après l'incarnation, parce qu'ils n'ont rien dit des exploits de Bellinus, de Maximien, de Constantin le Grand, d'Arthur, ces rois des Bretons qui jadis soumirent toute la Gaule, la Neustrie, la Touraine, la Gascogne, l'Anjou, l'Aquitaine, qu'il n'y a pas la moindre mention dans ces chroniques françaises de la vaillance d'Arthur, de son combat et de sa victoire en duel sur le tribun Frollon, qui gouvernait la province de Gaule pour l'empereur Léon : après avoir tué ce Frollon, le roi Arthur victorieux entreprit la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris... C'est pourquoi, afin que les exploits des Bretons soient reconnus dignes d'une louange éternelle et qu'ils soient glorifiés avec plaisir et durablement, par beaucoup, comme s'ils étaient écrits et aussi pour que mes successeurs les fassent entièrement connaître grâce à cet opuscule, de sorte qu'il ne soit pas abandonné à un oubli poussiéreux, je souhaite que ce traité trouve non seulement un lecteur, mais aussi un correcteur, pourvu qu'il soit conscient du poison de la jalousie. Je demande aussi, d'un coeur pieux, que tous ceux qui liront ce livre y trouvent le secours de leurs prières contre les juges malhonnêtes et qu'ils y conjurent par de pieuses prières tout ce qu'ils trouvent de méprisable en moi ...

    Extrait de la Chronique de Saint-Brieuc,
    Edit. Gwenaël Le Duc& Claude Sterckx, Rennes, 1972, p. 61-63

    L'histoire de l'historiographie bretonne médiévale a suscité depuis quelques années des ouvrages remarquables, et les travaux de Jean Kerhervé sur l'Etat breton ont permis de grandes avancées dans la connaissance des sources manuscrites, des chroniques et autres "livres" utilisés par nos anciens auteurs bretons. Nous allons présenter ici quelques manuscrits de ces Chroniques et de ces Histoires de Bretagne :

    § Aix-en-Provence BM 648 : Chroniques de Bretagne, XVe s. Exemplaire aux armes de Thibault Baillet, président au Parlement de Paris.


    (c) Bibliothèque de Aix-en-Provence. IRHT. Enluminures

    L'extrait ci-dessus se rapporte à Guillaume de Malestroit, évêque de Nantes de 1443 à 1462 (décédé en 1491)

    Les armoiries, d'azur à la bande de gueules accompagnée de deux amphiptères (ou dragons) d'or, sont celles de Thibault Baillet (ca 1440-19 novembre 1524, inhumé à Saint-Merry, Paris), chevalier, seigneur de Sceaux et de Silly, reçu conseiller au Parlement de Paris en 1461, maîtres des requêtes ordinaires de l'Hôtel en 1472, en l'office de président au Parlement de Paris le 1er mars 1484. Sources : Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, II, p. 225. Cf. Jean Yver, Le président Thibault Baillet et la rédaction des coutumes (1496-1514), dans Revue historique de droit français et étranger, 64, 1986, p. 19-42. Infos Bernard de Lépinay de la liste Héraldique -Noblesse.



    § Angers BM 941 (839). Chroniques des rois, ducs et princes de Bretagne. Ce manuscrit provient de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, et a appartenu à Boislève du Saulay. Cf. Catalogue général, 31, 1898, p. 488.

    § Paris BnF Fr. 5624. 72 f., XVe s.: il ne s'agit pas ici spécialement d'une Chronique de Bretagne, mais de mélanges historiques concernant particulièrement l'Angleterre, exemplaire offert à Guillaume Jouvenel des Ursins (1401-1472), baron de Trainel, chancelier de France :


    [Jouvenel des Ursins peint par Jean Fouquet, XVe siècle.
    Paris, Louvre, Département des Peintures, Inv. 9619 (c) photo RMN - G. Blot]

    Le colophon du f. 72v nous apporte quelques précisions intéressantes : "Je, Jehan Le Baud, licencié en loix, conseiller du roy nostre sire, ay donné et donne cest livre à monseigneur de Trainhel, chancellier de France, tesmoing mon seing manuel cy mis ou moys de juillet, l'an mil quattre cens quarante et neuf. J. Le Baud." Ce Jehan Le Baud n'est-il pas de la même famille que l'historien breton Pierre Le Baud (+1505)?


    (c) Cliché Paris BnF : Pierre Le Baud, Compilation des Chroniques et histoires des Bretons, France (Bretagne), 1480. Paris BnF Fr. 8266, f. 5.

    PIERRE LE BAUD

    Fils de Pierre Le Baud, seigneur de Saint-Ouen (Maine) et de Jeanne de Châteaugiron, bâtarde de Patry de Derval. Il fut chantre et chanoine de la collégiale Saint-Tugal de Laval. Son oeuvre fondamentale en fait le premier historien de Bretagne, longtemps attaché à la reine Anne comme conseiller et aumonier.
    Edition imprimée : Histoire de Bretagne avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval par Pierre Le Baud... aumonier d'Anne de Bretagne, reine de France... et un recueil armorial contenant ... les armes et blazons de plusieurs anciennes maisons de Bretagne... Le tout nouvellement mis en lumière, tiré de la bibliothèque du marquis de Molac et à luy dédié par le sieur d'Hozier... 1638, A Paris, chez Gervais Alliot.
    Voir Table des matières sur le site du Cirmodoc.

    Manuscrits des oeuvres de Pierre Le Baud

    § Paris BnF Fr. 6011. Parchemin. 19 f. XVe s. : Généalogie des très anciens roys, ducs et princes qui, au temps passé, ont régy et gouverné la Bretagne. Commence au f. 3v par la dédicace à Marguerite, duchesse de Bretagne et comtesse de Montfort : Eneas doncques, duc Troyan, aucteur du lignaige romain, et finit, f. 19v : ...bonne vie et longue, et en la fin de voz jours le règne pardurable. Amen. A l'intérieur de la reliure, l'ex-libris : "Je suis à Gilles Bernardeau, prebstre, recteur de Nostre dame de Nantes". Au f. 1, le nom Du Molinet. [ numérisé sur Gallica ]

    § Paris BnF Fr. 6012. Papier. 74 f. XVe s. : Le Bréviaire des Bretons. Ce manuscrit diffère des autres textes dans la mesure où il contient deux strophes supplémentaires. Le poème ne s'arrête pas à la mort de Marguerite (15 septembre 1469), première femme du duc François II, mais sont relatés les décès du duc (9 septembre 1488) et de sa fille puinée Isabelle (24 août 1490). Le texte se termine par le fait que Anne, la fille survivante, reste "seule héritière du duché".
    Commence au f. 1 : Environ l'an après deux mil iic six... et finit, f. 74 par : Et eut la fille aisnée du duc Françoys à femme, Qui trespassa à Nantes, Jesus-Crist en ait l'âme. Il règne à présent, Dieu luy doint prospérer, Et sa postérité à tousjour mais durer. Puis, en secondes nopces, iceluy duc Françoys Espousa, à Cliczon, Marguerite de Foix, De laquelle eut deux filles, Anne et Ysabeau, Dont la puisnée fut mise à Rennes en tombeau. Et mys en sépulture près sa première femme, II fut de cueur piteux, Dieu en veil avoir l'âme. Ainsi demeura Anne seulle fille héritière Du duché de Bretaigne, qui lors n'estoit entière. Finis. Vostre très humble, très obéissant subgect et serviteur. Mauhugeon. Sur un feuillet de garde, la signature de J[ean] Ballesdens. Les deux dernières strophes ont été attribuées par C. Couderc au copiste nommé Mauhugeon. Toutefois remarquer l'expression "Vostre très humble, tres obéissant subgect et serviteur" que l'on retrouve aussi dans la Généalogie (ms de Genève par ex.) Il y eut un Jehan Mauhugeon, grant. maistre de l'artillerie de Bretaigne vers 1475 ; un Robert de Mauhugeon est premier aumônier du dauphin Charles, en 1488 (Paris BnF, Pièces orig., vol. 1894, doss. Mauhugeon, n° 6.). Un Jehan Mauhugeon, notaire et secrétaire ordinaire du roi et de la duchesse de Bretagne est témoin en 1505 au procès de Pierre de Rohan, maréchal de Gié. Nous pensons que ce dernier doit être copiste du Fr. 6012.
    Biblio : C. Couderc, Le bréviaire des Bretons de P. Lebaud, faussement attribué au copiste Mauhugeon, dans Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 61, 1900, p. 71-74.

