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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing

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    Le nom de Nicolas Le Besc apparait pour la première fois sur un Livre d'heures actuellement conservé à la Biblioteca de Catalunja (Barcelone) sous la cote 1850. Au f. 25v on peut lire :

    L'an de grace mil quatre cens et un furent faitez ces heures par Colin le Besc

    M. Meiss, dans son magistral French Painting in the time of Jean de Berry, 1974, décrivant ce manuscrit relève pour la décoration la participation de deux enlumineurs importants : le Maître de la Cité des Dames et le Maître de Luçon, mais il fait une erreur en identifiant le copiste avec un nommé Jean Colin auprès duquel le duc Jean de Berry s'est fourni en manuscrits.





    © Barcelona, Biblioteca de Catalunja, 1850, f. 181

    Le manuscrit copié par Nicolas le Besc est numérisé sur le site de la Biblioteca de Catalunia [ en ligne ]

    Nous savons par ailleurs que Nicolas le Besc a travaillé, entre autres, pour Louis d'Orléans, sur plusieurs livres liturgiques documentés par des quittances :

    Loys, filz du roy de France, duc d'Orléans, conte de Valoiz, de Bloiz, de Beaumont et seigneur de Coucy, a nostre amé et feal conseiller, Jehan le Flamench, salut et dileccion. Nous voulons et vous mandons que par nostre amé et feal tresorier general Jehan Poulain vous faites paier et delivrer a Nicolas le Besc, escripvain, vint et un escus d'or pour la vente d'un Psautier que nous avons fait acheter de lui le dit pris pour Charles et Philippe noz enfans ... Donné a paris le xvj jour de may l'an de grace mil CCCC et troiz. par monseigneur le duc, vous present. OLR. DU SOLIER [paraphe] BnF, PO 322, le Besc 1

    Sachent tuit que je, Colin le Besq, escrivain et libraire demourant a Paris, confesse avoir receu de maistre Pierre Sauvage, secretaire et argentier de monseigneur le duc d'Orleans, la somme de soixante sept sols six deniers tournois en laquelle ledit seigneur m'estoit tenus pour avoir nectoyé, relié et doré par dehors un Missel pour mondit seigneur le duc ... Tesmoing mon seing manuel cy mis le xiiije jour de juing l'an mil CCCC et quinze. COLIN LE BESQ v(autographe). Paris, BnF, PO 312, le Besq 2.

    Les noms Le Besc, Le Besq, encore présents en Bretagne, sont attestés sous la forme bretonne An Besq au début du XVIe s. dans la région de Morlaix (Finistère). Dans les années 1463-1470, un Rolland Le Besq travaille à la cathédrale de Tréguier (lien)

    Biblio :
    Pierre Champion, La Librairie de Charles d'Orléans, Paris, 1910, p. LXXV-LXXVI.
    José Janini, Manuscritos litúrgicos de las bibliotecas de España: Aragón, Cataluña y Valencia, 1980, p. 454.
    I. Villela-Petit, Pontifical-missel à l'usage de Luçon, dans Paris 1400. Les arts sous Charles VI, p. 279-280, n° 171.

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    Il nous a semblé utile de proposer au public intéressé par les Livres d'heures manuscrits une nouvelle base de données, restreinte il est vrai, mais qui peut rendre quelque service. L'objet de cette liste vise à rassembler un corpus de commanditaires et de premiers possesseurs bien identifiés. L'utilisation des manuscrits comme "Livre de raison" a souvent été signalée, mine inépuisable pour les recherches généalogiques. Malheureusement, il nous a fallu nous restreindre en temps et en espace, privilégiant le domaine français sur une période allant jusque vers les années 1550.

    Nous appelons bien entendu les lecteurs à nous signaler erreurs et oublis. Remarques et commentaires sont vivement attendus.

    Etat au 19-10-2012 = 597 Livres d'heures recensés

    Heures manuscrites identifiées


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    Mon attention s'est portée récemment sur le colophon d'un manuscrit de la Très ancienne Coutume de Bretagne (Paris, Bibliothèque nationale de France, Fr. 1938), relevé jadis par Marcel Planiol dans sa magistrale édition (1) :

    Tu qui suxisti de Virgine virgineum lac || Regni celestis Lascornec participem fac

    Pourtant, là où Planiol avait vu "Lastornec", je pense qu'il faut lire "Lascornec" :


    © Paris, Bibliothèque nationale de France, Fr. 1938, f. 108 [ numérisé sur Gallica ]

    Au f. 109, la marque ancienne d'un possesseur : Je suis a maistre Olivier Martin procureur es parlement Chancelerie et conseil de Bretaigne (2)

    Le patronyme LASCORNEC, encore courant dans les départements bretons, est attesté dès 1448 dans les environs de Sarzeau (Morbihan). Pour la signification voir asquornect, "bien membru" (Gwénolé Le Menn, Une chanson satirique du XVIIe siècle en dialecte de Haute-Cornouaille, dans Annales de Bretagne, 75, 1968, p. 693-704 (p. 697) [ en ligne sur Persée])

    Revenant au colophon du manuscrit, je me suis rendu compte qu'il apparaissait vers la même époque sous la main d'autres copistes. Ainsi, Georges de Brabant, religieux de Saint-Bertin, l'utilise en 1471 dans le Saint-Omer, BM, 597 (oeuvres d'Aristote) ; Antoine Vlamincx de Berg-op-Zoom, décédé en 1504, dans deux de ses manuscrits : Paris, Arsenal, 1067 et Bruxelles, BR, 1927.

    Plus surprenant fut de découvrir un Louis Lascornec, civem Nemavsi, installé notaire à Marguerittes, petite bourgade proche de Nîmes, lequel poète à ses heures, a laissé quelques lignes où se retrouve notre colophon à l'identique du manuscrit Paris, BnF, Fr. 1938. Ainsi, sur le feuillet de garde de son registre notarial qui couvre les années 1497 à 1510 (AD du Gard, E 710) :

    Deus
    Je te prie que sans deffault
    nuyt et jour te souveigne
    que une foys mourir fault,
    quoy que après en advieigne.

    Homo
    Mon Dieu, je te prie que par don
    aujourd'huy tu m'octroyes pardon,
    et me veuilhes fere ceste grace
    de mourir en estat de grâce.
    Si j'ay esté jeune de sens,
    sens avoir fait aucun oultraige,
    oultre age encores ne descens,
    sens toutesfoys qu'est mon dommaige ;
    hommaige doys à tout bon personnaige ;
    pert son age qui va de mal en pire ;
    empire est qui point ne se retire.

    Entre l'intitulé du protocole et le premier acte :

    Deus, Creator omnium rerum,
    det michi, Lascornec, scribere verum.

    Tu qui suxisti de virgine virgineum lac,
    regni celestis Lascornec participem fac.

    La présence de Bretons dans cette région ne peut surprendre. L'épiscopat du docte Alain de Coëtivy, évêque de Nîmes de 1453 à 1458, engendra l'installation provisoire et parfois définitive de compatriotes. Ce Louis est probablement un proche parent de Jean Lascornec, notaire royal à Nîmes, où il signe plusieurs actes en 1459, 1476. Dans ce dernier il se dit : Me Johanne Lascornec (3) Trecorensis diocesis in Britannia, publico auctoritate regia notario. (source : Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes)
    Maître Jean Lascornec épousa une Nîmoise, Claudie Blanchet, dont ont connait au moins une fille, Catherine Lascornet, grace aux minutes du notaire Pierre Vitalis (Les Nimois à la Renaissance, ds Revue du Midi, 4, p. 437. ) : Claudie Blanchet, dont la dot n'est pas spérifiée, reçut "une houppelande de drap valant cinq florins et une gonelle de drap rouge". 

    (1) Marcel Planiol, La très ancienne coutume de Bretagne : avec les assises, constitutions de parlement et ordonnances ducales, suivies d'un recueil de textes divers antérieurs à 1491, 1896, Rennes, J. Plihon et L. Hervé = numérisé sur Galllica

    (2) ADLA, B 687 : bail à rente d'une alluvion sise en Loire, entre l'île de Bois et le Pineau, à Pierre Renaudin, notaire de la cour de Nantes, après l'exponse de C. Lemaître, qui la tenait de Colin et d'Olivier Martin (1514).

    (3) "Lascornet" dans le texte

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    Nos "conservateurs" de manuscrits médiévaux semblent encore trop discrets sur la toile ...  Pourtant quel moyen de communication! Quel support de promotion du manuscrit médiéval auprès du grand public!
    Saluons donc avec enthousiasme l'activité de Will NOEL! Après avoir été Assistant Curator of Manuscripts at The J. Paul Getty Museum (Los Angeles), Curator of Manuscripts and Rare Books at The Walters Art Museum, où il a engagé un grand chantier de numérisation, il dirige depuis peu The Special Collections Center and The Schoenberg Institute for Manuscript Studies à l' University of Pennsylvania, un des "temples" de la recherche sur les manuscrits médiévaux. La Schoenberg Database of Manuscripts est devenue aujourd'hui incontournable ...
    On trouvera sur son blog Parchment and pixel (titre qui résume très bien l'engagement de Will Noel) les informations biographiques nécessaires, ses publications et projets, comme The Archimedes Palimpsest Project.
    Nous le suivons aussi régulièrement sur son compte twitter.

