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Ce blog est exclusivement dédié au manuscrit médiéval, jusqu'à ses rapports avec les premiers incunables. Veille concernant les Livres d'heures français. This blog is exclusively dedicated to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing

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    Artcurial : COLLECTION LIUBA ET ERNESTO WOLF - 4 décembre 2012
    Expert : livres et manuscrits : Bernard Clavreuil

    Lot 38

    Livre d'heures à l'usage de Rome. Bruges, 1430-1440. 90 x 70 mm. 162 f. [ catalogue ]
    Lot 39
    Livre d'heures à l'usage de Rouen pour la famille Allorge
    Superbe manuscrit sur parchemin. Rouen, vers 1440, 1470-1480, 1502. 210 x 145 mm. 137 f.
    Plusieurs campagnes dans la décoration : miniatures attribuées au Maitre de Talbot, à Robert Boyvin, et à un peintre rouennais [ catalogue ]



    D'argent, au chevron de gueules accompagné de 3 têtes de coq de sable crêtées et barbées de gueules, au chef de gueules semé d'abeilles d'or à trois ruches brochantes du même


    De gueules à trois gerbes d'or accompagnées de 9 molettes de même (Allorge)

    Lot 40
    Heures à l'usage de Rome
    Florence, vers 1485-1490. 87 x 65 mm. 84 f. [ catalogue ]
    Lot 43
    Office des morts. Manuscrit enluminé sur parchemin
    Paris, vers 1493-1500. 130 x 90 mm. 52 f. Miniature attribuable au Maître d'Étienne Poncher [ catalogue ]
    Lot 48
    Hore intemerate Virginis marie secundum usum Romanum...
    Paris, 2 juillet 1505. Anonyme. In-8° gothique. 154 x 100 mm. 134 f. Provenance : Louise de La Vieuville, carmélite, fille de Charles Ier de La Vieuville (1583-1653) et de Marie Bouhier de Beaumarchais (v. 1605-1663) [ catalogue ]
    Lot 49
    Heures à l'usage de Rome imprimées sur vélin
    Paris, Gilles Couteau pour Guillaume Eustace, 1513. In-8° gothique. 203 x 125 mm. 119 f. [ catalogue ]

    ARTCURIAL Briest - Poulain - F. Tajan
    http://www.artcurial.com
    fwanecq@artcurial.com

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    On reste toujours émerveillé devant tant d'habileté et de maitrise dans l'art du manuscrit. La dernière publication d'Heribert Tenschert nous plonge ainsi dans la "librairie" toute personnelle de Claude de France (1499-1524) avec l'étude minutieuse d'Eberhard König d'un de ses précieux Livres d'heures. Dans la tradition des ouvrages de qualité édités par l'éminent antiquaire suisse de Ramsen, Das Stundenbuch der Claude de France, nous propose "un bijou pour la prière", les petites Heures de la reine, épouse de François 1er. Ce manuscrit de 84 sur 55 mm, avec ses 121 f., à l'usage liturgique de Paris, présenté comme ayant été exécuté à Tours, vers 1522/1523, et enluminé par le Maitre de Claude de France (= Eloy Tassart ?) nous est reproduit ici "in extenso" dans son véritable format qui nous laisse apprécier toute la beauté de ses miniatures.


    Calendrier ; mois de juin, détail

    Les travaux de l’atelier du Maître de Claude de France sont reconnaissables à plus d’un titre. Tout d’abord ses formats minuscules et la précision de ses peintures sont remarquables. Ensuite, la conception architecturale de ses peintures est particulière, elles sont toujours exécutées sur le même principe, la colonne située sur la partie externe du feuillet est mieux finalisée que celle de la marge interne. Enfin l’utilisation des « cordelières », propres à Claude de France et François Ier, est très fréquente dans son ornementation. Il est d’ailleurs aujourd’hui incontestable que le Maître de Claude de France a été un certain temps attaché à la famille royale. (catalogue Gros & Delettrez, 8 avril 2011, lot 548)

    Sujets des enluminures :
    - L’Annonciation. 
    - La Visitation. 
    - La Crucifixion. 
    - La Pentecôte. 
    - L'Annonce à Joseph.
    - La Nativité. 
    - L’Annonce aux bergers. 
    - L’Adoration des mages.
    - La Présentation au Temple.
    - La Fuite en Egypte.
    - Le Couronnement de la Vierge.
    - Entretien de Nathan avec le roi David.
    - Le riche marchand montrant le souffle divin de Dieu se répandant sur Job. 
    - Job déchirant ses habits.
    - Job et ses trois amis.
    Encadrements à base de cordelières, d'emblèmes propres à Claude, de banderoles avec devises, comme celles d’Anne de Bretagne, mère de Claude de France « Non Mudera » « Je ne changerai pas ». Autres symboles royaux , le « C » couronné, chiffre de la reine Claude, des noeuds, des rubans de tissu ...
     