    § Paris BnF Fr. 25211. Le Bréviaire des Bretons, par Pierre Le Baud, aumosnier de la royne Anne, doyen de Saint-Tugal de Laval, thrésaurier de la Magdelaine de Vitré, oncle maternel de Messire Pierre d'Argentré. Manuscrit aux armes et devises de Jean de Derval. XVe s., parchemin, 40 f., 205 x 145 mm (Gaignières 662/1).

    § Paris BnF Fr. 25212. Le Bréviaire des Bretons. Au f. 58, addition de quelques strophes, sans doute par le copiste Mauhugeon. ; f. 80v: Je suys à Monsieur de La Haye, escuyer demourant en basse salle en defaulte d'ung plancher. Je suys et apartient au sire Georges Cleray. "Ex dono D. de la Meschinière". XVIe s., papier, 80 f., 195 x 150 mm (Gaignières 662/2).

    § Paris BnF Fr. 8266. Compillation des croniques et ystoires des Bretons. [qq images en lignes sur le site BnF]. Manuscrit dédicatoire à Jean de Derval. Copie moderne aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fds de La Borderie, 1F 1001. [ numérisé sur Gallica ]

    § Paris BnF Fr. 24041. Les chroniques de Vitré. XVIIe s. Papier, 217f., 280 x 180 mm (Gaignières, 660).

    § Paris BnF Fr. 25177. Chroniques de Vitré, ou Généalogie des rois, ducs et princes de Bretagne (386-1486), dédiée à Jeanne de Laval, reine de Jérusalem, etc. Copie de 1560 aux armes écartelées de Gaspard 1er de Coligny et de Louise de Montmorency, sa femme, et aux armes parties de leur fils. Ex-libris de Du Bouchet, qui acheta ce livre 9 livres t. en 1631. Papier, 122 f., 220 x 165 mm.

    § Paris BnF Fr. 32615. Histoire généalogique des seigneurs de Vitré, de Montfort et de Laval, par Pierres Thebault (sic), prestre, chantre et chanoyne de Vitré. (1486). Histoire dédiée à Jeanne de Laval. Ex-libris gravé de Charles d'Hozier. XVIe s. Papier, 48 f., 300 x 208 mm.

    § Poitiers BM 171. Chroniques de Bretagne. Le début manque. XVe s.

    § Poitiers BM 338. Chroniques des maisons de Vitré et de Laval. XVe s.

    § Genève BU Fr. 131. Parchemin. 23 f. 214 x 147. Fin XVe s. Genealogie des tres anciens roys, ducs et princes qui, au temps passé, ont regy et gouverné ceste royalle principauté de Bretagne. Reliure aux armes, chiffre et devise d'Alexandre Petau. Au f. 2, armes de la duchesse Marguerite de Bretagne, écu losangé avec les armes de Bretagne et de Foix. Commence au fol. 2: A tres haulte, tres puissante, tres excellante princesse et ma souveraine damme Margarite, par la grace de Dieu duchesse de Bretaigne, contesse de Montfort, de Richemont, d'Estempes et de Vertus, voustre tres humble et tres obeissant subget, serviteur et orateur Pierre le Baud, toute tres humble obeissance, service et subjection deue comme a ma souveraine damme. Finit au f. 21: ... et doint au duc, noustre souverain seigneur, a vous et ames tres redoubtees dammes voz filles, prosperité, santé, bonne vie et longue, et en la fin de voz jours le regne pardurable. Amen. Collection Petau (n° 95). Cf. Hippolyte Aubert, Notices sur les manuscrits Petau conservés à la bibliothèque de Genève, Paris, 1911, p. 112-113.

    § London British Library Harleian 4731. Le livre des cronicques des roys, ducs et princes de Bretaigne armoricane aultrement nommée la moindre Bretaigne. 1505.
    In-fol., vélin, miniatures et lettres enluminées, tranches dorées. 357 feuillets sur deux colonnes. Ce volume porte au dos : Histoire de Bretagne manuscrite. — Icy commence le livre des cronicques des rois, ducs et princes de Bretaigne armoricaine, aultrement nommée la moindre Bretaigne. Et premièrement le prologue de l'actenr. A très-haulte, très-puissante et très-excellente princesse, ma très-redoublée souveraine dame madamme ANNE :, par la grâce de Dieu royne de France, et par celle mesme grâce duchesse de Bretaigne, PIERRE LEBAVD, tresaurier de l'église collégialle de la Magdalene à Vitré, et vostre très-humble et très-obéissant subject, serviteur, orateur et aumosnier, honneur et révérence, avecq prompte et deue subjection et obéissance.

    § Saint-Petersbourg, Hermitage 5Z. Histoire des rois et ducs de la Bretagne Armorique. Commence à la fin de la dédicace : ...dit avoir esté fils de Jupiter ...qui en ce me sont defaillans. [incipit] Eneas doncques duc Troyen aucteur du lignage... Finit au f. 12 : Balade faicte pour la duchesse Margarite de Foix, quant elle vint en Bretaigne. Puis noms des rois et ducs de Bretagne (f. 13). Incomplet d'une partie de la dédicace. Fin XVe s.

    On attribue généralement à Pierre Le Baud un recueil important pour l'histoire de Bretagne, aujourd'hui aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine (fds A. de La Borderie). Le 1F 1003 contient un ensemble de textes essentiels, certains inédits : Chronique de Saint-Brieuc (Cf. éd. partielle de G. Le Duc), Livre des faits d'Arthur, etc. Nous l'avons utilisé, entre autres, pour l'édition des documents nécrologiques de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas. C'est un volume en papier petit in-folio, où une main du XVe s. a entassé dans un grand désordre, d'une écriture très hâtée et souvent très difficile à déchiffrer, une foule d'extraits divers de chartes, de chroniques, de textes historiques de toute nature, tous relatifs à la Bretagne. Ce manuscrit a appartenu à A. de La Borderie qui l'avait d'abord pris pour la compilation que Dom Lobineau désignait sous le nom de vetus collectio manuscripta ecclesiae Namnetensis. Mais l'historien breton remarquant certaines divergences entre les deux recueils, appela le sien Vetus collectio manuscripta de rebus Britanniae. Ce recueil reste difficile à dater dans la mesure où il représente plusieurs mois ou plusieurs années de recherche dans les archives ecclésiastiques de Bretagne. Il peut être antérieur à 1493. En effet, une liste des évêques de Quimper, f. 194, se termine par la mention de la mort de Gui du Bouchet en janvier 1483. Son successeur, Alain Le Maout (+ 1493) n'y est pas indiqué.