    [ Source du titre]

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    Programme de la Journée d’étude de la section hébraïque de l’IRHT
    Jeudi 8 novembre 2012
    9h30-18h30, salle Jeanne Vieillard

    La journée d’étude de la section hébraïque de l’IRHT propose d’aborder les enjeux de la recherche menée au sein de son équipe. Il s’agit de mettre en évidence la place, et parfois la centralité de l’hébreu et de son étude dans plusieurs domaines de recherche relevant des disciplines pratiquées à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes : la paléographie, la codicologie, la philologie et l’iconographie, qui participent toutes à l’étude des textes et de leur transmission à l’époque médiévale. Ces spécialités s’entendent dans l’interdisciplinarité, la condition préalable de nos travaux dont le but ultime est la connaissance intrinsèque des textes et du contexte qui les a portés.

    09 heures 45 : ouverture
    « Autour de Caïn tuant Abel », Saverio Campanini, Sonia fellous, Judith Kogel
    10h30-12h30 : Séance I : La langue hébraïque, entre Orient et Occident
    Giulio Busi, Université de Berlin : « Hebrew in the Renaissance »
    Giacomo Corazzol, Université de Bologne : « L’apparition de l’écriture éthiopienne à la Renaissance »
    Saverio Campanini, IRHT : « Hébreu et Cabbale dans l’écriture monumentale du Palazzo Bocchi »
    Débat
    12 heures 30 à 14 heures : pause déjeuner
    14h-15h30 : séance II : L’exégèse enluminée
    Sonia Fellous, IRHT : « Les beautés au bain : d’Anakhita (Aphrodite) à Bitya dans le Nil »
    Jean-baptiste Lebigue, IRHT : « Noir, blanc, rouge : l'histoire sainte en couleur »
    Emma Abate, IRHT : « Adam et Ève, Lilith dehors » (אדם וחוה לילית חוץ) : exégèse juive et images démoniaques »
    François Boespflug, Université Marc Bloch, Strasbourg : « Commentaire »
    Débat
    16h-17h30 : Séance III : Le quotidien
    Claudia Rosenzweig, Université de Bar Ilan : « Une langue chrétienne dans un texte Yiddish ou comment se défendre contre l'accusation de crime rituel ? »
    Judith Kogel, IRHT : « Le quotidien et ses mots »
    Ronny Vollandt, IRHT : « The Torah in the writing of the Ishmaelites. Metamorphoses of Saadiah's Judaeo-Arabic Tafsīr »
    17h45- 18h30: Synthèse de Marie Elisabeth Boutroue (IRHT) et Jean-Pierre Rothschild (IRHT)
    Débat - Conclusion de Nicole Bériou, IRHT

    [ Communication Caroline Heid, IRHT ]

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    Dès sa formation, l’univers des troubadours s’est constitué sur le principe d’une autoreprésentation, fondée sur les lectures et les interprétations que les troubadours ont livrées des oeuvres de leurs pairs. L’oeuvre des troubadours, riche d’échos intratextuels, l’est aussi de jugements que certains poètes ont porté sur la manière ou les choix éthiques des autres (Marcabru et Guillaume IX, sirventès sur les douze troubadours...), affirmant ainsi leur singularité et préparant l’imagerie qui se fixe à partir du XIIIe siècle, fondée sur une lecture biographique des chansons. Celle-ci suscite différents personnages : poète, amant, chevalier, bourgeois, etc., autant de rôles qui prendront vite corps dans des espaces narratifs complexes : romans français (tel Joufroi de Poitiers, ou les romans à insertions), vidas et razos. Cette image se précise au fur et à mesure que la réalité même du monde troubadouresque se dégrade, et s’éloigne, tant chronologiquement que géographiquement, au-delà même du XIIIe siècle, en France, en Italie ou en Catalogne. C’est au territoire de la France d’oc et d’oïl que voudrait plus particulièrement se consacrer ce volet d’études, sans s’interdire les rapprochements pertinents avec les autres territoires de la Romania.

    La Réception des troubadours au Moyen Age (oc et oïl) : Château de Pau 15-16 novembre 2012

    Programme
    Jeudi 15 novembre
    Après-midi - Du lyrisme au roman
    Présidence : Walter Meliga (Université de Turin)
    14h00 Philippe Biu (Université de Pau et des Pays de l’Adour) : «Oc et oïl, lengatges estranhs : les mots de la poétique et de la poésie»
    14h30 Luminita Diaconu (Université de Bucarest) : « De Jaufré Rudel à la littérature en langue d’oïl : échos du topos de l’amor de lonh et la poétique de la mémoire affective »
    15h00 Maria Luisa Meneghetti (Université de Milan) : « L’auteur de Joufroi de Poitiers et sa culture lyrique »
    15h45 pause
    Présidence : Isabel de Riquer (Université de Barcelone)
    16h15 Katy Bernard (Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3) : « Le Peire Roger de Peire d’Alvernha revisité par l’auteur de Flamenca : Guillem de Nevers, le troubadour au psautier »
    16h45 Lucia Lazzerini (Université de Florence) : « La thématique des troubadours et le roman occitan au XIIIe siècle : quand la politique s’abrite derrière l’écran de l’amour »
    Matinée - Du lyrisme au lyrisme
    9h Ouverture du colloque : Mohamed Amara, président de l’UPPA et Jean- Yves Casanova, directeur du CRPHL
    9h 15 Introduction: Daniel Lacroix et Jean-François Courouau
    Présidence : Gérard Gouiran (Université Paul Valéry-Montpellier 3)
    9h45 Walter Meliga (Université de Turin) : « Positions et diffusion des premiers troubadours »
    10h15 Myriam Cabré (Université de Girone) : « Cerveri de Girone : un Catalan à Rodez »
    10h45 Isabel de Riquer (Université de Barcelone) : « Quand les troubadours tardifs lisent leurs prédécesseurs »
    11h15 : pause
    Présidence : Maria-Luisa Meneghetti (Université de Milan)
    11h30 Florence Mouchet (Université Toulouse II – Le Mirail) : « Un référent musical ? La réception des mélodies de troubadours par les trouvères »
    12h00 Elodie de Oliveira (Université de la Sorbonne – Paris IV) : « Pour une étude des concepts amoureux des troubadours galaïco-portugais »
    12h45 : déjeuner
    Vendredi 16 novembre
    Après-midi - Conservatoires lyriques : les chansonniers.
    Présidence : Gilda Caiti-Russo (Université Paul Valéry-Montpellier 3)
    14h30 Jean-Loup Lemaitre (EPHE) : « Portraits de troubadours, (Ussel, 2006 – Cité du Vatican, 2009). Genèse d’une publication ».
    15h00 Federico Saviotti (Collège de France) : « Épisodes de la réception et enjeux éditoriaux dans le cas du partimen d’en Coyne (de Béthune?)
    e d’en Raymbaut (de Vaqueiras?) »
    15h30 pause
    Présidence : Lucia Lazzerini (Université de Florence)
    16h Maria Alessandra Bilotta (Université de Lille 3 et Université Nouvelle
    de Lisbonne) : « Les portraits des troubadours dans les initiales des chansonniers provençaux: analyse stylistique et iconographique »
    16h30 Cristelle Chaillou, (CESM de Poitiers-EPHE), « La réception des mélodies de troubadours dans les chansonniers notés : le problème des variantes »
    17h Valérie Fasseur, Conclusions
    20h30 : Concert au Château de Pau. Ensemble Gilles Binchois, « Autour de l’Amor de lonh »

    Centre de Recherche en Poétique et Histoire Littéraire (CRPHL)Université de Pau

    Contacts
    Valérie Fasseur
    valerie.fasseur@univ-pau.fr


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    Dans un billet de décembre 2010 j'avais présenté mes premières démarches pour retrouver un Livre d'heures à l'usage de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas (Bretagne, Finistère). Hier soir, j'ai eu l'heureuse surprise (toujours par hasard ... ) de le découvrir dans un ancien catalogue du célèbre libraire allemand Ludwig Rosenthal, catalogue 130 (décembre 1909). Et ainsi, à l'appui de ces nouvelles informations, d'apprendre, via l'indispensable base Schoenberg, qu'il était passé en vente chez Sotheby's, le 2 juin 1908.
    J'étais resté sur la notice laconique du catalogue de 1894 du collectionneur George Weare Braikenridge (1775-1856).



