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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing
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  • 10/12/12--03:18: I N C I P I T


  • Ce blog, dédié au maître Léopold Delisle (1826-1910), est exclusivement (ou presque !) consacré au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Toutes informations sur le sujet seront appréciées. N'hésitez pas à publier vos commentaires et à soumettre vos avis.
    This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing. All information on this subject is welcomed : please feel free to add commentaries and give your opinion.
    Jean-Luc Deuffic - Partie anglaise : Kate Maxwell
    Contact : pecia29@orange.fr /// Site web

    [ Illustration : Cambrai BM, 620 . © Institut de recherche et d'histoire des textes - CNRS

    L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L

    PECIA : Le livre et l'écrit

    Edition : Brepols Publishers (Turnhout)

    Le nouveau site de la collection périodique PECIA LE LIVRE ET L'ECRIT [lien]
    The New website of the journal PECIA LE LIVRE ET L'ECRIT [link]

    DERNIERS VOLUMES PARUS
    Pecia. Le livre et l'écrit, 7 (2009) :
    Notes de bibliologie. Livres d’heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (XIVe-XVIe s.)


    Pecia. Le livre et l'écrit, 13 (2010) :
    Du scriptorium à l'atelier. Copistes et enlumineurs dans la conception du livre manuscrit au Moyen Age

    Pecia. Le livre et l'écrit, 14 (2011) :
    Texte, liturgie et mémoire dans l'Église du Moyen Âge

    Voir nos sites :
    -- Manuscrits médiévaux et marques de provenance
    -- La bibliothèque de Rohan Soubise : Essai de reconstitution d'une collection de manuscrits médiévaux

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    L'incontournable plateforme Gallica vient de mettre en ligne un exemplaire du traité d'hippiatrie de Jean de Feschal (Paris, BnF, NAF 28881). Écrit en gothique bâtarde (fin XVe s.), d'une seule main, ce manuscrit de 68 f. (320 x 240 mm) comporte une illustration abondante, relative à l'embouchure des chevaux, avec 160 dessins de mors faits à l'encre bistre et aquarellés en bleu.



    L'auteur de ce traité désigné au f. 2v (et fut recoeilly et fait cedit livre par messire Jehan de Feschal, chevallier), devise : Rien qui ne l'a (f. 1, avec le toponyme "Marboué") et porte comme armes: écartelé aux un et quatre vairé et contrevairé d'argent et d'azur à la croix étroite de gueules, aux deux et trois de gueules au lion d'or armé et lampassé d'azur, à la bordure d'or ( f. 8).

    armes.jpg

    Au f. 1, on a noté une épitaphe :

    Le XIeme jour de janvier mil cent cinq cent trente et ung alla de vie a trespas messire Christoffle du Bouys Geneur, capitaine general des ffrancs archiez en l'esvesché de Saint Malo et capitaine de Comper, et fut ensepulturé ledit chevalier en l'esglise de Panpont. Dieu luy face pardon. Amen.

    Le personnage en question ayant posé problème à l'auteur de la notice BnF, le concours de mes amis de la liste Noblesse Bretonne, et plus particulièrement la perspicacité de Jean Brogilos, nous a permis d'identifier précisément le chevalier inhumé en 1531 à l'abbaye de Painpont. Il s'agit de Christophe Du Boisguéhenneuc, fils de François Du Boisguéhenneuc, chevalier, seigneur du Cleyo, de la Villéon, de Brignac, de La Ville-Rio (ca 1446- ca1500) et de Jeanne des Grées, demoiselle de La Ville Rio en Augan (+1513). On trouvera des éléments généalogiques sur l'arbre en ligne d'Arnaud du Boisguéheneuc.


    Abbaye de Painpont

    Jean de Feschal, Traité d'hippiatrie, Traité d'embouchure. Paris, BnF, NAF 28881. Numérisé sur Gallica.

     

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    La mise en ligne récente sur GALLICA d'un livre d'heures à l'usage de Rome, avec une devise répétée à l'infini, D'AMY DELOYAL PAS NAY CVRE, m'a conduit à en rechercher le propriétaire.
    Ah, merci "Google Books" ! J'imagine que Léopold Delisle aurait apprécié ce bien utile instrument de travail ... De ce fait, ma recherche ne fut pas longue et me conduisit à une petite étude parue dans le Bulletin de la Société archéologique de Touraine (1940, p. 459-460) avec la description d'un jeton anagrammatique de toute rareté, celui de Nicolas (ou Nicole) de La Primaudaye, alors marié en secondes noces à Marie de Morvilliers.



    D'AMY DELOYAL PAS NAY CVRE est bien l'anagramme de NICOLAS DE LA PRIMAUDAYE

    Armes de La Primaudaye : d'après les généalogies des familles orléanaises, par le chanoine Hubert : D'azur, semé de fleurs de lys d'or, à un pied de griffon de même posé en fasce et sur le tout un écusson chargé d'un besant d'or; d'après d'Hozier : Semées de France, à l'escu d'or en abîme, traversé d'une patte d'or de griffon, chargé d'un tourteau de sable sur le tout.

    Jeton d'Antoine de La Primaudoye (fils de Nicolas), Général des Monnaies. Paris. s.d. (1543-1547). [source]

    Ainsi, notre élégant livre d'heures (Paris, Bibliothèque nationale de France, Arsenal, Ms-1188) fut certainement commandité par Nicolas de La Primaudaye, descendant d'une famille originaire de Bretagne, plus exactement de la région de Pontivy : Jean de La Primaudaye avait été trésorier général de Bretagne*; Jeanne de la Primaudaie, abbesse de S. Georges de Rennes en 1534, ...

    Nicolas de La Primaudaye, écuyer, conseiller secrétaire du roi, épousa en premières noces Jeanne Berthomier, et en secondes Marie de Morvilliers. Il fut l'ami de Thomas Bohier (1465-1524), trésorier général des finances, le mécène de Chenonceau :

    maistre Nicole de la Primaudaye, notaire et secretaire du Roy nostre sire, seigneur de La Barrée, ou vivant de feu messire Thomas Bohier, chevalier, sr de Chenonceau, general de France, il estoit son ser[viteur], amy et familier (Paris, AN, MC/ET/XXXIII/13 , f. 188, 5 août 1528) 


    Thomas Bohier.  Source.


    © Paris, BnF, Arsenal 1188, f. 17

    f_16.jpg
    © Paris, BnF, Arsenal 1188, f. 16

    F. 1. Calendrier en français F. 7. Péricopes évangéliques. F. 11v. Passion selon S. Jean F. 17. « Hore beate Marie virginis, secundum usum Romane ecclesie » F. 55. Les sept psaumes et les litanies. Dans les litanies : S. Louis et Ste Anne F. 64. « Vigilie mortuorum » F. 81. « Suffragia plurimorum sanctorum et sanctarum » F. 93. « Plusieurs devotes oraisons à la vierge Marie » F. 102v. Diverses oraisons latines F. 113. « L'examen de conscience pour congnoistre à bien se confesser, composé par maistre Jehan Quentin, pénitentier de Paris » ; en français [...]
    De la bibliothèque de M. de Paulmy.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550098895

    * Sur Jean de La Primaudaye, voir Dominique Le Page, Finances et politique en Bretagne au début des temps modernes, 1491-1547, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Paris, 1997, p. 416-417 et p. 538 : "il faut signaler le recrutement de Bretons soit comme officiers, soit comme membres de l'hôtel royal. La monarchie a su se montrer accueillante pour tous ceux qui désiraient la servir, à quelque degré de la noblesse qu'ils appartinssent. Cela a été vrai pour des gentilshommes en quête de fortune comme Jean de La Primaudaie, originaire de la région de Pontivy, signalé comme secrétaire du roi en 1470".