    Bibliographie

    Le Centre d'Études Supérieures de la Renaissance (Université de Tours) propose en ligne l'édition de 1608:
    Histoire de Bretagne, avec les chroniques des maisons de Vitré, et de Laval par Pierre Le Baud, chantre et chanoine de l'eglise collegiale de Nostre-Dame de Laval, tresorier de la Magdelene de Vitré, conseiller & aumosnier d'Anne de Bretagne reine de France. Ensemble quelques autres traictez servans à la mesme histoire. Et un recueil armorial contenant par ordre alphabetique les armes & blazons de plusieurs anciennes masions de Bretagne. Comme aussi le nombre des duchez, principautez, marquisats, & comtez de cette province. Le tout nouvellement mis en lumiere, tiré de la bibliotheque de monseigneur le marquis de Molac, & à luy dedié : par le sieur d'Hozier, gentil-homme ordinaire de la Maison du roy, & chevalier de l'ordre de sainct Michel. A Paris Chez Gervais Alliot, 1638.
    Edition partielle de l'oeuvre de Pierre le Baud: Vte Charles de La Lande de Calan, Cronicques et ystoires des Bretons par Pierre Le Baud publiées, d'après la première rédaction inédite, avec des éclaircissements, des observations et des notes. Rennes, Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, 1907-1922, 4 vol. S'arrête à l'année 1305. [En ligne sur le site Gallica de la BnF]
    Jean-Christophe Cassard, « Un historien au travail : Pierre Le Baud », dans Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 62, 1985, p. 67-95.
    Jean Kerhervé, « Aux origines d'un sentiment national. Les chroniqueurs bretons de la fin du Moyen Age », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 108, 1980, p. 165-206.
    Jean Kerhervé, « La généalogie des rois, ducs et princes de Bretagne, par Pierre Le Baud », dans Bretagne et pays celtiques. Mélanges offerts à Léon Fleuriot, Saint-Brieuc-Rennes, 1992, p. 519-560.
    Joëlle Quaghebeur, « Pierre Le Baud : écrire le passé pour conjurer l'avenir? », Images du Moyen Âge, éd. Isabelle Durand-Le Guern, Rennes, Presses universitaires de Rennes (Interférences), 2006, p. 23-33.
    Stéphanie Vincent, L'énigme de l'enluminure, Derval ou Châteaugiron, Sutton, 2009.

    ALAIN BOUCHART

    Alain Bouchart (+ >1514) appartient à la petite noblesse bretonne de la presqu'île de Guérande, possessionée à Kerbouchart (Batz), d'une famille de diplomate (Jacques, secrétaire ducal en 1480), d'officiers des finances (Jean, Alain, receveurs de Gérande à la fin du XIVe s.). En 1484, il est secrétaire du duc François II, et dès 1491 il se rallie au roi Charles VIII qu'il sert comme conseiller et maître des requêtes. Installé à Paris, il épouse en première noce Marie La Frémierre, et en seconde (1496) Jeanne Le Resnier. Il finira semble-t-il sa carrière de juriste comme avocat au parlement de Paris. Avec son frère Jacques, il collabora en 1485 à une édition revue de La Très ancienne Coutume de Bretagne.
    La maison Sotheby's a vendu en juin 2002 le Livre d'heures d'Alain Bouchart, dont illustration ci-dessous. C'est un manuscrit de 274 f. d'un format 162 x 100 mm, 27 lignes à la page. Au f. 233, la prière à Dieu le père s'ouvre par les armoiries des Bouchart, D'argent à trois dauphins de sables. L'ouvrage est exclusivement à l'usage de Nantes, diocèse où se situe Saint-Guénolé de Batz, lieu d'origine des Kerbouchart. Les suffrages aux saints débutent par saint Alain, au f. 250v. Une prière "pour son prince'' (f. 263r) porte les armes de Bretagne. Le calendrier (f.1r), inscrit en lettres d'or st Felix (évêque de Nantes, 8 janvier, et sa translatio, 4 juillet), st Guénolé (3 mars et 28 avril), st Yves (19 mai, et sa translatio, 29 octobre), sts Donatien et Rogatien (martyrs de Nantes, 24 mai), st Similien (évêque de Nantes, 17 juin), st Gunthard (ibid., 25 juin), st Clair (premier évêque de Nantes, 10 octobre), st Malo, 15 novembre), st Gulstan (27 novembre). Evangiles (f. 13r) ; Heures de la Vierge [à l'usage de Nantes] : Matines (f.17r), Laudes (f. 29r), Prime (f. 36r), Tierce (f. 43v), Sexte (f. 46r), None (f. 47v), Vêpres (f. 50r) et Complies (f. 52v); Office de la Conception de la Vierge (f. 57r); Office de la Nativité (f. 69r) ; Office de la Présentation au Temple; Office de l'Annonciation (f. 90v) ; Office de la Purification (f. 99r) ; Office de l'Assomption (f. 109v); Office de Noël (f. 121r) ; Heures de la Croix (f. 145r) ; Office of Pâques (f. 167r) ; Psaumes de la pénitence (f. 177r) ; Litanies: Corentin, Tugdal, Malo, Brioc, Gildas, Ivo, entre autres ; Office des morts (f. 187v) ; Messe des morts (f. 205r) ... Obsecro te (f. 213r, formulation masculine), O intemerata et autres prières à la Vierge, incluant le Stabat mater ; prières au Seigneur (f. 223r), à st Grégoire (f. 227r) ; Suffrages aux saints (fol.238v), incluant saints Alain (f. 250v, évêque de Quimper), Ives (f. 252v), Guénolé et Gulstan (f. 253r), Gildas (f. 254v), Armel (f. 255r); prières votives, pour la paix (f. 260r), les reliques, etc. La décoration, de "style parisien", apparentée à celle du "Maître François'', comporte 12 grandes miniatures, et 4 larges, ajoutées d'un autre manuscrit.


    (c) Cliché Sotheby's

    Les Grandes Chroniques d'Alain Bouchart connurent 5 éditions, de 1514 à 1541.

    Editions anciennes

    1514 : Les grandes Croniques de Bretaigne, nouvellement imprimees à Paris, tant de la grande Bretaigne depuis le roi Brutus, qui la conquist et la appella Bretaigne, jusques au temps de Cadualadrus, dernier roy breton dicelle grande Bretaigne... que aussi de nostre Bretaigne de present, depuis la conqueste du roy Conan Meriadec breton, qui lors estoit appelle le royaulme Darmorique, jusques au temps et trespas de François II de ce nom, duc de Bretaigne, dernier trespasse.. esquelles cronicques est mencion faicte daucuns notables faiz advenuz es royaulmes de France, Dangleterre, Despagne, Descosse, Darragon et de Navarre, es Allemaignes, es Itales, en Lombardie, en Tartarie, en Ihierusalem, et aillieurs... Imprime à Paris : aux despens, fraiz et mises de Galliot Du Pre... ; (A la fin :) Imprimees à Paris : par Jehan de La Roche,..., Faict et paracheve dimprimer le XXV de novembre mil cinq cens et XIIII. In-f°.

    Voir l'excellente présentation de Jean-Yves Cordier.

    1518 : Les grandes Croniques de Bretaigne, nouvellement imprimees à Paris, tant de la grande Bretaigne depuis le roi Brutus, qui la conquist et la appella Bretaigne, jusques au temps de Cadualadrus, dernier roy breton dicelle grande Bretaigne... que aussi de nostre Bretaigne de present, depuis la conqueste du roy Conan Meriadec breton, qui lors estoit appelle le royaulme Darmorique, jusques au temps et trespas de François II de ce nom, duc de Bretaigne, dernier trespasse.. esquelles cronicques est mencion faicte daucuns notables faiz advenuz es royaulmes de France, Dangleterre, Despagne, Descosse, Darragon et de Navarre, es Allemaignes, es Itales, en Lombardie, en Tartarie, en Ihierusalem, et aillieurs... Caen, M. Angier : 1518. In-f°. (du vivant de l'auteur, mais contrefaçon?)