    Celle de Rosenthal, bien que succincte, apporte de nouveaux éléments sur la composition du Livre d'heures en question, notamment sur les sujets des miniatures et les derniers possesseurs du manuscrit, à savoir les Oratoriens de Nantes. Par contre, il ne décrit pas les armes (celles de l'abbé Guillaume Le Lay) indiquées par le catalogue Braikenridge :


    Un détail intéressant : la présence au calendrier, au 15 septembre, de la dédicace de l'église de Notre-Dame Daoulas. Il y aurait certainement à vérifier l'exactitude de cette indication. En effet, l'obituaire que nous avons publié dans nos "Documents nécrologiques de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas" (Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1979, p. 133) porte que "Le 3 des nones d'octobre (5 octobre) le même jour et les huit jours suivants nous célébrons la dédicace de Notre Dame de Daoulas". Au reste, cette date est corroborée par Dom Louis Pinson, chanoine et historien de l'abbaye, dans ses mémoires, ca 1700 (que nous allons bientôt éditer) :

    "Nous avons déjà remarqué que l'on ne sait point précisément l'année de la fondation de ladite abbaye par les vicomtes de Leon. Il est, néanmoins très certain qu'elle a été dédiée a l'honneur de N. D. le jour devant les nones d'octobre, ce qui se rapporte au 5e de ce mois, dont, la mémoire se conserve de toute ancienneté par l'office que l'on fait solennellement avec octave de cette dédicace tous les ans à pareil jour  qui est aussy festé dans la ditte ville et paroisse."

    Sur la communauté des Oratoriens à Nantes, voir notre billet : Les Oratoriens de Nantes : épaves d’une riche bibliothèque ...


    Ex-libris des Oratoriens de Nantes sur un manuscrit de la British Library, Harley 6259

    Catalogue Rosenthal (pdf)

     A SUIVRE ....


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    La langue de la Bible : Traductions et réécritures (XIIe-XVIe siècle) - 1. Les Traductions de la Bible
    Journée d’étude internationale organisée par l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 (Centre Montaigne - EA 4195 TELEM)
    Jeudi 8 novembre 2012 - Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine – MSHA - 1er étage - 10 Esplanade des Antilles, 33 607 Pessac
     
    Ce projet entend mener une réflexion collective sur les enjeux linguistiques et rhétoriques des traductions et des réécritures littéraires de la Bible. Le livre sacré met en circulation une variété de genres et de modes d’expression, qui vont accompagner l’émergence de la langue française et enrichir le langage littéraire. Les traductions offrent des modèles tangibles d’éloquence efficace et de langue émotionnelle, propres à ouvrir de nouvelles voies en marge des modèles rhétoriques fixés par l’Antiquité chrétienne ou païenne. Outre le débat herméneutique et théologique qu’elles soulèvent, elles suscitent, en particulier à la Renaissance, une querelle d’ordre poétique sur l’essence même de la littérature, sur sa fonction, et plus restrictivement sur le statut du poète. En mêlant les approches (histoire sociale, histoire des religions, histoire littéraire, démarche stylistique), il s’agira d’interroger la variété des méthodes d’appropriation du texte sacré (traduction, imitation, paraphrase, méditation…), ainsi que les intentions (morale, politique, apologétique) qui président au choix des livres ou des fragments bibliques. Il conviendra aussi de situer ces réécritures dans leur contexte socio-historique spécifique et de considérer leur réception, afin de mieux comprendre les évolutions croisées des pratiques littéraires et des identités religieuses à travers les siècles.
    Cette réflexion s’articulera autour de trois journées d’étude (une par an) qui donneront matière à un ouvrage de synthèse à paraître en 2015. La première journée (8 novembre 2012) est consacrée aux traductions de la Bible. Les deuxième et troisième journées s’attacheront à étudier la réception littéraire de ces traductions en examinant leurs prolongements à travers les réécritures poétiques, romanesques et théâtrales. Ces pratiques littéraires s’accompagnent d’une réflexion théorique sur les genres, sur l’éloquence et le langage poétique, qu’il importera de mettre en perspective avec les débats contemporains pour mieux faire ressortir leurs enjeux religieux et politiques.

    Programme
    (9h30-12h00)
    Véronique Ferrer et Jean-René Valette (Université de Bordeaux 3)
    Introduction
    Jean-Marie Fritz (Université de Bourgogne) : Comment traduire intelligere dans les bibles françaises du Moyen Âge ?
    Pause
    Geneviève Hasenohr (École Pratique des Hautes Études) : Traduction biblique, traduction liturgique : les Épîtres et Évangiles de Jean de Vignay
    Pierre Nobel (Université de Strasbourg) : La Bible de Guiard des Moulins dans l’édition princeps de Vérard
    (14h00-18h00)
    Olivier Millet (Université de Paris-Sorbonne Paris IV) : Créer un nouveau lectorat vernaculaire : La Bible d’Olivétan
    Marie-Christine Gomez-Géraud (Université Paris Ouest-Nanterre La Défense) : D’une traduction l’autre : les humanistes devant la “jalousie” divine
    Pause
    Carine Skupien-Dekens (Université de Neuchâtel) : Castellion traducteur-écrivain : le diable se cache dans les détails
    Max Engammare (Institut d’Histoire de la Réformation, Genève) : La Trinité à l’épreuve du texte. Traduction et annotation du comma Johanneum (1 Jean 5, 8) dans les bibles genevoises du XVIe siècle
    Bilan et perspectives

    Organisation et contact
    Véronique Ferrer (Veronique.Ferrer@u-bordeaux3.fr)
    Jean-René Valette (jrvalette@u-bordeaux3.fr)

    Un lien utile pour le contexte, la page de Robert D. Peckham : Textual Sources of Gallo-Romance Vernacular Bible


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    Ketterer Kunst (Hamburg)  19/20 novembre 2012  

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    Heures à l'usage de Paris. 168 f. 158 x 110 mm. Littera textualis. 13 grandes miniatures. Maitre François ?
    Description catalogue en ligne

    Alde (Paris)
    Salle Rossini - 7, rue Rossini 75009 Paris - Mercredi 31 oct. 2012 - Lot 75 : 


    Heures à l'usage de Paris. Paris, ca 1500. Parchemin, 162 f. Calendrier sur 17 longues lignes, encre rouge, bleue et or; 29 longues lignes, écriture bâtarde. 195 x 110 mm.
    Chiffre « CA MC CAM » à plusieurs f.
    Enluminé par le Maître de la Chronique Scandaleuse et le Maître d'Étienne Poncher
    Armes aux f. 13 et 42 : d'or, au lion d'azur armé, lampassé et couronné de gueules. Guillaume de la Cauchie, seigneur de la Cauchie et du Haut-Loquin (Oise), époux de Jeanne de Ligues, fille de Jean III de Récourt dit Agravin, marié en 1476.
    Alde SVV : contact@alde.fr
    Catalogue en ligne

    Christie's : Valuable Manuscripts and Printed Books -  21 November 2012 - 8 King Street, St. James's, London



    Heures à l'usage de Paris, ca 1410. 165 x 127mm. i + 158 + i. Maître de Boucicaut et son atelier
    Catalogue en ligne

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    © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS -  Dijon BM, 168, f. 5

    Les Cisterciens et la transmission des textes, XIIe-XVIIIe siècle

    Le 22, 23 et 24 novembre 2012 Médiathèque du Grand Troyes. Entrée Libre

    Colloque international organisé par le Grand Troyes et l’Institut de recherche et d’histoire des textes, avec le soutien de l’Agence Nationale de la Recherche (programme Biblifram), du Ministère de la Culture (D.R.A.C. Champagne-Ardenne) et de l’équipe SAPRAT de l’Ecole pratique des hautes études.
    Les Cisterciens sont moins connus pour avoir recherché et retravaillé les textes que pour leurs efforts de centralisation et d’unification dans l'architecture et les arts, la liturgie et la vie quotidienne, et pour leur utilisation active de l'écrit pragmatique - pour ne citer que ces quelques domaines. Et pourtant, leurs bibliothèques, parfois immenses, font mentir par leur richesse et les textes rarissimes ou inattendus qu'elles nous ont conservés, l'idée d'un ordre peu consacré aux études.
    La Médiathèque du Grand Troyes, qui accueille cet événement, conserve plus de 30 000 volumes imprimés et 3 000 manuscrits issus de la bibliothèque de Clairvaux. Cette collection exceptionnelle, inscrite au registre « Mémoire du Monde » de l’Unesco en 2009, illustre la grandeur des bibliothèques cisterciennes. Elle fera l’objet d’une présentation spécifique au cours du colloque.

    Comité d’organisation: Thomas FALMAGNE (Bibliothèque nationale de Luxembourg), Pierre GANDIL (Médiathèque du Grand Troyes), Dominique STUTZMANN (Institut de recherche et d’histoire des textes / École pratique des hautes études, Paris), Anne-Marie TURCAN-VERKERK (École pratique des hautes études / Institut de recherche et d’histoire des textes, Paris, coordinatrice du programme ANR Biblifram).