    Antoine de la Primaudaye, fils mineur de Nicole de la Primaudaye, et de Jeanne Barthomier, comme petit-fils des défunts Pierre Barthomier, seigneur d'Olivet, et Antoinette de Gannay, sa femme, morte le 28 septembre 1522, reçut de ces derniers 1/5e de leur succession, dans laquelle on remarque :

    Unes Heures en parchemin, enlumynées, à lectres d'or, deux fermouers d'argent doré, garnys de deux tringles d'or, avec troys petis boutons de petites perles, VIII l. t.
    deux livres en papier, l'un des Evangilles, en francoys, et l'autre intitulé Frere Jehan de Vigny ...
    ... Troys livres en papier, l'un l'Ordinaire des crestiens, l'autre la Vie des Peres, et l'autre le premier volume du roy Charles le Quinct.
    ... Ung grant livre, en parchemin, des Euvres de Seneque ...
    Unes petites Heures, en parchemin, à ung fermouer d'argent doré ..., unes vielles Heures, en papier ..., ung grant livre, en papier, lectre d'impression, appellé Ovide, de Methamorphoses, et ung autre livre, en parchemin, commencant : 'Reges intelligite'...
    ... Ung Messel, en papier, lectre d'impression, à l'usaige de Paris.
    Deux paieres d'Heures, en papier, lectre d'impression, à l'usage de Paris.
    (Ernest Coyecque, Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs au XVIe siècle [étude XXXIII], t. I, 1498-1545 [3608 actes], Paris, 1905, p. 56, notice n° 261)



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    David T.  Gura, conservateur des manuscrits anciens et médiévaux à la Bibliothèque Hesburgh et professeur adjoint à l'Institut médiéval de l'Université de Notre Dame, a récemment mis en avant un livre d'heures breton du Vannetais, démembré, pour lequel il s'attache à retrouver tous les fragments. Travail louable qu'il faut signaler : la Bretagne lui en est reconnaissante.

     
    (c) Univ. of Notre Dame, Hesburgh Library, Frag. III.1 fol. 49r.

    Hour by Hour: Reconstructing a Medieval Breton Prayerbook. Snite Museum of Art, University of Notre Dame (January 18–March 16, 2015). Review with video: http://www.medievalists.net/2015/04/08/a-broken-book-of-hours-saving-a-medieval-manuscript/. Digital companion: http://hour-by-hour.snitemuseum.org/

    David T. Gura nous annonce la publication en novembre prochain de son monumental Descriptive Catalogue of the Medieval and Renaissance Manuscripts of the University of Notre Dame and Saint Mary's College.
    Après une introduction sur l'histoire de la formation de ces collections, David T. Gura nous présente un catalogue innovant où il décrit les 288 manuscrits médiévaux et renaissants conservés à l'Université de Notre Dame (Bibliothèque Hesburgh et Snite Museum of Art) et au Saint Mary’s College, manuscrits reliés, feuillets et fragments, de la fin du XIe au XVIe s.: bibles, livres d'heures, calendriers, textes liturgiques, etc. Tous ces manuscrits bénéficient d'un traitement critique approfondi et d'une description scientifique très poussée. On y trouve ainsi  pour chaque notice des éléments paléographiques habituels dans ce genre d'ouvrages, des informations, entre autres, sur les types d'écriture, l'historique des possesseurs, la reliure, et bien entendu toutes les références bibliographiques utiles.  
    Bibliothèques, collectionneurs de manuscrits, chercheurs travaillant sur les manuscrits médiévaux et renaissants trouveront de quoi s'enrichir dans ce catalogue exemplaire.



    University of Notre Dame Press
    ISBN: 978-0-268-10060-5
    648 pages
    Année de publication: 2016

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    Parmi les membres de la famille BLONDELET, "une honorable famille tourangelle dont certains ont assumé des charges importantes aux XIVe et XVe siècles", figure Jehan Blondelet, préchantre de Tours en 1440, chancelier en 1456. C'est lui qui fut conseiller et procureur de René d'Anjou (1409-1480) en cour de Rome, et c'est à lui probablement que l'on doit associer plusieurs manuscrits dispersés :  
     

    (c) London, British Library, Harley 4985, f. 2

    Berlin, Deutsche Staatsbibliothek, ms Phill. 1883 (J)
    . Compendium historiae Hierosolymitanae. Parchemin. Début XIVe s. Mention XVIe s. au f. 109 : Iste liber est de libris patris mei Petri Blondelet". Ancien Clermont 654 [ Lien ]

    Harley 4985. Tobias, Judith, Ruth, et les Proverbes avec la glossa ordinaria. Parchemin. 125 + IV f. 250 x 165 (170 x 85) mm.  Note au f. 125 : 'Hunc librum emi Basilee a librario publico prope fratres minores. Blondelet'. Collège des Jésuites de La Flèche : 'Col. Flex[iens] Soc. Jesu Cat...' (f. 2). Donné par le recteur du collège à Nicolas Foucault le10 Septembre 1706 (note de la main de Foucault au f. 1).[ Lien ]

    Leiden, UB, BPL 89. Epitoma historiarum Philippicarum Pompei Trogi / Marcus Junianus Justinus - Parchemin, 76 f. 280 x 115 (187 x 109) mm. f. 74r : "Peregi ego Pucciarellus hoc opus die vigesima secunda augustin 1352 Indictione nona de quo sospitatis auctori gratie referantur." - "Hunc librum emi Rome precio ducatus unius cum dimidio. Blondelet." (XVe s.) Description catalogue : [ En ligne ] [ Lien ] Volume ayant appartenu à Paul Petau : K. A. De Meyier, Paul en Alexandre Petau, Brill, 1947, p. 54-55 [ En ligne ]
    Colophons, 16206 [ En ligne ]. L. Reynhout, Formules latines de colophons, Brepols, 2006, p. 225.
     
    Paris, BnF, Lat. 350A. Bartholomaeus Anglicus, De proprietatibus rerum. XVe s. Papier. 362 f. 320 x 230 mm. "Finito libro sit laus et gloria Christo, ferrarie, ultima mensis februarii 1437". "Hunc librum feci scribi Bononie, dum illic essem. Blondelet."

    Paris, BnF, Lat. 4911. "Hic finit opus Ricobaldi Ferrariensis Excellentis historiographi quod scriptum fuit Rome die xxviia mensis decembris anno christi Millesimo ccccmo tricesimo Tercio" (1433). Puis : "hunc librum feci scribi Rome ut supra Blondelet./ et extrahi ab exemplario domini blanciardini./ quod fuerat N. perrigaut*. Blondelet".
    Gabriele Zanella, Riccobaldo da Ferrara. Pomerium Ravennatis ecclesie, 201 [ En ligne ]
    F. Bertolli, "La Biblioteca Capitolare di S. Giovanni in Busto Arsizio…", dans  AA. VV.  Ricerche storiche sulla Chiesa Ambrosiana, II, Milano 1971 (Archivio Ambrosiano 21), p. 398 n. 9 ; F. Bianchi, Une recherche sur les manuscrits à cahiers mixtes, dans Scriptorium, 48, 1994, 2, p. 259-286. CH. Samaran et R. Marichal, Catalogue des manuscrits en écriture latine portant des indications de date de lieu de copiste, II, Paris, CNRS, 1962, p. 243 et pl. XCIV.
    * Doyen de la cathédrale d'Angers en 14222/1424.

    Pour les autres membres de la famille BLONDELET voir ici.


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    Nous avions relevé dans nos Notes de bibliologie (Brepols, 2009, p. 42 note 14), un passage de la Revue historique de l'Ouest (1892, p. 258), relatif à une exposition ayant eu lieu au pavillon des Halles de Vannes (Bretagne), laquelle présentait un « Livre d'heures venant de l'évêché (de Vannes), Livre d'heures de l’Office de la Vierge, embelli de fines miniatures représentant la Nativité, l’Adoration des Mages, la Fuite en Egypte, etc., et d'encadrements formés d'entrelacs et de rinceaux variés, avec les devises du possesseur, allant se répétant à chaque page : Faulte d'avis ; En passant temps ; Amis sont ; et les armoiries : de gueules à 6 écussons d'or, posés : 3, 2 et 1», qui sont bien celles des Mathefelon.
    J'avais alors précisé que ce manuscrit semblait introuvable...
    Comme en la matière rien n'est vraiment jamais impossible, nous apprenons qu'une vente se déroulera au château d'Artigny à Montbazon le 12 juin 2016 (expert: J. Paul Veyssière). Au catalogue est inscrit, sous le lot 110, : "LA FUITE EN EGYPTE. Peinture sur vélin extraite d'un livre d heures". La description ne fait aucun doute, il s'agit là d'une enluminure tirée de l'ancien manuscrit de l'évêché de Vannes... 