    1531 : Les grandes Croniques de Bretaigne, nouvellement imprimees à Paris, tant de la grande Bretaigne depuis le roi Brutus, qui la conquist et la appella Bretaigne, jusques au temps de Cadualadrus, dernier roy breton dicelle grande Bretaigne... que aussi de nostre Bretaigne de present, depuis la conqueste du roy Conan Meriadec breton, qui lors estoit appelle le royaulme Darmorique, jusques au temps et trespas de François II de ce nom, duc de Bretaigne, dernier trespasse.. esquelles cronicques est mencion faicte daucuns notables faiz advenuz es royaulmes de France, Dangleterre, Despagne, Descosse, Darragon et de Navarre, es Allemaignes, es Itales, en Lombardie, en Tartarie, en Ihierusalem, et aillieurs... Imprime à Paris, aux despens, fraiz et mises de Galliot Du Pre..., 1531. In-f°.
    En ligne sur le site Gallica de la BnF (format pdf)
    Un exemplaire vendu 14500 euros lors de la vente de Brest du 16 novembre 2004 (lot 503) dans une reliure XIXe s.

    1532: Les Grandes Cronicques de Bretaigne parlans des trespreux, nobles et tresbelliqueux roys, des princes, barons et aultres gens nobles, tant de la Grant Bretaigne, dicte à present Angleterre, que de nostre Bretaigne... Additions depuis le roy Charles huytiesme jusques en l'an mil cinq cens XXXII... (S. l. [Rennes, Jean Baudouyn?]), 1532. In-f°.

    1541 : Les grandes Annalles ou cronicques parlans tant de la Grant Bretaigne à present nommee Angleterre, que de nostre petite Bretaigne... jusques en lan de present mil V cens XLI. Nouvellement imprimées. (S. l.), 1541. In-f°.




    Editions modernes

    Alain Bouchart. Grandes croniques de Bretaigne, ed. Marie-Louise Auger & Gustave Jeanneau, Paris, CNRS, 3 vol., 1986-1998 (Sources d'histoire médiévale, 19, 20 1-2)
    Les Grandes Croniques de Bretaigne composées en l'an 1514 par Maistre Alain Bouchart, Rennes, Caillière, 1886. Nouvelle édition publiée sous les auspices de la Société des Bibliophiles Bretons et de l'Histoire de Bretagne, par H. Le Meignen [En ligne sur le site Gallica].

    Bibliographie : E. Port, « Alain Bouchart, chroniqueur breton », dans Annales de Bretagne, 36, 1924-1925, p. 496-527 et 37, 1926, p. 68-101.

    Liens :
    Marie-Louise Auger (IRHT) : « Alain Bouchart, Grandes Chroniques de Bretagne : un compilateur et sa source » [En ligne]

    Marie-Louise Auger, « Variantes de presse dans l'édition de 1514 des "Grandes chroniques de Bretaigne" d'Alain Bouchart », dans Bibliothèque de l'école des chartes, 141, 1983, p. 69-90 [En ligne sur Persée]

    Le blog de Jean-Yves Cordier

    GUILLAUME DE SAINT-ANDRE

    Nous disposons à présent de l'excellente édition de Jean-Michel Cauneau et Dominique Philippe, Guillaume de Saint-André, Le bon Jehan & le Jeu des Echecs (XIVe s.) Chronique de l'Etat breton, Rennes, PUR, 2005. Voir c.r. de David Dominé-Cohn [En ligne]

    Notice bibliographique et manuscrits (Laurent brun) sur le site ARLIMA

    Les manuscrits médiévaux :

    § Paris BnF Fr. 1659. Parchemin. 70 f. 249 x 167. Paris BnF Fr. 5037. Papier, recueil factice, 3/4 XVe s. Commence au f. 1 : Avant yer vy excript sanz fable En un prologue un beau notable... Et finit, f. 40v : Bien avant pour moy Dieu prier Ge t'en prie et t'en requier [souligné en rouge: ] Cy finist le Libvre non complet Du bon duc Jehan duc de Bretaigne [d'une autre main :] que composa maistre Guillaume de Saint-André.

    § Paris BnF Fr. 10174. Papier. 81 f. 260 x 190 mm. XVe s.

    § Paris BnF Fr. 14978. Parchemin. 30 f. 245 x 165.


    Catalogue de la LIBRAIRIE DAMASCÈNE MORGAND : une oeuvre peu connue ...
    15591. LES CRONIQUES ET GENEALO- || GIE DES TRESNOBLES ROYS DUCZ ET PRINCES tant de la grant bre || taigne que de la petite auesques les tresexcellentes victoi || res et triumphes diceulx roys et princes faictes sur les ro || mains jadis leurs tributaires et sur toutes autres nations comme clairement apparoist en luysant ce preset livre moult utile et plaisant à luyre. || On les vent à Renes chiez Jehan Mace près saint saul\\ veur a lenseigne saint Jehan leuangeliste et à Caen chiez || Michel Àngier près le pont saint pierre. (Au verso du f. 86) : Cy finent les Croniques et genealo \\ gie des nobles roys et ducz tant de la grât\\ bretaigne que de la petite. Imprimées || a Rouen par M. Pierre Oliuier demou \\ rant audit lieu près lesglise saint viuiê. \\ Et furent acheuees le ij iour de May. || Mil cinq cens et x. ( 1510) Louenge a Dieu.
    In-4° goth.  de 88 f. chiffr. et 4 f. de table, veau brun. (Rel. anc.)
    [A2r] … Et sil est ainsi q[ue] les croniques des estranges nations nous soie[n]t | vtiles & delectables :par plus forte rayson nous | debuons studieuseme[n]t delecter a voir & ouyr les | beaulx faictz & nobles vertus de ceulx dont som= | mes descendus par propagation et lesquelz sont | aucteurs & fundateurs des villes & citez lesquel+ | les de present nous habitons |…₵Par quoy il mest prins en volunte ces iours derrai[n]s passez de translater de latin en francoys les croniques …affin que cha= | cun de icelle excellente nation ait congnoissan= | ce des gra[n]s vertus et faitz darmes des aucteurs | et premiers instituteurs des villes & chasteaux & | citez diceluy pais & duchye. || ₵La fin du prologue.

    Précieux volume resté inconnu à tous les bibliographes. C'est le premier ouvrage imprimé sur l'histoire générale de la Bretagne ; les chroniques d'Alain Bouchard qui étaient jusqu'ici considérées comme le premier livre traitant de ce sujet n'ont été publiées qu'en 1514. Ainsi que dans l'ouvrage de Bouchard, les histoires fabuleuses tiennent une assez large place dans ce volume qui renferme les événements écoulés depuis les temps les plus reculés jusqu'au règne de Cadwaladyr, le dernier roi des Bretons. Au verso du titre commence un prologue qui occupe 2 p. et dans laquelle l'éditeur de ce volume déclare avoir translaté de latin en Francoys les présentes chroniques. Le volume a été imprimé par Pierre Olivier de Rouen, en belles lettres de forme ; il est orné de nombreuses figures sur bois, quelques-unes fort curieuses.

    Mon amie Diane Booton me signale que cet ouvrage se trouve actuellement conservé à la BnF sous la cote RES Nb-290. Je la remercie pour les informations qu'elle m'a transmises sur cet exemplaire.


    Bibliographie générale :

    Noël-Yves Tonnerre (direction), Chroniqueurs et historiens de la Bretagne Du Moyen Âge au milieu du XXe siècle, Presse Universitaire de Rennes - Institut Culturel de Bretagne, Rennes, novembre 2001.