    Jeudi 22 novembre
    19h : Conférence d’ouverture par Thomas FALMAGNE (Bibliothèque nationale de Luxembourg).
    Vendredi 23 novembre : LECTURE ET TRANSMISSION DES TEXTES, DU MANUSCRIT A L’IMPRIME : A LA RECHERCHE DE SPECIFICITES CISTERCIENNES.
    L’organisation des bibliothèques
    9h30 - 10h10 : Les calendriers de lectures hagiographiques chez les Cisterciens. François DOLBEAU, École Pratique des Hautes Études.
    10h25 - 10h50 : Livres et bibliothèques dans les monastères cisterciens de Belgique et France du Nord, XIVe-XVe siècle. Xavier HERMAND, Université de Namur (FUNDP).
    Des bibliothèques au service de l’Ordre
    11h20 - 11h45 : Le scriptorium et la bibliothèque de l’abbaye de Vaucelles au XIIe siècle. Benoît TOCK, Université de Strasbourg.
    11h45 - 12h10 : La transmission des actes pontificaux dans le réseau monastique cistercien : remarques sur la diffusion d'un Liber privilegiorum du début du XIVe siècle. Thimoty SALEMME, Centre de médiévistique Jean Schneider, Université de Lorraine.
    Une bibliothèque cistercienne et ses utilisateurs : le dossier Heiligenkreuz
    14h00 - 14h25 : How to know where to look – Usage and interpretation of late medieval book lists in Heiligenkreuz. Katharina KASKA, Institut für Österreichische Geschichtsforschung, Université de Vienne..
    14h25 - 14h50 : Reading, thinking and writing in Heiligenkreuz. Manuscript traces of a late thirteenth-century monastic intellectual. Christoph EGGER, Institut für Österreichische Geschichtsforschung, Université de Vienne.
    Aux marges géographiques et chronologiques du « monde cistercien »
    15h20 - 15h45 : Les Cisterciens transmetteurs de littérature vernaculaire : le cas gallois. Natalia PETROVSKAIA, Université de Cambridge.
    15h45 - 16h10 : Les bibliothèques des cisterciennes de la Haute Lusace (Saxe) à l´époque moderne : leur genèse et leur composition comme expression des horizons intellectuels des nonnes à l´époque moderne. Jan ZDICHYNEC, Université Charles de Prague.
    16h40 - 17h05 : Charles de Visch (1596-1666), prieur de l'abbaye des Dunes, historiographe de l'Ordre de Cîteaux. Noël GEIRNAERT, Archives de la ville de Bruges.
    17h05 - 17h30 : Les imprimés de la bibliothèque de Clairvaux. Pierre GANDIL, Médiathèque du Grand Troyes.
    18h00 : Présentation de documents de la bibliothèque de Clairvaux, conservés à la Médiathèque du Grand Troyes.
    Samedi 24 novembre : QUELS TEXTES ET POUR QUELS USAGES ? LES CISTERCIENS, LE CLOITRE, L’EGLISE, LA CHAIRE ET L’UNIVERSITE.
    Exempla et memoria chez les Cisterciens
    9h00 - 9h40 : Les Cisterciens et la construction de l’exemplarité narrative. Marie-Anne POLO de BEAULIEU et Jacques BERLIOZ, École des hautes études en sciences sociales.
    10h00 - 10h25 : Le Chronicon Clarevallense, la littérature exemplaire et l’ancienne bibliothèque de Clairvaux au XIIIe siècle. Stefano MULA, Université de Middlebury.
    10h25–10h50 : Les Cisterciens lecteurs de la Première Croisade : L’Historia Iherosolimitana de Robert le Moine. Damien KEMPF, Université de Liverpool.
    Spiritualité
    11h20 - 11h45 : La diffusion cistercienne du Mariale attribuable à Bernard de Morlas. Franz DOLVECK, École Pratique des Hautes Études / Université Cà Foscari de Venise.
    11h45 - 12h10 : Compositio et traditio : écrire et transmettre en milieu cistercien dans la seconde moitié du XIIe siècle. Pierre-Jean RIAMOND, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits.
    Patristique
    14h00 - 14h25 : La collection ambrosienne du manuscrit Paris BnF lat. 1913 : destins cisterciens. Dominique STUTZMANN, Institut de recherche et d’histoire des textes École pratique des hautes études.
    14h25 - 14h50 : Les oeuvres de Cyprien dans les scriptoria cisterciens et le cas de la Cena Cypriani. Andrea LIVINI, projet Omnia (Arthehis [Dijon] - École nationale des chartes /
    Institut de recherche et d’histoire des textes).
    14h50 - 15h15 : Les lectures de l'office cistercien dans les bréviaires de Clairvaux. Claire MAITRE, Institut de recherche et d’histoire des textes.
    Les Cisterciens et l’université
    16h00 - 16h25 : Conrad d’Ebrach et sa bibliothèque vus à travers son commentaire des Sentences. Monica BRINZEI CALMA, Institut de recherche et d’histoire des textes, et Christopher D. SCHABEL, Université de Chypre.
    16h25 - 16h50 : La réception au long cours de la censure doctrinale : l'exemple claravallien. Gilbert FOURNIER, Institut de recherche et d’histoire des textes, Biblifram.

    Contacts :

    Anne-Marie TURCAN-VERKERK (Ecole pratique des hautes études / Institut de recherche et d’histoire des textes, Paris : anne-marie.turcan@irht.cnrs.fr)
    Pierre GANDIL (Médiathèque du Grand Troyes : p.gandil@grand-troyes.fr)

    [ source ]

    Médiathèque du Grand Troyes


    LE PORTAIL NUMÉRIQUE DE LA MÉDIATHÈQUE DU GRAND TROYES


    La Bibliothèque de Clairvaux en 1472

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    La Bibliothèque de Rennes Métropole, dont on a souvent relevé ici le dynamisme en matière d'acquisition de manuscrits médiévaux, conserve sous la cote 1512 un Livre d'heures du XVe siècle, qui bien que modeste, n'en est pas moins intéressant de par sa provenance, et comme témoin de la circulation des manuscrits en Bretagne. Je remercie chaleureusement Mme Sarah Toulouse, conservatrice en chef, pour son aimable concours à me fournir une description précise du manuscrit, lequel a rejoint les collections de la Bibliothèque de Rennesà la suite de la vente de Paris-Drouot de 1993.
    Ce petit ouvrage de 165 f., aux dimensions 110 x 80 mm, contient des heures de la Vierge à l'usage de Paris. Du reste, le calendrier et les litanies n'ont aucune connexion avec la Bretagne, et c'est bien dommage. Par contre la reliure du XVIe siècle, en parchemin souple ornée d’un décor doré à la fanfare, porte la marque d'un ancien possesseur :
    « A Escuier Michel le Levier» (plat supérieur)
    « sieur du Restigou» (plat inférieur)
    En 1881, le manuscrit, appartenant alors au chanoine de La Paquerie, se trouvait exposé à Quintin avec deux autres Livres d'heures (Association Bretonne, session de Quintin, 1880 (1881), p. 362). Le chanoine de La Paquerie, admis comme membre de la Société archéologique du Finistère lors de la séance du 27 janvier 1887 par MM. Guépin et Trévédy, demeurait 12, rue de Pont-l'Abbé à Quimper.


    © Bibliothèque de Rennes Métropole. Manuscrit 1512, f. 82 : le Couronnement de la Vierge

    La famille Le Levyer (ou Le Levier) reste attachée à la région de Morlaix. Dans son Nobiliaire et armorial de Bretagne (t. II, p. 98), Potier de Courcy fait mention des Le Levier, sr de Kerroc'hiou, paroisse de Ploujean, de Penarstang, de Keranfors et de Kerloassezre, paroisse de Plougonven, de Meshir, de Keramprévost, de Coat glaz, de Kervézec. Ils furent déboutés à la réformation de 1669, dans le ressort de Morlaix. Ils portaient : d'argent à la fasce d'azur surmontée d'une merlette de même, accompagnée de trois trèfles de gueules (Guillaume le Borgne). Jean, sénéchal de Morlaix en 1533 ; Jean, gouverneur du château du Taureau en 1574 ; Jean, conseiller au parlement en 1588, marié à Françoise de Talhouët de Boisorhant.
    Notre Michel Le Levyer, sénéchal de Lanmeur (attesté le 12 aout 1576), puis de Morlaix en 1596, sieur de Restigou et Keropartz, fut marié en 1600 à Barbe Quintin (Sources : Le Guennec). En 1579, il assiste avec Jean Le Levyer aux Etats de Bretagne, au nom du Tiers état, comme représentants de la ville de Morlaix (Olivier Tréhet, Le Tiers Etat aux Etats de Bretagne au seizième siècle (1491-1589), 1992, p. 110 : "Lelevier Michel, sr de Restigou, 1579". Archives de Bretagne : recueil d'actes, de chroniques, etc ..., Volume 15, p. 127). 
    Les anciennes prééminences de l'église Saint-Melaine de Morlaix font mention d'un banc familial :

    Et entre le cinquiesme et sixiesme pilier, il y a quatre bancs scavoir, le plus bas et joignant le cinquiesme pilier et l’autel de sainct Joseph du costé de l’epistre contenant de long quatre piedz, fors deux poulces, et de laize trois piedz appartenant au sieur de Penanyun, prestre, celuy de dessus armoyé des armes des Levier contenant quatre piedz de long et deux piedz et un poulce de laize appartenant au sieur de Restigou, au costé du quel et à vis d’autre autel de Ecce Homo où est un tableau de l'image de Jésus descendu de la croix, ...".