    La Fuite en Egypte. Armes des Mathefelon. (c) Catalogue ROUILLAC

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    Devises des Mathefelon. (c) Catalogue ROUILLAC

    223 x 168 mm. Provenance : manoir de la Roche-Musset, Cinq-Mars-la-Pile.

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  • 05/23/16--23:06: Livres d'heures de mai 2016
  • Quelques livres d'heures mis en vente prochainement:

    Vente FERRI & Associés du 27 mai

    Lot 22. HEURES selon l'usage de Rouen]. Manuscrit en latin sur vélin, c. 1460. 13 miniatures.
    Catalogue Ferri;

    Vente Fraysse du 31 mai

    Lot 115. Heures à l'usage de Bourges. 112 f. 9 miniatures. Atelier de Jean Colombe, ca 1485/1490.


    Catalogue Fraysse ;

    Lot 116. Heures de Claude Flairiawe (= à mon avis ce nom est douteux. jld). Amiens, 1490, sous influence rouennaise par Robert Boyvin. 166 f. 27 miniatures.
    Voir Tenschert: No. 25: Leuchtendes Mittelalter. II : Sechzig illuminierte und illustrierte Manuskripte des Mittelalters und der Renaissance …
    (n° 56) ; No. 36: Leuchtendes Mittelalter I-VI, 1989-1994: Fazit 1996 (n° 51)
    a_mai_heures_boyvin.jpg
    Catalogue Fraysse;

    Lot 117. Heures de Roucy. Par un contemporain d’Estienne Collaud. Brüges, vers 1530-1540. 176 f. 34 miniatures : celle de l’Éducation de la Vierge représente le seigneur de Roucy, commanditaire de l’ouvrage, agenouillé, en armure portant une tunique à ses armes, le heaume posé à ses pieds, lesquelles armes sont répétées en bas de la miniature.
    Déjà passé chez Sotheby's : Catalogue: Western and Oriental manuscripts and miniatures. 1965/12/13 (le donne de Reims ?) ; Tenschert : No. 27: Leuchtendes Mittelalter. III : Das goldene Zeitalter der Burgundischen Buchmalerei 1430-1560 ; sammlung Carlo Poortere, 1991 (n° 4) ; No. 36: Leuchtendes Mittelalter I-VI, 1989-1994: Fazit 1996 : die noch verfügbaren Manuskripte, 1996 (n°67).

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    Catalogue Fraysse;


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    © Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 3072

    La Bretagne (historique) s'enrichit régulièrement de nouvelles numérisations. Ainsi, la Bibliothèque municipale de Nantes s'emploie pleinement à promouvoir ses richesses patrimoniales sur la toile, trésors parfois méconnus du grand public (et même de certains spécialistes). Nous avons à plusieurs reprises fait référence à la précieuse bibliothèque des Oratoriens qui a fourni aux collections nantaises des manuscrits de grande valeur, actuellement sous la garde de Marion Chaigne, conservateur, laquelle a déjà participé à l’élaboration de la bibliothèque numérique de Sainte-Geneviève (Paris).

    Ce post n'abordera que quelques livres d'heures sur lesquels nous travaillons pour notre future publication : même modestes ils révèlent souvent des parcours inattendus ...

    À tout seigneur, tout honneur, quelques mots sur les superbes Heures de Montbéron (ms. 3072). Nous y avons remarqué un petit texte, semble-t-il inédit, reflet de la poésie des Grands Rhétoriqueurs, avec l'emploi de termes assez significatifs de leur style : olympicque, pluthonicque, deificque, etc, faisant penser aux oeuvres des Molinet (+ 1507), Gringore (+ 1539), et même de Clément Marot (+1544), auteur du « Par toy fuyons le regne Plutonique », etc

    « Le filz de Dieu du hault mont olympicque
    Par charité qui son joli cueur picque
    A rapaisé lire de Dieu son pere
    Et pour Adam a souffert mortamere
    Le delivrant du resgne pluthonique
    Dame au seigneur Tant magnificque
    Plut en ton corps faire ung temple deificque
    Pour reposez comme au ventre sa mere
    Le filz de Dieu »

    Probablement ces vers ont-ils été écrits du temps de Jacques de Montbéron, seigneur de Miré, de Chartres et d’Avoir, décédé en 1542/1543. Il avait épousé Louise Goheau, dame de Souché et des Jamonnieres, fille de François Goheau, seigneur de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, et de Françoise Hamon, nièce de l'évêque de Nantes. En fait, le livre d'heures en question, exécuté vers 1420, pourrait provenir à l'origine de ces Goheau.

    Louise Goheau a fait peindre ses armes en fin du volume. : Parti au premier, coupé fascé d'argent et d'azur (de Montberon), et de gueules semé de trèfles d'or, à deux bars adossés de même (Clermont-Nesle), au second d'argent, à trois trèfles de gueules (Goheau).
    François, seigneur de Monberon, de Maulévrier et d'Avoir, épousa le 28 mai 1403 Louise de Clermont, vicomtesse d'Aunay, d'où les armes de Clermont.


    © Bibliothèque municipale de Nantes

    Par la suite, Hector de Montbéron, fils de Jacques, inscrivit sur le manuscrit les naissances de ses enfants, qu'il eut avec sa seconde femme, Radegonde de Noyelles :

    Le quatorziesme jour de septambre mil / cincq cens quatre vins sept René de Montberon / filz de Hector et de Ragonde de Noielle fut / né a dix heures du soir.

    Nota que le jour de Nouel mil cinq cens quatre vins / huict Hector de Montberon fut né a dix houres du soyr / un dimanche »
    « Louis de Montberon fut né le vint yesme jour de janvyer a deulx heures apres minuit / lan mil cinq cens quatre vint dix »

    Nota que le dixneuf / yesmme jour de decembre / mil cincq cens quatre / vins troys [Adrienn]e de / Montberon fut nee a dix / heures du matin.

    Concernant la provenance de ce somptueux manuscrit, nous avons relevé la présence sur la garde de reliure, de l'ex-libris armorié des Verdier de Genouillac, qui ont conservé la célèbre devise du fameux Galiot de Genouillac (1465-1546) : J'AYME FORTUNE.




    Sur cette famille, voir : Henry DU VERDIER. Une famille à travers cinq siècles. La famille du Verdier et du Verdier de Genouillac, Paris, 1987 

    L'émotion nous gagne avec le manuscrit 19 de la BM de Nantes (col. des Oratoriens). En effet, plusieurs notes d'un ancien possesseur nous rappellent l'importance du livre d'heures à toute époque, livre gardé précieusement dans les familles, souvent pendant plusieurs générations. Celui-ci porte la marque d'un petit écolier de Nantes, alors à peine âgé de 12 ans et orphelin de père, Jean BUROT, qui se dit "bon enfant". Il note en 1612, et à plusieurs reprises, son nom en lettres capitales:


    © Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 19

    Ce Jean Burot, né le 10 novembre 1600 à St Nicolas de Nantes, est le fils de Guillaume (1567-1610), marchand de la ville, et de Guillemette Langlois (+ 1615). Il épousera le 28 août 1622, à Nantes, Anne Tourayne (1604-1685), fille de François Joseph, sieur de la Brunière (1578-1623) et de Marguerite Luzeau, et décédera dans la vieille cité ligérienne le 27 février 1659 (source : Gerard Vinouse, d'après registres paroissiaux).
    Noble homme Jean BUROT sieur du Pé, bourgeois à La Fosse de Nantes, fut nommé échevin de la ville en 1658. "Marchand très combatif, il mène la lutte en 1630 contre la concurrence de la colonie portugaise" (Guy Saupin, Nantes au XVIIe siècle, PUR Rennes, 1996, p. 229, 230, 328).