    Commentaires:

    Le samedi 1 avril 2006, 16:30 par André-Yves Bourgès
    Précieuse synthèse comme toutes celles qui figurent sur le blog de PECIA. Juste un point de détail en ce qui concerne le ms. Rennes, ADIV 1 F 1003 : la critique moderne a récemment conclu au fait que ce ms. est bien celui qui a été utilisé et cité par les mauristes sous le titre de 'Vetus collectio manuscripta de rebus Britanniae'. Comme l'a montré le regretté H. Guillotel, les divergences tardivement mises en avant par La Borderie avaient "vraisemblablement pour objet de brouiller les pistes, car on commençait de s'interroger sur l'origine de certains documents des collections de La Borderie" ; en fait, lors de l'utilisation de plusieurs des matériaux contenus dans ce recueil, notamment les fragments de la vita de saint Goëznou, il apparait que La Borderie "s'est lui même intellectuellement intoxiqué et a volontairement induit en erreur des générations d'historiens"

    Voir : H. Guillotel, « La Borderie et les sources historiques », dans Bulletin et Mémoires de la société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, t. 106 (2002), p. 42 et « Le poids historiographique de La Borderie », dans Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. 80 (2002), p. 356-359.

    Le mercredi 25 octobre 2006, 19:32 par Jean-Michel Cauneau
    Quel précieux blog que le vôtre ! Remarques et compléments sur les manuscrits de la vaste histoire de Bretagne tentée par Pierre Le Baud : Le ms "BM Angers 941(839)", sur papier filigrané "à l'hermine", porte le même texte que le "BnF fr. 8266" : ces deux ms sont les témoins d'une première rédaction de Le Baud, dédiée à Jean de Derval, sous le titre "Compilation...", réalisée vers 1480. Une seconde rédaction, très différente dans ses intentions, "le Livre des Chroniques..." réalisée 20 ans plus tard, sur une commande d'Anne de Bretagne, reine de France, est représentée par trois témoins : le ms de Londres "Harleian 4371", un ms de la BnF (naf 2615 : 254 f. 370 x 27,5 mm) et un ms du SHD de Vincennes (ms 157 : 288 f. 390 x 290 mm). Ces deux dernières copies ont été réalisées sur les mêmes papiers (2 filigranes en "P") et suivant le même principe : des cahiers de différentes mains sans doute contemporaines de la rédaction. Le ms BnF naf 2615, a perdu ses premiers et derniers cahiers, remplacés par des copies de la fin XVIe (3e filigrane "à la rose"). Une autre remarque, concernant le ms de St-Petersbourg : il s'agit apparemment de quelques feuillets de la "Généalogie..." éditée par J. Kerhervé en 1992, mais qu'il n'a pu utiliser, le croyant alors disparu en 1944 (cf. note 7 de son introduction). Cordialement.

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  • 01/03/16--02:38: 2016 : voeux
  • Une belle et heureuse année 2016 à tous ! Bonheur et santé ! Et merci de suivre ce blog ...

    Toulouse, BM, ms 135


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    The Scholasticum is seeking to recruit a specialist in Medieval Manuscripts to teach an introductory course on how to read Manuscripts from the 8th to 14th c., for those who have no prior training in anything but the Latin language. The course will be for students in our cycles of medieval theology and medieval scriptural studies. We would want them able to employ PDF files of original manuscripts for important sources for the Sentences of Lombard and its sources. We envision a 3-6 ECT course, over either 1 or 2 semesters. Language of Instruction: Italian and English.
    Interested partied can contact us via our Session on 


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    (c) Bibliothèque Rennes Métropole. Ms. 1557, f. 82

    Dans la belle collection des livres d'heures de la Bibliothèque de Rennes Métropole, précieusement gardée par Sarah Toulouse, heureuse conservatrice, figure un manuscrit particulier, objet en 1998 d'un mémoire universitaire de Violaine Godin, dont le titre m'avait surpris : "Etude du livre d'heures à l'usage de Tréguier, manuscrit 1557 : Bibliothèque municipale de Rennes".
    En effet, en ne se basant que sur les travaux de Madan, elle s'est engagée dans une mauvaise direction.
    La présence, au calendrier, des fêtes de saint Jean de la Grille (Johannis de craticula, au 1er février), et de la dédicace de l'église cathédrale de Saint-Malo au 30 octobre, ne laisse aucun doute sur le caractère malouin de ce livre d'heures. On pourrait bien entendu y ajouter les fêtes de saint Servais, en mai (également honoré d'un suffrage), de saint Aaron en juin, et de la translation de saint Malo en juillet, saints repris dans le litanies.


    (c) Bibliothèque Rennes Métropole. Ms. 1557, f. 9

    Une main ancienne, d'une date proche de la composition de ce manuscrit, a ajouté en rouge, au 11 août, la fête de sainte Suzanne, et en même temps, avant la calendrier, un feuillet contenant une prière à la sainte, de toute rareté :

    Vierge douce, vierge bénigne,
    Vierge saincte, vierge très digne,
    Vierge franche de Rome née,
    Vierge puissante et vertueuse
    De Dieu espouse gracieuse
    O saincte Susanne ma dame
    Par ta pitié mon corps et mon âme
    Veuilles de tout peine défendre
    Et en ta saincte garde prendre.
    ...

    Toutefois, il ne faut pas confondre les deux Suzanne, la chaste Suzanne de Babylone, dont la légende se lit dans Daniel, fêtée le 18 février, et la Suzanne romaine, le 11 août. 

    L'importance donnée à sainte Suzanne dans ce manuscrit nous a mené bien évidemment à en rechercher l'origine. Cela n'a pas été très difficile... Dans l'ancien diocèse de Saint-Malo, et tout près de la célèbre cité corsaire, se trouvait à Saint-Coulomb une chapelle frairienne dédiée à sainte Suzanne, aujourd'hui disparue que rappellent encore une croix de chemin, et un étang qui en a pris le nom.
    Au XVIIIe siècle, se voyait encore dans l'église de Saint-Coulomb, au haut de la nef, du côté de l'épître, un grand vitrail orné des armes d'Olivier du Chastellier et de Suzanne Uguet, sa femme, seigneur et dame du Lupin en 1611 ; au-dessous étaient deux pierres tombales portant les armes des Uguet : d'argent à deux croissants rangés et adossés de gueules. Ainsi le prénom de Suzanneétait-il en honneur au XVIe s. dans cette région. Déjà en 1469, dans son testament, parmi les saintes nommées pour la protéger, la duchesse Marguerite de Bretagne, implorait elle-même sainte Suzanne, dont le culte en Bretagne ne resta pas ignoré (Mûr-de-Bretagne (22), Questembert et Sérent (56), Les Iffs (35), etc...).
    Pour connaître un des premiers possesseurs du manuscrit 1557 de la Bibliothèque de Rennes Métropole peut-être faudrait-il chercher dans les familles nobles de la région de Saint-Coulomb une dame prénommée Suzanne vivant vers la fin du XVe siècle ...