    A Guimaëc, non loin du manoir des Kergomar, fondateurs de la chapelle de Notre-Dame de la Joie, s'élève une croix montée sur un socle hexagonal, un dé aux angles ornés de griffes. Primitivement elle se trouvait à l'entrée du manoir de Keropartz en Lanmeur, élevée par Michel Le Levyer et Barbe Quintin. Elle porte les armes de ses deux mécènes : une fasce surmontée d'une merlette et accompagnée de trois trèfles, mi parti d'un lion accompagné de trois molettes. Transportée au cimetière de Guimaëc, elle fut ensuite placée près de la chapelle Saint-Mélar, et, après la chute de celle-ci, transférée à la Joie. Parmi les statues de la croix, celle de sainte Barbe. Ci-dessous dessin de notre ami Yves-Pascal Castel ("Atlas des croix et calvaires du Finistère" )


    Une chapelle, détruite aujourd'hui, dédiée à la martyre d'Héliopolis, si célèbre en Bretagne (voir Buhez sante Barba, Mystère de sainte Barbe, texte de 1557), appartenait également au domaine de Keropartz, probablement édifiée par Le Levyer et son épouse. Cette dernière était issue des Quintin (d'argent au lion morné de sable, accompagné de trois molettes de sable ; devise : Calcaribus recalcitram) dont le manoir de Coatanfrotter ou Coat ar Frotter (XVe siècle) en Lanmeur possédait aussi autrefois une chapelle privée dédiée à saint Barbe. Adeline La Forêt par son mariage avec François Quintin, seigneur de Coatamour, apporta cette possession aux Quintin.


    Le manoir de Coat ar Frotter en Lanmeur (Finistère)

    Louis Le Guennec, dans Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 45, 1918, p. 184.
    Manuscrit 1512 : Feuillets numérisés sur le site de la Bibliothèque Rennes Métropole

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    Au mois de janvier 2014 seront célébrés les 500 ans de la mort d'Anne de Bretagne (1477-1514).
    La reine de France décéda à Blois le 9 janvier 1514. Inhumée dans la nécropole royale de Saint-Denis, ses funérailles furent d’une exceptionnelle ampleur (40 jours). Son cœur, selon sa volonté, fut placé dans un reliquaire en or rehaussé d’émail que l'on achemina à Nantes en grande pompe pour être déposé, le 19 mars 1514, dans la chapelle des Carmes, puis transféré plus tard à la cathédrale Saint-Pierre. Le reliquaire du coeur, en forme de boîte ovale de tôle d’or repoussée, porte en lettres d’or rehaussées d’émail vert, bleu, rouge, une inscription à sa gloire, et se trouve aujourd'hui déposé au musée Dobrée de Nantes :

    In January 2014 the 500-year celebration of the death of Anne of Brittany (1477-1514) will take place.
    The queen of France died in Blois on 9 January 1514 and was buried in the royal necropolis at Saint-Denis, following an exceptionally long funeral (40 days).  According to her wishes, her heart was placed in a reliquary of gold embellished with enamel and was then transported with great pomp to Nantes where it was placed in the chapel of the Carmelites on 19 March 1514 ; it was later transferred to the Cathedral of Saint Peter. The reliquary containing Anne of Brittany's heart, an oval-shaped metal container embossed with gold, bears an inscription venerating her in gold letters embellished with green, blue and red enamel.  It is housed today in the Dobrée Museum in Nantes :

    En ce petit vaisseau de fin or pur et munde
    Repose un plus grand cueur que oncque dame eut au monde ;
    Anne fust le nom d'elle, en France deux fois reyne,
    Duchesse des Bretons royale et souveraine.
    Ce cueur fut si très hault, que de la terre aux cieux
    Sa vertu libéralle accroissoit mieulx et mieulx.
    Mais Dieux en a repris sa portion meilleure,
    Et cette part terrestre en grand deuil nous demeure.



    La collection PECIA : LE LIVRE ET L'ÉCRIT, publiée chez Brepols (Turnhout), consacrera en 2013 (dernier trimestre) un volume spécial à la hauteur de ces évènements qui furent alors relatés par Pierre Choque, premier héraut et roi d'armes de la duchesse de Bretagne, dans une oeuvre manuscrite distribuée aux princes et princesses du temps (Henri VIII, roi d’Angleterre ; Charles III, Louise et René de Savoie ; Marie de Luxembourg ; Françoise, Marie et Jean d’Albret ; Philippe de Gueldre ; Louise de Coëtivy ; Claude de France ; Catherine de Foix ; Renée et Charles de Bourbon ; Guy XVI de Laval ; Philippe Ier de Nassau ; Louis de Brézé ; René de Brosse, Jean II de Clèves ; Jacques II de Luxembourg-Fiennes ; Catherine d’Aragon, etc.) :

    In 2013 (the last trimester) the collection PECIA : LE LIVRE ET L'ÉCRIT, published by Brepols (Turnhout), will devote a special volume in commemoration of these events, which were recounted at the time by Pierre Choque, the first herald and king-at-arms of the duchess of Brittany, in a manuscript book distributed to the princes and princesses of the time (Henry VIII, King of England ; Charles III, Louise et René de Savoie ; Marie de Luxembourg ; Françoise, Marie et Jean d’Albret ; Philippe de Gueldre ; Louise de Coëtivy ; Claude de France ; Catherine de Foix ; Renée et Charles de Bourbon ; Guy XVI de Laval ; Philippe Ier de Nassau ; Louis de Brézé ; René de Brosse, Jean II de Clèves ; Jacques II de Luxembourg-Fiennes ; Catherine d’Aragon, etc.) :

    Commemoracion et advertissement de la mort de tres crestienne, tres haulte et tres excellante princesse, ma tres redoubtée et souveraine dame madame Anne, deux foyz royne de France, duchesse de Bretaigne


    © Den Haag, MMW, 10 C 12 42v [ source ]
    Le corps d'Anne de Bretagne dans sa chapelle mortuaire à Saint-Denis

    Nous aurons le plaisir d'associer à cette publication les noms de Michael Jones, le plus Breton des Gallois, éminent connnoisseur de la Bretagne médiévale, et mesdames Cynthia J. Brown (University of California) auteur de l'ouvrage récent The Queen's Library. Image-Making at the Court of Anne of Brittany, 1477-1514, et Elizabeth A. R. Brown, professeur émérite d'histoire au Brooklyn College de New York, dont les travaux sur la royauté capétienne et dans bien d'autres domaines font aujourd'hui référence (biblio = COPAC).

    We also have the pleasure of associating with this publication the names of Michael Jones, the most Breton of Welshmen and eminent "connoisseur" of medieval Brittany, as well as Cynthia J. Brown (University of California, Santa Barbara), author of the recent book The Queen's Library. Image-Making at the Court of Anne of Brittany, 1477-1514, and Elizabeth A. R. Brown (Professor Emerita of History, Brooklyn College in New York), whose publications on the Capetian kingdom and many other related subjects are standard reference works (biblio = COPAC).

    « Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière »

    - Les funérailles d’une reine : Anne de Bretagne (1514) - Textes, images et manuscrits -


    Sommaire

    ¤ Introduction de Michael Jones, professeur émérite d’histoire médiévale à l’université de Nottingham

    ¤ Commemoracion et advertissement de la mort de tres crestienne, tres haulte et tres excellante princesse, ma tres redoubtée et souveraine dame madame Anne, deux foyz royne de France, duchesse de Bretaigne, texte de Pierre Choque.
    Description des témoins manuscrits et  présentation de leurs possesseurs (une trentaine)
    ¤ Épitaphes latines et françaises de Germain de Brie et Laurent des Moulins (Bibliothèque de l’Arsenal, 35483 ; Bibliothèque Mazarine, 35483 ; Paris, Bibliothèque nationale de France, Yc 760 et Ye 3966)
    ¤ La deploration de la Royne de France. Composée par Maistre laurens des moulins. S. l. (Paris), 1514, in-8 goth. de 16 f.
    (édition Jean-Luc Deuffic)

    ¤ Le Trépas de l'Hermine regrettée, texte inédit d'après le manuscrit de Paris, Petit Palais, Dutuit 665 et variantes du Paris, BnF, Fr. 5099
    ¤ Compte rendu des funérailles : Lordre qui fut tenue a lobseque et funeraille de feue tresexcellente et tresdebonnaire princesse Anne... Duchesse de Bretaigne, tant aux eglises que au chemin depuis bloys jusques a labbaye de sainct Denys. (Lyon, J. Thomas, 1514). In-8°, 8 f. [Ex. : Bibl. Lyon, cat. des inc., suppl., 868 - Paris BnF Rés. 8 LB29 44 - Paris Bibl. Mazarine, 35475. Rés.]
    ¤ Etat des dépenses (Archives municipales de Nantes, AA 59, n° 7)
    ¤ Liste des participants aux funérailles 
    (édition Cynthia J. Brown (University of California) et Elizabeth A. R. Brown (professeur émérite d'histoire au Brooklyn College de New York)

    LIENS
    PECIA. LE LIVRE ET L'ÉCRIT
    BREPOLS PUBLISHERS


    Le corps d'Anne de Bretagne arrive devant Saint-Denis, reçu par le cardinal de Luxembourg
    © Paris, Petit Palais, Dutuit 665


    Tombeau d'Anne de Bretagne et de Louis XII en la basilique Saint-Denis
    [ source ]

    Illustration de tête : détail des Grandes Heures d'Anne de Bretagne : © Paris, Bibliothèque nationale de France, Lat. 9474
     

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    O Mort tresorrible et hideuse,
    Qui a plusieurs es despiteuse
        Et pou piteuse,
    Sur mon corps vueilles tout estandre 
    Ta puissance sans plus actendre
    Pour finer ma vie anuieuse !