    Le parcours du livre d'heures, manuscrit 20, me parait tout à fait intéressant et nous instruit sur la circulation des manuscrits en Bretagne. En effet, ce n'est pas une production locale (et n'est donc pas à l'usage de Nantes). Les litanies sont plutôt flamandes (s. Amand, Ghertudis, Amelberga). La décoration et l'écriture ont un caractère méridional, et nous orientent vers l'Espagne. Josefina Planas, de l'Universidad de Lleida, que je remercie ici pour son aide, m'indique que le manuscrit a pu être exécuté en Castille, peut-être vers le milieu du XVe siècle. De plus, une main (antérieure à celle du texte principal, XVIe s.?) a noté, en fin d'ouvrage, quelques lignes en vieil espagnol (castillan ancien) (et non en Breton, comme l'affirme l'ancien catalogue) : "Dyze santo Agustyn que es imposible ser condenado qyen la sygyente oracion rezare cada dya" ("Saint Augustin dit qu'il est impossible que quelqu'un soit condamné s'il prie chaque jour l'oraison suivante). Je suis redevable de cette transcription à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela).



    Peut-être ce livre d'heures est-il arrivé par le grand port marchand de Saint-Malo? Est-il passé avant par les anciens Pays-Bas ou a-t-il été en usage dans la communauté flamande d'Espagne? 


    © Bibliothèque municipale de Nantes. Ms 20


    Dès le tout début du XVIIe, en 1602, le manuscrit se trouve entre les mains du recteur de Bourseul (Côtes d'Armor): Jean DIVEU. Nous savons que celui-ci fut par la suite nommé dans une autre paroisse des environs, à La Landec, où on trouve sa signature sur un des registres paroissiaux, en 1630, au baptême de Jean Amiot : « par moy Don Jan Diveu recteur de laditte paroisse ». Jean Diveu fut inhumé à Plélan-le-Petit, le 11 avril 1634.


    © Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 20

    Nous n'avons pas encore découvert comment ce livre d'heures est advenu dans la famille de Trevelec. Le nom de Jean de Trevelec s'y trouve.
    Il serait tentant de voir sous ce nom celui de Jean de Trevelec (1594-1639) marié à Anne Martel, dame de La Salle-Patissière. — Le 26 novembre 1639, fut inhumé Jean de Trevelec, écuyer, sieur de Penhouet et de la Paticière, dans l'enfeu de la Paticière (église Saint-Hermeland de Saint-Herblain). Le curé Chupaut a ajouté :

    « Ce bel esprit, non plus que le soleil, 
    N'a pas laissé au monde son pareil, 
    Et ceux qui ont cogneu son excellence 
    Regretteront à jamais sa présence.
    Partant, lecteur, pour ce bon trépassé, 
    Dis avec moi : Requiescat in pace. » 

    Quelques décennies plus tard une main a noté les naissances des enfants de Mathieu de Trevelec (un frère de Jean) et de ses deux épouses, Jeanne Legal (X 1629) et Julienne Bourdic (X 1642) pour finir par une humble prière:

    Le 16 octobre 1641 deseda Janne / Legal dame de Trevelec, agéé / seullement de 28 ans, premiere fame / de messire Mathieu de Trevelec sgr / dud. lieu et laissa six (« cinq » barré) enfans savoir / Jan Marie Yves Claude  autre. Yves / et Fransois et Charlotte a presant religieuse / lad. dame fut enterée en leglise dher[bign]ac

    Le 19e janvier 1657 deseda Julienne / Bourdic segonde fame dud. seigneur / de Trevelec agée de 48 ans et fut / enterrée en leglise S. Aubin de Guerande. Elle laissa 4 enfans / de ce mariage; savoir Jacques / Guillemette, Magdelaine et Pellagie
    Prions Dieu pour eux/
    Eternellemant /
    Amy lecteur sy tu testonne
    Qu'on recommande ses personnes
    A toutte la posterité
    Enquiers toy de leur hault meritte
    Car cette ligne est trop petitte
    Pour despaindre tant de bonté

    Nous terminerons ce post avec le manuscrit 21, un livre d'heures de moyenne facture, malheureusement mutilé de ses grandes peintures, celui-ci d'origine bretonne, à l'usage de Nantes. Ayant fait partie des collections du couvent des Minimes de Nantes, il est présenté comme venant d'Anne de Bretagne: peut-être même a-t-il été exécuté pour le duc François II (+ 1488). Certaines initiales portent des mouchetures d'hermines ou des fleurs de lys (f. 44v, 57, 121, etc.); au f. 49, en marge, un porc-épic; sur d'autres marges, la fameuse cordelière.


    © Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21.

    Un des possesseurs de ce manuscrit, au XVIIe siècle, y a laissé son nom, au f. 2v,  Jean Philloux prebstre / de Toussains sur / les Ponst, et au f. 178v : Jan Philloux.
    Nous avons retrouvé trace de ce prêtre dans le plus vieux des registres de l'aumônerie de Toussaints de Nantes. Le malheureux fut inhumé le 13 novembre 1605 dans le cimetière de l'hôpital de l'Anerie, fondé en 1572 « pour y établir les malades pestiférés ». Le registre précise bien « Mre Jean Philloulx, chapelain d'une chap[el]le de Toussaincts, enterré au cymityere de la Sancté appelé l'Asnerye estante au bas de la Fosse de Nantes. » (Nantes, AM, GG. 484).
    L’aumônerie de Toussaints de Nantes se trouvait sur les ponts « seize en Bièce, sur le chemin par où l'on vat de Nantes à Pirmil » ( fondation le 27 avril 1362 par Charles de Blois et son épouse Jeanne de Penthièvre, pour les pèlerins qui se rendent vers Saint-Jacques-de-Compostelle).


    © Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21

    Ce livre d'heures fut, au XVIe s. aux mains d'une famille de marchands nantais, les BIZEUL, plus exactement de Mathurin Bizeul et Perrine Lesage. Mathurin fut un temps installé à Bilbao, logé chez le négociant Ochoa Lanier (1563).

    Remerciements à mon amie Cynthia J. Brown (University of California), à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela); à Josefina Planas, Universidad de Lleida; à Claire Sicard (https://clairesicard.com/); Erik Kwakkel; Peter Kidd; Dominique Vanwijnsberghe; François du Fou; Alberto Velasco Gonzàlez ...

    Lien vers les livres d'heures numérisés de la Bibliothèque municipale de Nantes


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    J´AIME TANT FORT UNE - Stundenbuch Charles VIII : c'est le sublime titre du beau livre qu'Ina Nettekoven nous prépare pour la rentrée prochaine...