    Manuscrit numérisé sur les Tablettes Rennaises et sur le site BVMM (IRHT)

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    Nous avons le plaisir de vous annoncer l'Exposition internationale « Le Droit en mouvement dans l’Europe Médiévale: les manuscrits juridiques européens conservés dans les Bibliothèques Portugaises» (Lisbonne, Bibliothèque National du Portugal, 26 Février – 31 Mai 2016), organisée par l'IEM (Institut d'Etudes Médiévales) de l'Université Nouvelle de Lisbonne et la Bibliothèque Nationale du Portugal en partenariat avec la Bibliothèque Publique de Evora, la Bibliothèque Générale de l’Université de Coimbra, la Bibliothèque Municipale d’Elvas, la Bibliothèque Municipale d’Avignon, la Biblioteca Comunale degli Intronati de Sienne, la Bibliothèque Municipale de Toulouse et les Archives Municipales de Toulouse, offre, pour la première fois sur le territoire national portugais, un choix de plus beaux livres juridiques enluminés conservés dans les bibliothèques portugaises. Le parcours met l’accent justement sur les liens du Portugal avec le reste d’Europe, avec une attention particulière pour les contrées méridionales (péninsule Ibérique, France du Midi et Italie).
    Edmondo Danti

    Lien de l'expo

    Cette exposition illustre le colloque : Medieval Europe in Motion 3 - Circulations juridiques et pratiques artistiques, intellectuelles et culturelles en Europe au Moyen Âge (XIIIe – XVe siècle), qui se tiendra les 25-27 février 2016, FCSH/NOVA et Bibloteca Nacional de Portugal.
    Programme

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    Outils et pratiques des artisans du livre au Moyen Âge


    Au Moyen Âge, le livre manuscrit rassemble autour de lui nombre d’artisans : parcheminiers, copistes, peintres et enlumineurs, relieurs, libraires, etc. Et chaque artisan utilise ses propres outils. Le double volume 19/20 de « Pecia, le livre et l’écrit», à paraître en 2017, fait appel à contributions pour des études pertinentes sur ces thèmes. Résumé de quelques lignes à faire parvenir avant le 30 avril 2016 à :

    In the Middle Ages, the manuscript book brought together a number of "artisans": parchment-makers, scribes, painters and illuminators, binders, booksellers, etc. Each of these required unique tools. This double issue of Pecia. Le livre et l'écrit (volumes 19 and 20), to be published in 2017, seeks articles relating to these themes. Please send short abstracts before the 30th April to:

    Jean-Luc Deuffic
    pecia29@orange.fr
    http://www.pecia.fr/


    Illustration :
    Charles le Téméraire rend visite à David Aubert dans son scriptorium
    David Aubert, Histoire de Charles Martel
    Loyset Liédet, enlumineur.
    Bruxelles, KBR, ms. 8, f. 7
    © Bibliothèque royale de Belgique

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  • 03/18/16--10:53: Rameaux

  • Dimanche des Rameaux
    Gloria, laus et honor tibi
     
    Heures de Marguerite d'Orléans (Paris BnF 1156b, f. 137) Numérisé sur Gallica

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    La maison ADER propose à sa vente du 7 avril 2016 (lot 33) un livre d'heures à l'usage de Paris, exécuté vers 1410/1420. La présence "remarquable" de saint Conogan, fêté au 15 octobre dans le calendrier, laisse à penser qu'une main bretonne a confectionné ce manuscrit...


    (c) Ader

    Description détaillée du manuscrit dans la Gazette Drouot


    Bateau de pierre de saint Conoganà Beuzec-Cap-Sizun (source : topic topos)
    La vie de saint Conogan, dans Dom Alexis Lobineau (1725) [lien]
    CONOGAN : donné tardivement comme évêque de Quimper, attesté dès le Xe siècle.

    Ce livre d'heures a servi de livre de raison à plusieurs membres de la famille de Reméru (Lorraine puis Chalon). 
    Voir sur un autre livre d'heures et de raison de Philibert de Reméru : Le livre d'heures de Philibert de Reméru. [Notes généalogiques sur la famille de Reméru inscrites sur un livre d'heures du XVIe siècle.] Mém. Soc. d'hist. et d'arch. de Chalon-sur-Saône, xxi (1925), 89-101. Numérisé sur Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5722175x

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    Le Gualès
    : de gueules au croissant d'argent accompagné de 6 coquilles de même, rangées 3 et 3.
    La famille Le Gualès figure parmi les plus anciennes de Bretagne. On trouvera toutes les références généalogiques les concernant sur le précieux site TUDCHENTIL de notre ami Amaury de La Pinsonnais, et sur la même page un lien vers leur généalogie dressée par Rémy Le Martret.
    Dans l’arrêt de maintenue de 1669:

    « Rolland le Guales, chevaillier, seigneur de Mezaubran, cheff de nom et armes », affirme portter «  les armes de leur nom de le Gualles, qui est une famille en cette possession de noblesse depuis plus de quatre cent ans, et quoy qu’il peut remonter sa genealogie jusques à un Jan le Guales, qui vivoit en 1300, et faire la preuve d’onze degres de filiations en ligne directe, sans aucune interuption, cepandant, pour ne s’engager à rien qu’il ne puisse prouver si constamant qu’il n’y ait pas la moindre ombre de difficulté, il se restraint à huit degres seulement et ne parlera de Jan et de Geffroy le Gualles que pour faire voir son antiquité et celle de sa famille, pour eviter la confusion ordinaire dans toutes les geneallogies ».

    De cette noble famille nous retiendrons Gilberte Le Gualès de Mézaubran, comtesse Le Gualès de Mézaubran, née Levesque (1892-1970), épouse d’Adolphe Le Gualès de Mézaubran (1886-1944), comte Le Gualès de Mézaubran, ancien maire de Joué-sur-Erdre. Pour l’Histoire, soulignons qu’ils méritèrent par leurs actions, durant le Seconde Guerre mondiale, la Médaille de Juste.
     
    La vente Sotheby’s  du 2 juillet 1951 : Mediaeval manuscripts and miniatures, décrit 8 manuscrits ayant appartenu en dernier lieu à la comtesse de Mezaubran :
    Lot 23. Saint Augustin. 32 f. écriture gothique. 17 lignes. f. 1 ½ p. miniature de saint Augustin. Armes de Jean Budé. 145 x 105 mm. France.
    Manuscrit aujourd’hui conservé à la Boston Public Library,  Ms. q.Med. 127 (ancien 1549). // Je remercie Kimberly Reynolds, curator of Manuscripts, pour les renseignements qu'elle a pu me fournir sur ce manuscrit. //
    De contemplatione Christi, seu Manuale. ca 1475/1480.
    Initiales or et couleurs. Rubriques en bleu. réglure en rouge. Table f. 31-32.
    Acquis de Maggs Bros. (A century of printed books (1462-1562) and some mediaeval manuscripts : cat. 816, 1953, n° 141). « J.L. Whitney Fund / Nov. 3 – 1953/ 029 » (f. 1).
    Sur les armoiries de Jean Budé, voir la base BIBALE (IRHT) 
    Sur les manuscrits des Budé :
    Monique-Cécile Garand, "Les copistes de Jean Budé (1430-1502)", dans  le Bulletin d'information de l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 15, 1969 (Numéro 1967), p. 293-332 [en ligne sur Persée]
    H. Omont, "Georges Hermonyme de Sparte, maître de grec à Paris et copiste de manuscrits, suivi d'une notice sur les collections de manuscrits de Jean et Guillaume Budé", et de notes sur leur famille, dans Mémoires et Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. XII, 1885, p. 5-57.