    De tant vivre trop fort me dueil,
    Mais c’est du tout oultre mon vueil,
        Dont dire vueil
    Que bien bref te fault consentir
    De m'avancer de mon sarcueil :
    Sans [de] moy faire aulcun racueil,
        Fine mon dueil,
    Et me fais tous  tes maulx sentir ;

    N’a qui tu soyes gracieuse,
    A moy vueilles estre oultrageuse
        Et hayneuse,
    Sans nulle part riens entreprendre ;
    Fais ton explet sans te mesprendre,
        Puis qu'en gré prendre
    Vueil ta sentence termineuse,
    [O] Mort [tresorrible et hideuse]

    Les noms des Bretons Eustache d'Espinay (frère de l'évêque de Rennes, Jacques d'Espinay) et de Jehan de Loyon apparaissent  à plusieurs reprises dans le manuscrit Paris, BnF, Fr. 9223, un recueil de rondeaux, et son également liés par leurs fonctions, apparaissant ensemble dans plusieurs comptes de la Maison de Bretagne à la fin du XVe siècle. Jehan de Loyon, auteur de la bergerette ci-dessus, composa également un rondeau dans le cadre d'un jeu poétique organisé autour du vers "Pour acquérir honneur et pris" :

    Pour acquérir honneur et pris,  
    Debvons tous aux dames complaire,
    Sans aulcunement leur desplaire,
    Affin que n'en soyons repris.

    Quant a ma part, j'ay entrepris

    A les servir, sans me forfaire,
    [Pour acquérir honneur et pris.]

    Leur grant bonté, qui est sans pris,
    Sy nous est [d']honneur l’examplaire ;
    Ceulx qui pourchassent  leur contraire,

    N'ont ilz pas grandement mespris,
    Pour acquérir [honneur et pris ?]

    Plusieurs des membres de la famille de Loyon (armes = écartelé aux 1 et 4 d'argent, au lion de gueules, aux 2 et 3 de gueules, au d'argent) furent au service des ducs de Bretagne. Un aveu de la Chambre des Comptes de Nantes (ADLA B 2337) faisant état du dénombrement des terres, maisons, manoirs, rentes, fiefs, droits réels et honorifiques tenus noblement du duc et du roi, dans le ressort de la sénéchaussée de Vannes, fait mention des manoir et lieu noble de Bois-Mourault, possédé par Thomasse de Pluherlin, fille de Jeanne de « Boaismoraut », décédée le 22 juin 1453 (1454), Jean de Loyon, fils de la dite Thomasse, écuyer tranchant du Duc (1463), Arthur de Loyon, son fils (1484), Madeleine Péan, veuve d'Odet de Loyon et leur fils François (1518 et 1525). Ainsi se déroule toute la généalogie des Loyon. Notre Jehan de Loyon rendait lui même aveu en 1460 "à la dame de Malestroit et de Largouët, pour une tenue au village de Talhoët en Saint-Nolff et pour une tenue à Ploëren" (Archives du château de KERGUEHENNEC).
    C'est sans doute lui qui fut dès 1445 "écuyer et enfant de la chambre du duc" . En 1462, il est institué "sousgarde des forêts de Montcontour", et quatre plus tard il devient premier écuyer tranchant du duc de Bretagne, François II (1458-1488). Mais son ascension ne s'arrête pas là : en 1472 il reçoit les offices de "conneztable de la ville de Vennes et Garde de la librairie du Duc". (Paris, BnF, Fr. 22318, p. 6).  Cette dernière affectation nous parait inédite. Diane Booton, dans son récent ouvrage  Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late Medieval Brittany (Ashgate Publishing Ltd., 2010) a relevé par exemple 7 ouvrages manuscrits ayant appartenu au duc François II. Au reste, en 1455, le duc attestait

    "avoir reçeu de Jamin Couedor varlet de chambre et de gardrobe du feu Pierre (= Pierre II, duc de Bretagne) plusieurs especes de meubles qui luy avoient esté baillez en garde, entre chose ... plusieurs livres dont entre autres et le premier se commance par Valerius Maximus en lettre verm[eille?] et couvert de satin violet, le livre de Meluzine et ung aut[re] qui parle de fortunes d'amours, et le gras et le maigre ... lesquelz dits meubles fur[ent] laisser en garde de son escuyer Couedor ..." (Inventaire Turnus brutus, Nantes, ADLA B 12838, n° 636) - Renseignement communiqué par Michael Jones. "Fortunes d'amour" (le débat des deux fortunés d'amour), "le gras et le maigre" (le débat du gras et du maigre) sont des oeuvres d'Alain Chartier)

    De même, nous avons publié dans nos Notes de bibliologie (p. 167-170) l'inventaire de la "librairie" de la duchesse Marguerite de Bretagne en 1469.

    Mais jusqu'à présent cette office de garde de la librairie du duc ne semble pas avoir été relevé ...


    ©Paris, BnF, Fr. 2258. Cérémonies des gages de bataille, f. 2. Armes de Bretagne dans l'initiale. Un des manuscrits du duc de Bretagne François II. Numérisé sur Gallica.

    Biblio :
    Gaston Raynaud, Rondeaux et autres poésies du 15e siècle, pub. d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale [ en ligne ]
    Sylvie Lefèvre, Antoine de la Sale : La Fabrique de L'oeuvre et de L'écrivain, Droz, 2006, p. 230. - Sur François II, Diane Booton, "Guillaume Fichet’s Literary Gift to Duke François II of Brittany", dans Nottingham Medieval Studies, LIII (2009) En ligne -


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    TRAME, projet de recherche sur l'interrogation des bases de données Web relatives à la tradition manuscrite médiévale, a pour objectif l'interactivité des bases de données traitant d'images numérisées, de codicologie, d'histoire textuelle, de montrer l'importance culturelle des manuscrits médiévaux dans le contexte de l'histoire européenne.

    Les étapes prévues :
    1) création d'un méta-moteur de recherche capable d'effectuer des questionnements dans les bases de données des partenaires italiens qui ont adhéré à la phase de démarrage du projet
    2) évaluer la possibilité d'extension de ce méta-moteur de recherche à d'autres ressources Web (bibliothèques, portails, projets de recherche individuels), en utilisant divers outils et technologies
    3) étendre ce méta-moteur de recherche à pratiquement n'importe quelles ressources Web pertinentes consacrées aux textes médiévaux et aux manuscrits par un partenariat élargi 

    Bonne chance à cette très belle entreprise ...

    T R A M E

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    © Baltimore, Walters Art Museum

    Le manuscrit Baltimore, Walters art Museum, W 282, Heures de l'Imaculée Conception, avec un calendrier à l'usage de Brugges, porte les notes de Jean de Ricametz et de son fils Christophe =
    Sensuiuent les iours des stations qui sont a Rome sur certains iours de lan ainsi verres escript station.
    16 octobre 1498, par Christophe, son fils : mariage de Jean de Ricametz avec Catherine de Barbançon, fille de Christophe de Barbançon
    25 octobre 1507 : funérailles de Marguerite de Villers au cimetière des Augustins d'Amiens
    18 mai 1515 (d'une autre main que les précédentes) : décès de Catherine de Barbançon, "damoiselle de Ricaumez", femme de Jean de Ricametz
    f. 123-126v. Séquences dévotionnelles écrites par Jean et son fils Christophe.
    Prières en français signées et datées : "Rycaumez. 1514" :

    Puis que une fois mourir conuient /
    fol est qui ne pense de lame /
    Quant est du corps terre deuient /
    Soit de noble home ou gentil femme. //
    Statutum est hominibus semel mory / post hoc autem Iudicium. ad hebreos 9°. / Pries Iesus pour Rycaumez. 1514".