    Source : Hirmer

    Ina Nettekoven m'ayant récemment conduit vers un des nombreux livres d'heures de la Bibliothèque de l'Arsenal, le ms. 1181, des anciennes collections de M. de Paulmy, j'ai été quelque peu intrigué, en consultant la notice qui lui était consacrée, de la lecture des armoiries qu'il porte au f. 38 : "d'hermine plein. On retrouve ces mêmes armoiries dans la bordure du folio 29 vo, et dans l'initiale du folio 85".
    Au premier coup d'oeil, j'ai pu juger qu'il ne pouvait s'agir d'hermine, mais de quelque chose ressemblant à une étoile à quatre branches. En définitive, nous sommes ici en présence d'un meuble héraldique assez peu courant : le chausse-trape (voir wikipédia). Aussi, les armoiries du ms. 1181 doivent-elles être lues : D'argent, semé de chausse-trapes de sable.
    Ces armes sont celles de Robert de Guettevile, nommé greffier le 16 avril 1454, quand la Chambre des Requêtes fut réorganisée (Paris, An, X1a 1483, f. 151, 153 ; X1a 8505, f. 150v), puis, entre 1463 et 1490, conseiller lai au Parlement de Paris. Il épousa Jeanne Amiart, dont: Guillemette (épouse Jean Hurault), Marie, Léon ? qui lui succéda au Parlement. Fondateur de la chapelle Sainte-Geneviève à Saint-Nicolas des Champs (20 juillet 1490; offre un calice d’argent), il y fut inhumé.
    Sur ses armes voir la fiche BIBALE / IRHT:


    BIBALE / IRHT http://bibale.irht.cnrs.fr/php/f.php?t=3793

    Biblio : Prosopographie des gens du Parlement de Paris, éd. M. POPOFF, 1996, t. I, p. 627 ; DUPONT-FERRIER (G.). « Les avocats à la Cour du Trésor... », B.E.C., t. 97, 1936, p. 79 ; MAUGIS (É.). Histoire du Parlement, t. III, 1916, p. 110

    La reliure en maroquin, semée de marguerites, du manuscrit 1181, porte sur ses plats : « Jehan de Sermoise. — Françoise Planson. ».
    Ce couple est attesté à la fin du XVIe siècle du côté de Saint-Germain-en-Laye : le 21 septembre 1592, Jeanne Raffron, veuve de Guillaume Planson, demeurant à Saint-Germain en Laye, fit donation sous certaines conditions à Françoise Planson, femme de Jean de Sermoise, sa fille de tous les biens meubles et immeubles qui lui appartenaient ou qui pourraient lui appartenir (Paris, AN, Y//134, f. 38v) .

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    Nous avons le plaisir d'annoncer la mise en ligne d'un nouveau site dédié aux manuscrits du château d'Anet, la célèbre demeure de Diane de Poitiers [ lien ]

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    Dispersés en 1724, on les retrouve aujourd'hui dans plusieurs bibliothèques importantes d'Europe et des USA. Une paraphe particulière permet de les reconnaître :


    (c) Paris, BnF, Fr. 370

    Il apparaît aujourd’hui qu’aucun de ces ouvrages n’a appartenu à Diane, « les manuscrits de la maîtresse royale avaient quitté, probablement avant même le passage aux Vendôme, le château d’Anet » (François Avril).
    C'est aussi le lieu de dire que les pages publiées sur ce nouveau site doivent beaucoup aux renseignements de Monsieur François Avril, ancien conservateur général du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, qui connait depuis longtemps les manuscrits d'Anet et sur lesquels il a amassé une importante documentation.
    Mon premier objectif est de présenter cette collection assez remarquable, dont il semble bien qu'un noyau important provienne de l'éclatement de plusieurs bibliothèques bretonnes, entre autres celles de Tanguy du Chastel et de Jean de Laval, seigneur de Châteaubriant.

    Les manuscrits du château d'Anet


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    Le nom des Busnel reste attaché à l’histoire de Rennes. Cette famille qui a donné, entre autres, deux connétables à la capitale bretonne, portait comme armes : d’argent à un épervier au naturel, longé et grilleté d’or, sur un ecot au naturel.



    Le plus connu, Charles Busnel, sieur de la Retardaye, baptisé le 18 avril 1529 dans l’église Saint Martin de Cesson, était le fils de Jehan Busnel et Julienne Gérard. Avocat au Parlement de Bretagne (1559), procureur des bourgeois de Rennes (1559-1568), député aux États tenus à Vannes en 1567, conseiller au siège présidial de Rennes (1568), il obtint, avec son frère Julien, du roi Henri IV, en mars 1592, des lettres patentes qu'ils firent enregistrer l'année suivante et qui leur permettaient d'acquérir tous les titres de chevalerie et de mettre les armoiries de leur bonne et ancienne maison où bon leur plairait.
    Charles épousa Michelle Chouart qui lui donna au moins huit enfants, parmi lesquels Nicolas, également connétable de Rennes en 1607, pensionnaire du Roi en 1624, nommé chevalier de l'ordre du Roi, le 19 octobre 1637, et reçu, le 19 décembre suivant, par le maréchal de Brissac. Il fit ses études à Angers où il obtint sa licence. Mais Nicolas fréquenta-t-il aussi l’Université de Leyde pour y étudier le droit? C'est là qu'il aurait alors rencontré Gilles de Glarges (1559-1641), vers 1580/1585, comme en témoigne sa signature sur le Liber amicorum du juriste :
    Nicolaus Busnel Retardaye Armoricus
    (Den Haag, KB : 74 J 14)


    Source

    Il semble bien qu'il faille reconnaître aussi le nom de Nicolas sur un manuscrit turc de la Bibliothèque nationale de France, traitant des cinq points fondamentaux de la jurisprudence musulmane (شرايط الاسلام. Paris, BnF, Turc 15, numérisé sur Gallica), rédigé en février 1596 :
    La Retardaye / connestable de Rennes




    Nicolas Busnel, dont on ignore la date de décès, épousa à Saint-Etienne de Rennes Perrine le Boulanger, dont elle eut un fils prénommé Charles, puis le 29 octobre 1640, Françoise Julienne, fille unique de noble Guillaume Julienne et de Bertranne de Thierry, seigneur et dame "des Chappellais et de la Ripvière" (Registres paroissiaux) :



    Le nom de Charles (fils de Nicolas) se retrouve sur un très beau livre d'heures, aujourd'hui conservé à Bloomington (Indiana University, Lilly Library, ms. 30) :
    Ce livre est et appartient à Escuyer Charles Busnel, sieur de la Retardaye, 1645.


    Source et description : - Digital Scriptorium -

    Charles Busnelépousa Julienne Simon, Dame du Bois-Paris, et décéda à Cesson-Sévigné le 31 mai 1661.
    Il semble bien que le livre d'heures passa dans une autre branche des Busnel avec Henri-Jacques-François Busnel (1774), chevalier, seigneur de Montoray et du Bouëxic, qui lui descend de Julien Busnel, seigneur de La Méraudière (+1593) et de Françoise Riou.

    Sources : Base Noblesse Bretonne - Roglo -
    Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. VIII. Bus-Cas. - 1909 / par C. d'E.-A. [Chaix d'Est-Ange], p. 2-5.
    PS: la généalogie de cette famille n'est pas établie avec certitude.

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    Vente du 21 octobre 2016 : SCP PICHON & NOUDEL-DENIAU - 31 Boulevard d'Alsace - 06400 Cannes - 

    LIVRE D’HEURES À L’USAGE D’ORLÉANS. France, Rouen et Paris, 1470 – 1490. Latin & Français
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    L'éminent Raoul le Breton, originaire de Ploudiry (Finistère, Bretagne), sera bientôt de nouveau à l'honneur avec la publication par G. Wilson, de ses Quaestiones super Priora Analytica Aristotelis (http://upers.kuleuven.be/nl/book/9789462700864).
    A vrai dire, l'homme n'est pas très connu sur ses propres terres, et cela reste bien dommage !
    Quoiqu'il en soit, notre billet concerne un de ses manuscrits, aujourd'hui à la British Library: le Harley, 7357, probablement d'origine italienne, comme plusieurs témoins de la tradition manuscrite des oeuvres du docte recteur de Sorbonne (+ ca 1320).

    Gasparis.jpg

    Sur le premier feuillet on peut lire une note : Ad usum Gasparis Taliacotii, et amicorum. La notice en ligne porte fautivement "caliacotij", mais il s'agit bien de la signature du médecin italien bien connu Gaspare Tagliacozzi (1545-1599). On retrouve d'ailleurs la même inscription sur un ouvrage de Johann Roszfeld (Rosinus), conservé à Cologne, ci-dessous, et sur un autre de Jean Fernel (1497-1558) de la Bibliotheca Osleriana (n° 2574).