    Lot 24. Bréviaire à l’usage de Rome. Illuminé. 446 f. Gothique. 27 lignes. 150 x 115 mm. XVe s. Italie du Nord.
    Ca 1430. 152 x 118.  2 col. Prix : 39.20
    Passé dans la vente Proske, décembre 1994. Psautier et bréviaire. 10 initiales historiées. Prix : 15500.00

    Lot 25. Recueil. Latin. Papier. 83 f. Enluminure p. 1. Armes de Jean Budé. Des initiales ont été découpées. 137 x 92. France XVe s.
    Aujourd’hui à Austin, University of Texas, Harry Ransom Center, MS HRC 40. // Je remercie Elizabeth L. Garver, French Collections Research Associate, pour son aide //
    Description et photos sur Digital Scriptorium.
    Partie 1. Il s'agit de l'oeuvre de l'historien Jean de Candida (Giovanni Filangieri Candida (+ vers 1499):
    « Divo Carolo adolescenti Lodovici filioli Francorum regi christianissimo humilimus ac fidelis servitor et subditus Johannes Candida, victoriam et felicitatem.
    « Daturo munuseulum strene tue Majestati, etc. (voir en ligne : Camille Couderc, sur Persée et Persée)
    Partie 2, 33-54v: Seraphius vir Urbinas vir utriusque iuris interpres nostri temporis primarius, reverendissime pater, gentilium libros de optimarum artium studiis cum datur otium frequentius legere solet. Is nuper cum Luciani philosophi apud graecos suo tempore clarissimi quendam legeret dialogum qui inscribitur Caron latinum nescio quo interprete iam diu factum me pro mutua inter nos consuetudine rogavit ut illum sui gratia emendarem corrigeremque, quoniam exstarent quam multa eo mendosa quod ad sententias explicandas ut plurimum esset opus Sibilla interprete. (en ligne : )


    © Austin, University of Texas

    Armes des Budé : d’argent, au chevron de gueules accompagné de trois grappes de raisin pourpre, pamprées de sinople
    Nous y avons reconnu au f.1 l'ex-libris (XVII/XVIIe s.) des Oratoriens de Nantes : Oratorii Nannetensis
    [voir ici] et [voir ici] :


    © Austin, University of Texas

    Une inscription verticale montre que le manuscrit était à Nantes en août 1837.
    De même nous avons remarqué sur le premier folio le cachet très caractéristique du Comte de Kergariou (+1849) (1) avec sa devise "Là ou ailleurs" :


    © Austin, University of Texas
      
    Prix : 56.00

    Lot 26. Entretiens pour assister au saint sacrifice de la messe. Enluminé, style Renaissance. 65 f. Ecriture romane, or, bleu, noir. 15 lignes. 171 x 111 mm. Reliure maroc. fin XVIIe s.
    Ce manuscrit est passé en 1841 à la vente Deville & Dufour :
    Lot 70 du Catalogue des livres rares, précieux, singuliers et curieux,... provenant  des bibliothèques de MM. Deville et Dufour dont la vente se fera le lundi 8 février 1841 (Paris, Bohaire, Libraires, 1841): Entretiens pour assister au saint sacrifice de la messe et pour la confession et communion. Pet in 4° mar. r. fil. tr. d. Joli manuscrit du XVIe siècle sur peau vélin avec lettres initiales, ornements et 4 jolies miniatures, le tout en or et en couleur.    
    Prix : 12.00
     
    Lot 27. Heures de la Vierge. Usage de Dol. 120 x 80 mm. XVe s. Enluminé. Semi-gothique. 15 lignes. Armes au f. 58v. Reliure XVIe s. Médaillon de la Crucifixion avec ces mots : IACQVE MVNE MOQUE
    Sotheby’s 1951. Prix : 28.00
    Peut-être une famille « Mocqué » ?, patronyme attesté en Bretagne.

    Lot 28. Heures de la Vierge à l'usage de Paris. Enluminé. 146 f. Gothique. 14 lignes. 131 x 97 mm. France. XVe s.
    Prix : 9.80

    Lot 29. Heures de la Vierge. 74 f. 174 x 120 mm. XVe s. Franco/ Flamand. Gothique. 19 lignes. Enluminures pleine page : Jugement dernier. Bordures. Reliure XIXe s. avec inscription : ANNA BAYS.
    Prix : 67.20

    Lot 30. Heures de la Vierge avec calendrier à l’usage de Paris. 89 f. Gothique. 14 lignes. 8 miniatures ½ p. La première page du calendrier manque. 155 x 109 mm. Paris, XV ½.
    Prix : 252.00


    Jean Budé et son père Dreux Budé (détail d'un panneau du maître de Dreux Budé, vers 1450).

    Pour lors, nous n'avons pas retrouvé d'informations sur les différents livres d'heures de la comtesse Le Gualès de Mezaubran.

    Note
    (1) Sur ce bibliophile breton voir Jean-Luc Deuffic, "Le comte de Kergariou. A propos d'un Livre d'heures... et de saint Fiacre", dans Notes de Bibliologie. Livres d'heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (Pecia, Le livre et l'écrit, 7), Brepols, Turnhout, 2010, p. 171-175. [ Lien 
     

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    Dans sa note publiée en 1948 par la revue emblématique Scriptorium, Karel Adriaan De Meyier (1906-1980) présentait quelques éléments sur « Les armoiries et l’histoire d’un Cicéron de Leyde » [en ligne sur Persée], et établissait une origine bretonne au manuscrit de la Bibliothèque Universitaire, Leyde F°. 25 [description sur catalogue en ligne] et sur [Digital Sources]
    Effectivement, sur plusieurs feuillets (f. 115v, 121v, 178v, et 237) du Periz, F. 25 sont peintes des armoiries de gueules, à la fasce d’argent accompagnée de six annelets d’or, trois en chef et trois en pointe, posés 2 et 1, que De Meyier, suivant alors Riestap et son Armorial Général, identifia comme étant celles de la famille bretonne de Philippes, sr de Barac’h, en Louannec, dont un membre, Guillaume, avait été anobli par le duc de Bretagne en 1423. Ces armoiries étant surmontées d’une crosse, l’identification n’aurait pas du poser de problème. Malheureusement cette famille de Barac’h n’a donné aucun abbé...
    En cherchant un peu plus en avant, nous n’avons pas mis trop de temps à découvrir un personnage bien plus remarquable susceptible d’être le possesseur ou le commanditaire de ce Ciceron de Leyde, en l’occurrence l’abbé du monastère de Saint-Denis, Guy de Monceau (+ 1398), dont les armes sont identiques.
    Dom Félibien, dans son  Histoire de l'abbaye royale de Saint-Denys en France (1706), nous fournit plusieurs renseignements biographiques sur cet abbé.

    A Robert de Fontenay succéda Guy de Monceau. L’écusson de ses armes gravé sur sa tombe & sur quelques images d’argent dont il fit présent à son église ne laisse aucun doute sur la noblesse de son extraction. L’éclat de son nom estoit encore relevé par d’autres qualitez qui ne suivent pas toujours la naissance. L’abbé Guy estoit sage prudent & plein de douceur. Il s’ estoit nourri de bonne heure l’esprit & le coeur dans les divines écritures & l’ intelligence qu il y avoit acquise luy rendit cette étude tres profitable à luy même & à tous ceux qui eurent le bonheur d’estre sous sa conduite. Il estoit docteur en droit canon & civil avant que d’estre nommé abbé ; il cultiva toujours depuis cette science & fit transcrire plusieurs livres de droit à l'usage du monastere. ..
    ... Il y avoit près de trente cinq ans que l’abbé Guy de Monceau gouvernoit l’abbaye de Saint Denys mourut le vingt huitième d’avril 1398. Il fut dautant plus regrété que l’Eglise de France perdoit en sa personne un de ses plus savans théologiens & l’Ordre monastique un de ses plus dignes abbez .  
    ...
    Plus près de l'autel de saint Benoit, sur la même ligne que la tombe de Gille de Pontoise et celle de Guy de Castre d'Arpajon, se voit un troisième tombeau de cuivre sur laquelle est représenté l'abbé Guy de Monceau en habit pontificaux; on y voit gravé en deux endroits l'écusson de ces armes lesquelles sont de gueule aune face d'argent accompagné de six annelets d'or ; c'est le premier abbé de saint Denis à avoir pris armoiries  

    L’épitaphe de Guy de Monceau :
    Sub hac tumba vi mortalis belli,
    Est Abbatis Guidonis Moncelli
    Inhumatum corpus exanime :
    Parcat Deus ipsius animæ.
    Hic nobilis, benignus & prudens,
    In scripturis sacris olim studens,
    Doctor factus, non ob hoc vacavit,
    Sed scripturis eisdem vacavit,
    Ex quo sibi multisque profecit,
    Et quamplures libros scribi fecit,
    Tam divini, quam humani juris :
    Nec mundanis minus vacans curis
    Redditibus & ædificiis ;
    In turribus & fortaliciis,
    Cænobium istud augmentavit.
    Auro mictram amplius ditavit,
    Et campana magna presens templum,
    Bonum prestans futuris exemplum,
    Sicque vivens in hoc mundo, demum
    Diem vitæ conclufit extremum.
    Anno Domini m.ccc. nonagesimo viii, xxviii. Aprilis


    Tombe de Guy de Monceau relevé par Gaignières:


    (c) Paris, BnF, Est. RESERVE Pe-11a-Pet. fol.