    Vers adressés sans par Jean de R. (ou Christophe ?) à sa femme mourante :

    Mon tour viendra mort masuldra /
    Et sy ne say /
    quant che sera Quant dieu plesra Ie partiray /
    Rycavmez / vostre mary"

    f. 127v : "Guigemette de maulde de damoiselle de Ricaumez" (A)
    De la main de Christophe, le nom Ricametz en lettres grecques : REKAOUMEZ
    Décoration
    f. 7. La Vierge des litanies et Jean de Ricaumetz
    f. 14. Saint Florentius, Jean de Ricaumetz et sa femme
    f. 17v. Saint Christophe, en relation avec Christophe de R. et Christophe de B
    Ces presentes heures sont a Jehan de Ricaumez / seigneur dudit lieu et a Katherine de barbenchon / sa femme. Quy les trouvera en les rendant / bon vin avesra/ / Ricaumez - Iesus maria.

    Jean de Ricaumetz et Catherine de Barbançon à Foufflin-Ricametz

    On conserve encore à Foufflin-Ricametz, commune du Pas-deCalais, les dalles tumulaires de Jean de Ricametz et de Catherine de Barbançon, en pierre noire de Tournai, sculptées en haut relief, et encastrées dans le mur, à peu près à l'endroit où elles avaient été découvertes. Voir ici (photo médiocre)
    La partie visible mesure 1 m. 83 de hauteur, et 1 m. 15 de largeur. Le seigneur de Ricametz, debout, les mains jointes, a le visage découvert, et la tête garnie d'une abondante chevelure bouclée. Il est revêtu de la cotte de mailles et de la cotte d'armes sur laquelle se voient, plusieurs fois répétées, les trois coquilles de son écu, et qui descend jusqu'à mi-cuisses ; il porte son armure sous sa cotte d'armes, et son épée et ses gantelets suspendus au côté gauche. Ses pieds reposent sur un lion couché dont on n'aperçoit plus que la tête. Au-dessus du chevalier est figuré l'écu des Ricametz : de [gueules] à 3 coquilles d’[or], timbré d'un heaume au cimier caché par la boiserie, et supporté par deux sauvages au corps velu. Autour de la pierre, sur le bord chanfreiné, est l'inscription :

    [Chi gist haut et puissant] seigneur Jehan [de Ricaumez] en son viva[nt chevalier] Sr dudit Ricaumez de Rolecourt descoiv[re et d'Herissart qui trespassa le 28 de juillet (1)] lan mil chinq cens et quatre pries dieu pour son ame.

    La seconde pierre tombale, placée à côté de la précédente, est celle de Catherine de Barbançon, femme de Jehan de Ricametz ; elle est de la même hauteur, mais elle est beaucoup plus large (1 m. 40) ; de plus, à dextre, est encore dissimulée derrière la boiserie une partie évidée d'environ 25 centimètres de largeur, où ont dû être incrustés les quartiers de la défunte. Sur cette dalle, est sculpté, aussi en haut relief, un cadavre dévoré par les vers, reposant sur une draperie dont une partie, ramenée en avant, recouvre le milieu du corps. De chaque côté des pieds et de la tête, quatre cavités, en forme de losange, avaient sans aucun doute contenu aussi quatre autres quartiers de noblesse. Trois larges banderoles épigraphiées entourent le personnage. On lit sur celle qui est placée à sa droite :

    Chy gist Catherine de Barbe[n]chon fille de nobles et puissa[n]ts se[igneu]r et dame Christofle de Barbe[n]chon, en son viva[n]t ch[evali]er et sei[gneu]r de Cani et Varlues et de mada[m]e Jeh[an]ne de Sarrebruche Icelle Ka[theri]ne en son viva[n]t demoiselle de Che[n]pie[n]g et fame de Jeha[n] de Ricaumes, s[e]ig[neu]r dudit lieu Roilecourt Herissart [et] decoyures laquelle finit ses jours le vendredi xviiie jo[u]r de mai en lan mil V cens et qui[n]ze priez Ih[esu]s po[u]r elle.

    Sur la banderole placée au-dessus de la tête osseuse du cadavre on lit ces deux vers :

    Vermib[us] hic donor et sic oste[n]dere conor
    Quod sicut hic ponor ponitur o[mn]is honor.

    Enfin, les deux vers suivants sont sculptés sur la 3e banderole, à gauche du personnage :

    Quis quis ades quia morte cades sta respice plora
    Sum quod eris modicum cineris, pro me precor ora

    Épigraphie du département de Pas-de-Calais, Volume 6, p. 338.
    Généalogie Barbançon sur la base ROGLO.
    Randall, II, p. 485-492, n° 203.
    Luxury Bound (Hanno Wijsman)
    Baltimore, Walters Art Museum


    Foufflin, sur la carte de Cassini

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    24 May 2013
    King’s College London


    Keynote speakers :

    Professor Julia Crick (King’s College London)
    Professor Jonathan Phillips (Royal Holloway, University of London)

    Now in its fifth year, the Revealing Records conference series brings together postgraduate researchers working with a wide range of sources from across the medieval world to share challenges and approaches through the presentation of their research.

    Call for papers :
    We encourage applications from postgraduate students working with a wide variety of records – from the written work to objects, buildings and more. Papers that employ an interdisciplinary approach, drawing upon palaeography, archaeology or other related disciplines are particularly welcome.
    Abstract (200 words maximum) are welcome from students wishing to present a 20-minute paper. Students should provide their name, institution, contact information, paper title and synopsis.
    • Please send abstracts to revealingrecords@gmail.com
    • Deadline : Friday 14 December 2012

    REVEALING RECORDS

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    Melbourne, State Library of Victoria, *096/R66HM [ numérisé ]

    Journée d’étude du Grepsomm (Groupe de recherche sur les pouvoirs et les sociétés de l'Occident médiéval et moderne), samedi 1er décembre 2012, 11 h, salle 5242, Pavillon Charles-de Koninck.

    Les collections publiques du Québec conservent une douzaine de livres d’heures manuscrits du XVe siècle provenant de France ou de Flandre. Analysés conjointement, en tenant compte à la fois de leur contenu textuel, ornemental et iconographique, ils ouvrent des fenêtres sur la culture visuelle des laïcs aisés de la fin du Moyen Âge, sur les modes de dévotion, sur les pratiques de l’écrit et les usages didactiques de l’ornement, sur la production du livre manuscrit. Cette journée d’étude, ancrée sur un séminaire de 2e et 3e cycles au Département d’histoire de l’Université Laval, propose de lever le voile sur ces manuscrits insuffisamment connus et étudiés.

    11 h 00 – 11 h 20 : Didier MÉHU, Les livres d’heures manuscrits conservés dans les collections publiques du Québec
    11 h 20 – 12 h 50 : Jean-Luc GAUTHIER, Le livre d’heures flamand de la collection des Jésuites de Montréal

    14 h 00 – 15 h 30 : Patrice FRIGAULT-HAMEL et Guillaume SIMARD, Le livre d’heures ayant appartenu à Philippe de Montholon (collection des Jésuites de Montréal) = numérisé
    15 h 30 – 17 h 00 : Maria ALLEN DEMERS et Alexis RISLER, Un livre d’heures à l’usage de Rouen conservé au Musée d’art de Joliette
    17 h 15 – 17 h 45 : Michel HÉBERT, Le livre d’heures de Pellegrin de Rémincourt conservé à l’UQAM

    Grepsomm

    Département d'histoire de l'Université de Laval


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    SOTHEBY'S
    Western Manuscripts & Miniatures - London | 05 December 2012 |
    Le catalogue de la prochaine vente Sotheby's est à présent en ligne. Plusieurs beaux manuscrits présentés, dont le lot 20, un LH à l'usage de Paris (ci-dessus) enluminé par la Maître de Boucicaut ou son atelier. A noter les armes peintes, dont peut-être (à gauche) celles de la famille de CORLIEU (voir base ROGLO) : “de sinople au chevron d'argent, chargé de trois quintefeuilles de gueules”....
    Catalogue Sotheby's


    RIEUNIER et associés
    du 3 décembre :
    Lot 5 : HEURES À L'USAGE DE ROME. Sud-Ouest de la France, probablement Toulouse, vers 1420- 1435. 145 x 100 mm. V + 177 + ii f.
    Catalogue en ligne



     
    KAUPP du 7-12-2012 :
    Katalog Auktion 68 : Bücher & Autographen
    Lot 3000. Livre d'heures donné comme parisien (mais plutôt flamand selon notre ami Hanno Wijsman de l'IRHT)
    Catalogue en ligne

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    Epitaphe du feu duc Françoys de Bretaigne

    Je suis nommé Françoys, qui en la maison de France
    Par le feu bon roy Charles norry de mon enfance
    Mes honneurs, et grans biens de sa grace receuz.
    Apres la mort Arthus, duc de Bretaigne fuz
    Le roy Loys XIe pere du roy regnand
    Charles du nom, VIIIe me greva durement
    Plusieurs foys m’en hay, mais a luy resistay
    Contre son filz puissant en la fin j’en (?) n'ay
    Riens ne ma valu, Nantes, Feugeres, Saint Malo
    Toute Basse Bretaigne, ne le pays galo
    Ne tous mes aliez ne m’ont peu secourir
    Quil n’ait faict en ma terre par toust son ost avoir
    Sur moy a conqueste le pays tout en tour
    Au contre son effors ny ay sceu donner tour
    Victoire a heu sur moy, Dieu la ainsi permis
    Dont a traicté de paix me rengay, et soubmys
    Mays lors que je cuydoye paisible user mes jours
    La mort anticipa de ma vie le cours
    En septembre rendi mon ame a Dieu lassus
    L’an mil, et IIIIc octante, et huict escheuz,
    A Nantes fust mon corps mys dessoubz cest lame,
    Vous qui cecy lires priez Dieu pour mon ame.
    Amen.