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    Considéré comme l'un des premiers à avoir pratiqué la chirurgie faciale, Gaspare Tagliacozzi nous a laissé une oeuvre importante : De curtorum chirurgia per insitionem, imprimé à Venize en 1597. 



    Biblio:
    The Life and Times of Gaspare Tagliacozzi, Surgeon of Bologna, 1545-1599, with a Documented Study of the Scientific and Cultural Life of Bologna in the Sixteenth Century. Martha Teach Gnudi , Jerome Pierce Webster

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  • 10/26/16--00:18: Actualités de l'IRHT
  • Écrits pratiques municipaux et pouvoirs dans le royaume de France, XIIe-XVe siècle
    Une journée d'étude sur les Écrits pratiques municipaux et pouvoirs dans le royaume de France, xiie-xve siècle, sera organisée à l'IRHT le 3 novembre 2016 en partenariat avec le LAMOP.
    Lire la suite

    Qu’est-ce qu’un corpus ?
    La journée d'étude Qu'est-ce qu'un corpus ? se tient le lundi 7 novembre 2016 de 10 h à 18 h à l'IRHT. Le propos de cette journée est de s’interroger sur ce qui est (ou pourrait être) un corpus pour les historiens médiévistes.
    Lire la suite

    Paris au Moyen Âge
    La première séance du séminaire, vendredi 4 novembre 2016, accueillera Hélène Noizet, Conflits d'usage du cloître Notre-Dame au xiie siècle et Caroline Bourlet , Habitat bourgeois, habitat universitaire sur la rive gauche au début du xive siècle d’après les sources fiscales.
    Lire la suite

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    Paris, BnF, Arsenal 5062, f. 149v

    Lecture et critique des manuscrits latins: Initiation
    Ce séminaire veut offrir aux étudiants, historiens ou littéraires, la formation en histoire des textes indispensable à leurs travaux de recherche. Les participants y apprennent à déchiffrer les écritures manuscrites livresques du ve au xvies., et à éditer les textes ainsi transmis ; ils s'y exercent à la lecture critique des apparats et des stemmata codicum. Le séminaire reprendra le 8 novembre 2016 au Centre d’études anciennes à l’Ecole Normale Supérieure.
    Lire la suite

    Et toujours à suivre ... LIBRARIA, blog consacré à l’histoire des bibliothèques anciennes

    IRHT // CNRS


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    VENTES
    SOTHEBY'S : Medieval and Renaissance Manuscripts 06 DECEMBER 2016 | 10:30 AM GMT | LONDON Catalogue en ligne

    CHRISTIE'S : Script and Illumination: Leaves from Medieval and Renaissance Manuscripts. Catalogue en ligne

    BLOOMSBURY AUCTIONS London WESTERN AND ORIENTAL MANUSCRIPTS AND MINIATURES Wednesday 7th December 2016
    http://www.dreweatts.com/media/bloomsbury/auctions/36238.pdf

    PUBLICATION
    Libro de Horas de la Reina Dª Leonor de Portugal (Biblioteca Nacional de Portugal)
    http://www.circulocientifico.com/taberna-libraria/otras-obras-t/libro-horas-la-reina-dona-leonor-portugal/

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    Il y a déjà bien longtemps, à la recherche d'informations pertinentes sur les écrivains bretons du Moyen Âge, j’avais été étonné par ce curieux nom de Chasteau Tournant (note A), donné à l'auteur d’un traité en vers sur la fin de l’homme, composé vers le milieu du XVe siècle...
    Yorio Ōtaka, professeur émérite des universités d’Osaka et de Otemae, au Japon, à qui l’on doit déjà de très beaux livres sur d’anciens textes français (notamment l'Histoire ancienne jusqu'à César, chez Paragdime), prépare l’édition de cette œuvre inédite à partir du manuscrit OUL 2 du Centre de Recherches anglo-normandes (Otemae University Library), publication attendue car ce texte représente un témoin important de l'emploi de la langue française en Bretagne au Moyen Âge, près de cette Britannia gallicana, Haute-Bretagne d'aujourd'hui, porte d'entrée vers la Basse-Bretagne bretonnante.

    Carte linguistique de la Bretagne (conception : Tanguy et F. Broudic), extraite de l’Atlas de l’Histoire de Bretagne, éd. Skol Vreizh, 2002. Ligne verte: la limite entre gallo et breton au XVIe siècle, d’après « L’histoire de Bretaigne » de Bertrand d’Argentré (1588).
     
    Yorio Ōtaka m’ayant contacté, je me suis mis à la recherche de l'auteur de ce traité versifié qui se présente lui-même comme étant franczois et ... bretonnant.
    Le traité est, à ce jour, connu par 3 exemplaires ( Cf ARLIMA et JONAS / IRHT )
    § NISHINOMIYA, Otemae University Library, Centre de Recherches anglo-normandes, OUL 2 (XVIe s.). Manuscrit ayant appartenu au seigneur breton Claude de Rieux (note 1).

    « Ce present libvre est et appartient a hault et puissant seigneur monseigneur Claude de Rieux et de Rochefort, baron d’Ancenys comte de Harcourt, vicomte de Donges seigneur de Largouet et de Chasteauneuff ».

    Sur ce manuscrit voir : P. Durrieu, « Les manuscrits à peintures de Sir Thomas Phillips à Cheltenham », dans Bibliothèque de l’école des chartes, t. L, 1889, p. 401, n° LVII. Vente Edwards, cat. Paris d’Illins, 26 mars 1791, lot 235. Thomas Rodd, 1821, n° 3412 ; 1823, n° 69. Vente Sotheby’s du 30 novembre 1976, lot n° 888. Librairie Laurence Witten, catalogue 8 (1978), n° 38 ; 10 (1979), n° 27. Vente Sotheby’s du 18 juin 1991, lot 116, p. 174-175. Pierre Gasnault, « Charles-Henri de Clermont-Tonnerre et la bibliothèque du couvent des Minimes de Tonnerre », dans D. Nebbiai-Dalla Guarda & Jean-François Genest, Du copiste au collectionneur. Mélanges d’histoire des textes et des bibliothèques en l’honneur d’André Vernet (Biblilogia 18), Turnhout, Brepols, 1998, p. 585-614. Jean-Luc Deuffic, Notes de bibliologie. Livres d'heures et manuscrits du Moyen Âge identifiés (XIVe-XVIe siècle), Pecia, 7, 2009, p. 102-103.
    § PARIS, Bibliothèque nationale de France, fr. 1200 (8 novembre 1451).
    § PARIS, Bibliothèque nationale de France, N.a.fr. 10032 (extr. ? non encore consulté) 2e moitié du XVe s.
    Le plus intéressant de ces manuscrits, peut-être l’original, me semble le fr. 1200 (numérisé sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059678h
    Il provient des collections du château d’Anet (voir notre site), dont il porte l’ancienne cote « VIc lxiii », figurant au catalogue de 1724 sous le n° 79 (papier): « Traité de la fin de l’Homme en vers ».


    Paris, BnF, fr. 1200. Marque particulière des collections du château d'Anet

    Ce manuscrit fut par la suite racheté par Antoine Lancelot (1675-1740), membre de l'Académie royale des inscriptions et belles lettres : cote « 147 ». Donc, un parcours identique à celui du Catholicon breton de Lagadec et de bien d'autres manuscrits médiévaux venant de Bretagne ou ayant appartenu à des seigneurs bretons...
     
    Le texte commence :

    Memento finis
    Ou nom du Pere et Creatour
    Qui nous fourma et crea touz
    Et de Ihesus son begnoist filz...

    Et finit:

    Aint de la saincte Trinité
    En la cestielle cité

    Au f° 280r°-v°, on peut lire ce colophon quelque peu énigmatique:

    L'an de grace mill quatre centz
    Cinquante et ung
    du povre sens
    De l’actour ce livre acomplis
    Fut entre vespres et complies*
    Pour vroy le di bien m’en remembre
    Le ouyctiesme jour de novembre
    Qui le sournom savoir voulra
    Pour certain trouver le poura
    Ou tiers livre ou segond chappitre
    Escript tout au long sens tiltre
    Cil qui le lira a dieu prie.
    Qu'escript soit ou livre de vie
    Amen. Deo gratias.