    Selon le regretté G. Ouy, le manuscrit de Leyde serait de la main même de Pierre d'Ailly (1351-1420) et aurait été écrit entre 1409 et 1420. A ce stade de mes investigations je n'ai pas trouvé l'argumentation du paléographe sur cette attribution.
    Quoiqu'il en soit, il me parait très probable que la "bretonitude" du manuscrit de Leyde n'est pas à chercher dans son possesseur mais bien dans son copiste, lequel semble avoir marqué ses origines au f. 137, en dessinant deux hermines stylisées de part et d'autre d'une fleur de lys ... Nous avons déjà rencontré dans la capitale, à cette époque, nombre de copistes bretons...

     

    Parmi les noms inscrits sur le manuscrit de Leyde figure celui de « Sellarii». Il s’agit très probablement du prêtre Nicolas Sellier, « scribe » et notaire du chapitre de Notre-Dame de Paris, attesté en 1393. On lui doit plusieurs ouvrages, en particulier une traduction  :« De l'Effect de oroison et de la maniere de prier Dieu... composé en latin par feu de bonne memoire maistre GUILLAUME, evesque de Paris, et puis translatée en françois par maistre NICOLLE SELLIER, scribe du chapitre de Paris » (Paris, BnF, Fr. 930 = numérisé sur Gallica), ouvrage imprimé à Paris, par Antoine Verard, en 1511.


    (c) Paris, BnF, Fr. 930

    Bibliographie
    J. P. Gumbert, 'Cicerones Leidenses', in: Medieval Manuscripts of the Latin Classics. Production and Use. Ed. C.A. Chavannes-Mazel & M.M. Smith. Los Altos Hills/London 1996, p. 208-244, i.c. p. 242

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  • 04/27/16--23:03: Vente ALDE du 24 mai 2016
  • Vente ALDE du MARDI 24 MAI 2016  

    Lot 6. HEURES À L’USAGE DE CHALON-SUR-SAÔNE. Franche-Comté (certainement Besançon), vers 1440-1450. Manuscrit sur parchemin de 146 ff. (230 x 165 mm), à 15 longues lignes la page (justif. : 65 x 115 mm) 

    Lot 7. HEURES À L’USAGE DE COUTANCES. Paris, dernier quart du XVe siècle. Manuscrit sur parchemin de 120 ff. (206 x 148 mm) à 16 longues lignes par page (justif. 98 x 65) 

    Lot 12. HEURES À L’USAGE DE ROME. Paris, vers 1506. Manuscrit sur parchemin de 126 ff. (155 x 98 mm) à 26 longues lignes (justif. du calendrier : 95 x 56 mm, du texte : 98 x 54 mm)

    Lot 13. [PROCESSIONNAL]. Incipit liber Rubrica[rum] et p[ro]cessionum secundum ritum frat[rum] atq[ue] sororum ordinis predicatorum. 24 mars 1506. Manuscrit sur vélin de [8] ff., CXIV pp., [2] ff. Petit in-4 (214 x 142 mm)

    Lot 15. [HEURES]. Ces prese[n]tes heures a lusaige de Rome au long sans requerir... Paris, Philippe Pigouchet pour Guillaume Eustace, 1509. In-4 (184 x 115 mm) de [132] ff., sign. a-q8, r4, almanach pour 1510-1530 

    Lot 20. [ORDRE DE SAINT-MICHEL]. Le Livre des statuts & ordonances de l'Ordre Sainct Michel, estably par le treschrestien Roy de France Loys unzieme de ce nom. Institution de l'office de prevost et maistre des ceremonies, avec statuts & ordonances sur le faict dudict ordre. S.l.n.d. [Paris, vers 1550]. In-4 (218 x 157 mm)

    Catalogue en ligne : http://www.alde.fr/vente/25831/1


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  • 04/27/16--23:15: Vente AGUTTES du 12 mai 2016
  • Vente AGUTTES du 12 mai 2016

    Lot. 17. LIVRE D’HEURES à l'usage de Châlons-sur-Marne: matines, « Benedicta tu / Sancta maria »; tierce, « Rubum quem / Paradisi porta »; vêpres, « Beata mater / Beata es virgo ») France, Champagne (?), vers 1475. 86 f., écriture gothique, initiales peintes, bordures enluminées, trois enluminures (repeints aux visages). Reliure XXe s. 182 x 127 mm.

    Notice catalogue Bibliorare


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    L'incontournable plateforme Gallica vient de mettre en ligne un exemplaire du traité d'hippiatrie de Jean de Feschal (Paris, BnF, NAF 28881). Écrit en gothique bâtarde (fin XVe s.), d'une seule main, ce manuscrit de 68 f. (320 x 240 mm) comporte une illustration abondante, relative à l'embouchure des chevaux, avec 160 dessins de mors faits à l'encre bistre et aquarellés en bleu.



    L'auteur de ce traité désigné au f. 2v (et fut recoeilly et fait cedit livre par messire Jehan de Feschal, chevallier), devise : Rien qui ne l'a (f. 1, avec le toponyme "Marboué") et porte comme armes: écartelé aux un et quatre vairé et contrevairé d'argent et d'azur à la croix étroite de gueules, aux deux et trois de gueules au lion d'or armé et lampassé d'azur, à la bordure d'or ( f. 8).

    armes.jpg

    Au f. 1, on a noté une épitaphe :

    Le XIeme jour de janvier mil cent cinq cent trente et ung alla de vie a trespas messire Christoffle du Bouys Geneur, capitaine general des ffrancs archiez en l'esvesché de Saint Malo et capitaine de Comper, et fut ensepulturé ledit chevalier en l'esglise de Panpont. Dieu luy face pardon. Amen.

    Le personnage en question ayant posé problème à l'auteur de la notice BnF, le concours de mes amis de la liste Noblesse Bretonne, et plus particulièrement la perspicacité de Jean Brogilos, nous a permis d'identifier précisément le chevalier inhumé en 1531 à l'abbaye de Painpont. Il s'agit de Christophe Du Boisguéhenneuc, fils de François Du Boisguéhenneuc, chevalier, seigneur du Cleyo, de la Villéon, de Brignac, de La Ville-Rio (ca 1446- ca1500) et de Jeanne des Grées, demoiselle de La Ville Rio en Augan (+1513). On trouvera des éléments généalogiques sur l'arbre en ligne d'Arnaud du Boisguéheneuc.


    Abbaye de Painpont

    Jean de Feschal, Traité d'hippiatrie, Traité d'embouchure. Paris, BnF, NAF 28881. Numérisé sur Gallica.

     

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