    L'épitaphe contenue dans le manuscrit Paris, BnF, Fr. 3939, f. 8v, retranscrite ici avec l'aimable concours de Michael Jones n'a, me semble-t-il, jamais été publiée. Elle fait partie d'un important recueil de pièces en prose et en vers du XVIe siècle, pourtant connu des chercheurs.
    Le duc François II mourut à Couëron le 9 septembre 1488.

    Manuscrit numérisé sur Gallica


    Cathédrale de Nantes : tombeau de François II, duc de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix, commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents, initialement placé dans la chapelle des Carmes à Nantes.
    Site de la cathédrale de Nantes
    Wikipédia


    François II sur l'ancien vitrail des Cordeliers de Nantes [ Gallica ]

    Biblio :
    M. Jones, "En son habit royal": le duc de Bretagne et son image vers la fin du Moyen Âge, dans Représentation, pouvoir et royauté à la fin du Moyen Âge. Actes du colloque organisé par l'Université du Maine les 25 et 26 mars 1994, Blanchard, Joël [Publ.]. Paris (1995), p. 253-278. 
    Murielle Gaude-Ferragu, D'or et de cendres : La mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge, Lille, PUS, 2005, p. 238sq.


    Sceau équestre de François II, duc de Bretagne


    François II (1458-1488). AVERS : + *FRAnCISCVS* DEI* GRACIA* - BRITOnV* DVX* R. Cavalier galopant à droite.

    REVERS : + *DEVS* In* ADIVTORIVm* mEVm* In* TEnDE* R*. Croix feuillue et tréflée accostée de quatre mouchetures d'hermine.
    [ Source ]

    Testament du duc François II
    (septembre 1488)

    À tous ceux qui ces présentes lettres verront & orront salut en NS. Pardevant moy Gilles de la Riviere vischancelier de Bretaigne, doyen de Nantes & archidacre de Rennes, protonotaire du S. siège Apostolique, en la présence des tesmoins souscripts, très haut, très excellent & très puissant prince François, par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne, Comte de Montfort, de Richemont , d’Estampes & de Vertus, gissant au lit de maladie & sain de pensée & mémoire, comme apparoissoit, considérant la instabilité de nature humaine, & que chacun est subjet à un tribut infaillible de mort corporelle, de sa certaine science & propos délibéré, voulut disposer par manière de testament & derniere volonté des biens que Dieu luy avoit donné au salut & remède de son ame & de ses amis vivants & trespassez, à l’onneur de la glorieuse Trinité, le Père, le Fils & le Saint Esprit, a fait sondit testament en la forme & manière qui enfuit. Premièrement il a recommandé son ame à Dieu, nostre Créateur, en priant la pretieuse Vierge Marie, les benoists saints & saintes de Paradis & singulièrement Monsieur saint François, donc portoit le nom, estre pour luy envers Dieu intercesseurs a impetrer pardon & rémission de les péchez. Item a ordonné que lors que l’ame de luy sera d’avec le corps séparée, ledit corps soit mis à sépulture ecclésiastique a l’Eglise du convent des Carmes de Nantes prés du lieu ou gist le corps de feue de bonne mémoire Marguerite, naguères duchesse de Bretaigne, première femme dudit testateur... [ source ]


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    C'est un constat un peu décevant mais objectif. L'histoire des chanoines réguliers en Bretagne - et de leurs confrères associés, les Prémontrés -, n'a guère été vraiment abordée par nos historiens. Pourtant leur implantation dans la péninsule reste remarquable avec d'importantes fondations. André Chédeville en a fait une excellente présentation dans son étude sur "Les chanoines réguliers augustins en Bretagne au XIIe siècle : des proto-mendiants ?", dans l'ouvrage collectif : Religion et mentalités au Moyen Âge, Mélanges en l'honneur d'Hervé Martin, PUR, Rennes, 2003, p. 133-144.
    Je me sens quelque peu concerné, l'abbaye Notre-Dame de Daoulas, sur laquelle je travaille depuis déjà quelques années, tient un rôle particulier dans ce mouvement canonial des XI/XIIe s. Au reste, son histoire a croisé à plusieurs reprises celle de Beauport. Un de ses grands abbés, Guillaume Le Lay (1468-1502), était issu des Prémontrés du Goëllo, dont il avait été le bailli. Au XVIIe siècle, le rapprochement des deux abbayes fut même envisagé (voir : Gaëlle Demanet, "Beauport et Daoulas : ou l'impossible union de deux abbayes (1677-1719)", dans les Cahiers de Beauport, 2006, 11, p. 4-13)

    Aussi l'initiative conjointe du Centre de Recherche Bretonne et Celtique de Brest et de l'Université de Toronto d'un programme scientifique doit être soulignée avec enthousiasme : Un scriptorium et son époque : les chanoines de Beauport et la société bretonne au Moyen Âge

    C'est dans le cadre de ce projet que se tiendra en 2013 le colloque international :
    BEAUPORT : UNE ABBAYE PRÉMONTRÉE AU MOYEN ÂGE
    UNIVERSITE DE BREST-ABBAYE DE BEAUPORT : 13-14 JUIN 2013

    Plus de 800 ans après sa fondation par le comte Alain de Goëlo en 1202, l'abbaye de Beauport, malgré les nombreuses vicissitudes qu'elle a connues, s'élève toujours fièrement face à la baie de Paimpol. Les chanoines qui la peuplaient ont depuis longtemps quitté les lieux, mais l'édifice n'a rien perdu de sa splendeur malgré l'effondrement des voûtes. Délesté de la végétation qui l'encombrait, consolidé depuis déjà plus de vingt ans, l'édifice longtemps oublié se restaure et s'offre de nouveau à l'admiration des visiteurs qui, à la suite de Prosper Mérimée au début du XIXe siècle, s'y pressent désormais en grand nombre.

    Le monument, toutefois, n'a pas révélé tous ses mystères ni dévoilé toutes ses richesses : artistique tout d'abord avec son impressionnante salle des ducs, archivistique ensuite avec les centaines de liasses de parchemins qui dorment encore aux archives des Côtes d'Armor, historiques ensuite, d'une histoire qui ne se limite ni au Moyen Âge ni à la vie conventuelle, mais s'étend jusqu'au XIXe siècle, spirituelle enfin, comme résidence d'une congrégation qui a desservi de nombreuses paroisses bretonnes.

    L'édition des actes médiévaux de l'abbaye assurée par une équipe de chercheurs franco-canadien commencée en 2012 a permis de collecter de nombreuses informations qui ont renouvelé l'histoire de ce lieu : histoire d'une fondation monastique, histoire d'une société d'aristocrates et de paysans qui gravitèrent autour de ce pôle économique, histoire d'une congrégation, celle des Prémontrés, peu étudiée pour la Bretagne, mais qui y a joué un rôle important, histoire mémorielle d'un site qui a impressionné au fil des siècles, écrivains et artistes. Ce sont tous ces aspects que l'on a voulu placer au cœur d'un grand colloque international qui se tiendra le 13 et 14 juin 2013 sur les lieux même qui ont accueilli les premiers chanoines.

    L’étude de ce site sera l’occasion aussi de mettre en parallèle l’organisation, les pratiques, les usages adoptés par les chanoines avec ceux des autres communautés installées en Normandie, Picardie, Nord…,une diversité des regards et des approches associant spécialistes d'histoire de l'écrit, archéologues, historiens, linguistes, historiens de l'art, nécessaire pour éclairer d’un jour nouveau l’histoire de ces communautés au moyen âge. Celles-ci peuvent se regrouper autour de trois articulations : 
    * une abbaye au miroir de ses sources au Moyen Âge
    * une abbaye prémontrée en Bretagne ( XIII-XVe siècle)
    * l’action des Prémontrés et des chanoines réguliers au Moyen Âge : rapport à l’écrit, encadrement des fidèles, aménagement de l’espace, liens avec l’aristocratie…

    Appel à communications
    Le colloque se tiendra à Brest et à Beauport, les 13-14 juin 2013.  Les communications pourront se faire en français et en anglais. Elles seront réunies et feront l’objet d’une publication. Vous pouvez nous envoyer vos propositions de communications à cette adresse. 
    Cédric Jeanneau - Claude Evans
    Université de Brest - CRBC-Université de Toronto

    Abbaye de Beauport
    Centre de Recherche Bretonne et Celtique (Brest)
    Université de Toronto
    Présentation du projet : Un scriptorium et son époque : les chanoines de Beauport et la société bretonne au Moyen Âge [ pdf ]



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