    Effectivement, au second chapitre du 3e livre, f° 73v° :

    Bien fuz nommé chasteau tournant
    Ung franczois et ung bretonnant

    Et pour le prénom, il faut se rendre au f° 279v°

    Et priez pour le povre Allain
    Qui de maint peché prins a lain


    Paris, BnF, fr. 1200

    Un auteur à identifier ... français et bretonnant

    À la recherche d’un « Chasteau Tournant», français et breton, mon enquête m’a orienté vers une zone à la limite de la Bretagne gallo et de la Bretagne bretonnante, au centre même de la Bretagne. Ce lieu très ancien fut le berceau des vicomtes de Porhoët, et donc de l'illustre et prestigieuse famille de Rohan. Son nom : Château Tro, aujourd’hui sur la commune de Guilliers (Morbihan). La première occurrence de ce toponyme figure en 1084 dans le Cartulaire de Redon mais probablement dans une fausse charte : Guethenoc y est dit vicecomes de Castello Thro. Le mot breton tro, trô, se traduit par "tournant, tour, circonférence .. (c'hoari an dro = faire le tour)... Voir les Dictionnaires bilingues de Francis Favereau / Edition Skol Vreizh sur le site Grand terrier.
    On retrouve également cet élément « - tro - », dans le nom même de la région où se situe Guilliers : le Porhoët, attesté sous les formes pagus Trocoet vers 854, Poutrocoet en 859, pagus trans sylvam en 868 (pays entouré par la forêt ?).

    Sur la motte féodale de Château-Tro, lire l’excellente étude de Lucie Jeanneret, « Le réseau castral du Porhoët et du Rohan : mise en place et morphologie des sites fortifiés du Xe au XIIIe siècle », publiée dans le Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 2014.

    Le château devient la propriété de la famille Chasteautro ou Chasteau-Trou (en 1382, en 1480 et en 1550; armes: d'argent, à trois têtes de renard coupées de sable, armées et lampassées de gueules)
    À la montre des nobles de l’évêché de Saint-Malo, de 1440, on trouve pour Guilliers : Alain DE CHASTEAUTRO, ayant des métayers à la Ville Cado et à l’Esclèche.
    Le dictionnaire des feudataires des évêchés de Dol et Saint-Malo en 1480, comptabilise la présence de 12 nobles de Guilliers, dont plusieurs Chasteautro, entre autres : Alain DE CHASTEAUTRO, de Botelle (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;
    En 1437, Alain de Chasteautroétait procureur de Béatrice de Clisson (1363-1448), veuve d’Alain vicomte de Rohan (René Blanchard, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne, volume 7, 1894, p. 161-162). Peut-être est-ce notre homme ? Alain fils d’Alain, épousa vers 1440 Fleurie le Corgne (Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, tome 1, Nantes & paris,1862, p. 185).

    En définitive, il est quasiment assuré que l'auteur du traité sur la fin de l'homme appartient à cette famille de Châteautro, mais difficile d'identifier avec certitude de quel Alain il s'agit, ce prénom ayant été porté par plusieurs de ses membres. Signalons, pour terminer, qu'un Geoffroy de Châteautro, fils d'Yves de Châteautro et d'Yvonne de Kerguézangor, seigneur et dame du Cartier, fut reçu docteur es droits à l'Université de Ferrare (Italie) le 20 avril 1543, après avoir étudié à Toulouse et à Bologne (note 2).

    Ung franczois et ung bretonnant...

    Se disant « franczois » et « bretonnant », Alain de Chasteau tournant, qui écrivait en 1451, indique ainsi que l’utilisation du breton sur son territoire, à l’est de la limite proposée par d’Argentré au XVIe siècle (voir carte ci-dessus), reste effective à son époque. Son témoignage est donc important pour constater l’évolution et le recul de la langue bretonne (ou l’avancée du gallo). Dans ce contexte, on peut noter la présence, à Guilliers même de plusieurs toponymes bretons : Leucadeuc, Kerbigot, Treglion, etc.

    * Entre 18 et 21 h. Le 8 novembre, en 1451, était un lundi.

    Note A
    Y aurait-il une allusion au château tournant, "motif fréquent dans la littérature arthurienne qui hérite sur ce point des anciennes conceptions celtiques" ?? Philippe Walter, Dictionnaire de mythologie arthurienne
    Note 1
    Passa aussi entre les mains de Claude de Rieux (+ 1532) un exemplaire "morbihannais" (Paris, BnF, fr. 1659) du « Libvre du bon Jehan duc de Bretaigne », de Guillaume de Saint-André, issu des collections de la chartreuse de Saint-Michel d’Auray, achevé le 11 mai 1441 à Vannes par Jean Olivero (pour Yvon Conan).
    Note 2
    E. Picot, compte rendu des Cenni storici intorno all'Università di Ferrara (par G. Martinelli, Ferrare, 1899-1900) et des Titoli dottorali conferiti dallo studio di Fe rara nei sec. XV e XVI (éd. par G. Pardi, Lucques, 1901),dans Le Journal des sçavans, 1902, p. 93.

    Je remercie Fañch Broudic pour son aide bien précieuse
    (Blog : http://languebretonne.canalblog.com - Site perso : www.langue-bretonne.com )
    et Pierre-Yves Lambert pour sa documentation linguistique.

    Une fête médiévale à Château Tro en 1931 :
    carte_postale_1936.jpg

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    CALL FOR PAPERS / APPEL A CONTRIBUTIONS:
    Pecia. Le livre et l’écrit (Brepols Publishers) - Volume 21/2018 - 

    Livres de maîtres, livres d’étudiants :
    le manuscrit universitaire au Moyen Âge

    (Commande, fabrication, décoration, utilisation, circulation, etc)

    La soumission devra comprendre un résumé de la proposition (titre et descriptif d'un maximum de 300 mots) et un bref curriculum vitae.
    Submissions should include a summary of the proposal (title and abstract, maximum 300 words) and a brief curriculum vitae.
    Après soumission de votre résumé, vous recevrez un courriel de confirmation.
    On completion of your submission you will receive a confirmation by email.
    La date limite de soumission du résumé est le 31 mai 2017.
    The deadline for abstract submission is 31 mai 2017.

    Contact :
    Jean-Luc Deuffic
    jldeuffic@gmail.com
    http://www.pecia.fr/


    amiens_366_Bohic_enseignant.jpg
    Amiens, BM, 366. Henri Bohic enseignant.

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    La galerie Les Enluminures, une des "places fortes" actuelles du manuscrit médiéval, dirigée de main de maître par Sandra Hindman, présente en ce moment un livre d'heures à l'usage d'Angers assez remarquable, tant par son contenu que par sa provenance. Il fut, en effet, en possession de l'historien de Laval Jacques Le Blanc (1610-1684) (A), fils d'Olivier, sieur de Champagné, licencié en droit, qui l'utilisa comme livre de raison.

    Pour les Bretons, Laval c'est presque (déjà) la Bretagne !! du moins elle en est une des portes principales. Au reste, un des plus grands historiens bretons, Pierre Le Baud (+ 1505), fut chantre et doyen de la collégiale de Saint-Tugal de Laval, église dédiée à TUGDUAL, un des sept saints fondateurs de la Bretagne dont elle conservait jalousement de précieuses reliques. Cette collégiale succédait à une chapelle castrale, gouvernée à la fin du XIIe siècle, sous Guy de Laval, par deux clercs bretons nommés Guyomard et Ruello...
    Au reste, nous devons à notre historien lavallois Jacques Le Blanc plusieurs lettres, contenant des documents historiques sur la Bretagne, et plus particulièrement sur les maisons de Rohan et de Laval, dont il donne l’origine et la généalogie, adressées pour la plupart à M. Gaignard, et à M. de Courtillaux (Paris, BnF, Fr. 22313, p. 15-27). 

    Mais revenons à notre sujet...  

    Le livre d'heures à l'usage d'Angers (80 f. 173 / 178 x 122 / 127 mm.), du 3e tiers du XVe siècle, que propose la Galerie Les Enluminures, porte une première inscription, impliquant un possesseur antérieur à Jacques Le Blanc :

    Ces presentes heures apartiennent a Magelaine Angier.

    Madeleine Angierétait l'épouse du notaire royal Pierre Razeau (1656-1665). Institué par les chapelains du Gué-de-Maulny le 10 mars 1650 (AD Sarthe, G 671, f° LXXXII ; AD Mayenne, B 48); confirmé le 24 mars 1664, il obtient de nouvelles provisions le 25 mai de la même année et est reçu au siège des exempts le 7 juin (AD Mayenne, B 48, f° 22v°). Il figure au nombre des quatre notaires royaux « réservés » pour la résidence de Laval par l'état du 19 septembre 1665 (AD Mayenne, B 51, f° 83v°, et Bibl. mun. Laval, vol. 12129, pièce 30). Il résigne le 22 octobre 1669 en faveur de Julien Pottier.    
    Aux f° 78/79, commencent les notes personnelles de Jacques Le Blanc retraçant le parcours du livre d'heures:

    Moy Jacques Le Blanc ancien advocat nasquit lonze juin 1610 marié en avril 1630 / avec Renée Moraine / espousé en may, en juin plaide ma premiere cause au bareau de Laval //  le 27 may 1677 ay et fait doyen des advocats
    I- Pierre Razeau, notaire royal mari de Magdeleine Angier
    II- Adnecte Razeau femme de Jacques Nepveu(1) 
    III- Renée Nepveu femme de Pierre Guyllot
    IV- Adnecte Guyllot femme de Mathurin Bigot sieur de la Roche en...
    V- Claude Bigot femme de maistre Ollivier Le Blanc advocat a Laval sr de Champagné
    VI- Jacques Le Blanc advocat sr de la Vignolle mari de Renée Moraine
    VII- Jean Le Blanc sr de la Noerie et Marguerite Choquet ont eu Jacques et Marie le Blanc aux quels je laisse les presentes heures comme ma mere Claude Bigot me les a laissées le jourdhuy 27 may 1677....

    f° 80 : 

    Le 15 octobre 1664, Francois Le Blanc mon filz aisné du 2. lict(2) a pris possession d'une prebende a St Thugal de Laval que mons. le duc de La Tremoille*, sr de Thouars, comte de Laval, ma donner pour ...

    D'autres notes intéressent la famille Le Blanc et alliées. Le livre d'heures passa par la suite entre les mains d'Ambroise-François Hardy de Lévaré (° 20 juillet 1749), apparenté à l'ancien maire de Laval, qui y inscrit sa généalogie depuis ?? (difficile à lire sur photo) Hardy X Jeanne de La Bellangerie (3).

    Une autre particularité de ce livre d'heures est la présence exceptionnelle de nombreux badges de pèlerinage collés à l'intérieur par son premier possesseur (saint Eustache/ Hubert, saint Maurice, sainte Vierge, saint Mathurin)

    Photo Galerie Les Enluminures

    Notes
    (A) Jacques Le Blanc de la Vignolle est né le 11 juin 1610. Dès 1630 il exerce comme avocat à Laval. Marié avec Renée Moraine, dont il aura 5 enfants, et devenu veuf avant 1660, il se remarie avec Adnette Lasnier († 15 novembre 1670), qui lui donnera 3 enfants. Sa situation de fortune n'était guère brillante car, s'il avait acheté le lieu des Guettes (Argentré), il fut obligé de vendre aux Dominicains celui de la Vignolle (Montflours) dont il portait le nom. S'il conserva le lieu patrimonial de Champagné, il en recevait d'avance le fermage qu'un de ses gendres lui payait par acomptes après avoir garni la ferme de bétail. Sa clientèle pourtant dut être nombreuse, car il avait l'estime générale de ses concitoyens, qui le députèrent avec François Hennier vers le duc de la Trémoille, chef des frondeurs dans l'ouest, en 1649, quand le marquis de la Boulaye entra au Mans avec les 4 régiments qu'il commandait. Les députés furent envoyés par le duc à Rennes auprès de sa femme, mais la paix, signée dès le mois d'avril, vint heureusement délivrer les Lavallois de leurs hésitations entre le roi et le seigneur. Sénéchal, comme son père, de petits fiefs seigneuriaux (Moulin-Geslin et Marcheru), élu en l'élection de Laval en 1650, échevin en 1658, Le Blanc de la Vignolle devint syndic et doyen des avocats en 1677. Il mourut le 18 septembre 1684 et fut inhumé le lendemain dans l'église de la Trinité, sa paroisse. On a donné quelquefois pour armes à Jacques Le Blanc de la Vignolle une vigne, mais une de ses lettres, cachetée d'un petit sceau, porte sur l'écu : deux oiseaux affrontés en chef, un lion (?) en pointe (source).
    (1)Messire Jacques François Nepveu chevalier seigneur de Rouillon capitaine commandant au régiment de Penthièvre Dragons héritier de messire Pierre Jacques René Nepveu chevalier seigneur de Rouillon en son vivant conseiller du Roi lieutenant criminel en la Sénéchaussée du Mans lequel était fils de messire Pierre Nepveu écuyer aussi lieutenant criminel audit siège fils lui même de Daniel Nepveu écuyer sieur des Étrichés prévôt provincial du Maine qui était fils de Jacques Nepveu écuyer sieur des Isles lieutenant général au comté de Laval reconnaît que ledit Jacques Nepveu son trisaïeul par son testament du 19 mai 1622 à légué à ladite fabrique une rente de 10 livres affectée sur tous ses biens et promet de continuer à la servir 1784 (ADS G 885). 
    (2) Jacques Le Blanc épousa en premières noces  Adenette Lasnier de la Houssaye, née en 1617.
    (3) Voir le fonds Hardy de Lévaré aux ADM, 14J 42-51.
    * Henri III de la Trémoïlle, (22 décembre 1598, Thouars - 21 janvier 1674, Thouars), fils de Claude de la Trémoille. Il est duc de Thouars, duc de La Trémoille, prince de Talmont et de Tarente, comte de Laval (Mayenne), de Montfort, de Taillebourg et de Benon, et baron de Quintin.

    Description du livre d'heures sur le site de la Galerie Les Enluminures [ lien ]
    Galerie LES ENLUMINURES

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    Outils et pratiques des artisans du livre au Moyen Âge


    Au Moyen Âge, le livre manuscrit rassemble autour de lui nombre d’artisans : parcheminiers, copistes, peintres et enlumineurs, relieurs, libraires, etc. Et chaque artisan utilise ses propres outils. Le double volume 19/20 de « Pecia, le livre et l’écrit», à paraître en 2017, fait appel à contributions pour des études pertinentes sur ces thèmes. Résumé de quelques lignes à faire parvenir avant le 30 avril 2016 30 mai 2016à :

    In the Middle Ages, the manuscript book brought together a number of "artisans": parchment-makers, scribes, painters and illuminators, binders, booksellers, etc. Each of these required unique tools. This double issue of Pecia. Le livre et l'écrit (volumes 19 and 20), to be published in 2017, seeks articles relating to these themes. Please send short abstracts before the 30th April 30th May to:

    Jean-Luc Deuffic
    pecia29@orange.fr
    http://www.pecia.fr/


    Illustration :
    Charles le Téméraire rend visite à David Aubert dans son scriptorium
    David Aubert, Histoire de Charles Martel
    Loyset Liédet, enlumineur.
    Bruxelles, KBR, ms. 8, f. 7
    © Bibliothèque royale de Belgique