    Provenance du manuscrit :

    § "librairie" royale de Claude de France.
    § Edwards. 
    § Bibliothèque Evans
    § Fonds Pickering, libraire, Piccadilly (1845).
    § Bibliothèque George Daniel, Canonbury : extrait du catalogue :

    § Reutter, agent d'Anselme de Rothschild (1803-1874)
    § Nathaniel ou Mayer Alphonse James de Rothschild
    § H. P. Kraus (catalogue 1974 : "Monumenta codicum manu scriptorum", n 44)
    § Paul-Louis Weiller : vente Gros & Delettrez, 8 avril 2011, lot 548.

    Pour d'autres manuscrits de Claude  France, voir notre post : Det Kongelige Bibliotek NKS 165, 4° : « Les obfuscations du monde ». Une œuvre ignorée de l'organiste Jehan Daniel dédiée à la reine Claude de France († 1524)

     
    La somptueuse reliure offerte aux Heures de Claude de France (Augsburg, ou Prague, ca 1610)

    Eberhard König : Das Stundenbuch der Claude de France – Königin von Frankreich, Heribert Tenschert, Antiquariat Bibermühle, Ramsen (Schweiz), 2012, 270 p. , 156 ill. couleurs à pleine page.
    Sommaire:
    Ein Kleinod zum Gebte, p. 13
    Die Bestimmung für Claude de France, p. 26
    Der verantwortliche Maler, p. 49
    Von Bouredichons Bordürenspezialisten zum Hofmaler der Königin Claud de France ?, p. 61
    Die Folge von Bild und Text, p. 81
    Die Bebilderung, p. 82
    Das Marien-Offizium und die eingeschalteten Horen von Heilig Kreuz, p. 89
    Die Bußpsalmen und die Litanei, p. 105
    Das Toten-Offizium, p. 109
    Anmerkungen zum Text, p. 113
    Zusammenfassung in der Art eines Katalogeintrags, p. 125
    Anhang I : Die Provenienz in den letzten beiden Jahrhunderten, p. 133
    Anhang II : Zwei möglicherweise direkt mit Claude de France in Verbindung stehende gedruckte Stundenbücher aus unserer Sammlung, p. 140
    Abbilddungsteil, p. 143
    Bibliographie, p. 263

    ANTIQUARIAT BIBERMÜHLE AG
    HERIBERT TENSCHERT
    Bibermühle 1
    CH – 8262 Ramsen / Suisse
    Tel. +41 (0)52 742 05 75
    Fax +41 (0)52 742 05 79
    e-mail : mail@antiquariat-bibermuehle.ch

    Dans ce contexte voir également la récente publication facsimilé du Livre de prières de Claude de France (New York, Pierpont Morgan Library, M 1166) commenté par Roger S. Wieck, avec une contribution de Cynthia J. Brown (Quaternio Verlag Luzern). On y trouve p. 284-288, une précieuse liste des oeuvres du Maitre de Claude de France.

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    "Madame de Chasteaubriant" : © Paris, BnF, RESERVE NA-21 (1)-FOL

    Françoise de Foix, comtesse de Châteaubriant, née vers 1495, morte en 1537, fille de Jean de Foix et de Jeanne d'Aydie, sœur du vicomte de Lautrec et d'Odet de Foix, maréchal de Lautrec, fut mariée très jeune (1505) à Jean de Laval-Châteaubriant, seigneur de Châteaubriant. Elle devint fille d'honneur d'Anne de Bretagne en 1514, première dame d’honneur de la reine Claude de France (1515-1523), et surtout la favorite de François Ier de 1518 à 1528, "position" qui fit couler beaucoup d'encre dès l'époque du chroniqueur Brantôme ... 
    Elle décède de façon tragique, le 16 octobre 1537. Son mari, qui fut soupçonné (faussement ?) d'avoir contribué à sa mort, lui fit élever un monument funéraire dans l'église des Mathurins de Châteaubriant.
    Sa devise : « prou de moins, peu de telles, point de plus »


    © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)

    LE LIVRE D'HEURE DE FRANÇOISE DE FOIX
    Parmi la splendide collection de Livres d'heures de la Bibliothèque de Rennes Métropole nous avons retrouvé celui de Françoise de Foix, coté 2050, malheureusement mutilé de plusieurs de ses peintures, et assez détérioré.


    © Bibliothèque Rennes Métropole - Ms 2050, f. 20v : saint Christophe

    Une note ancienne (XVIIe s.?) placée au f. 4 et quelque peu effacée en indique la provenance, dont on peut admettre la véracité :

    « Ces heures ont apartenus a Francoise de Foix espouse de Jean de Laval baron de Chateaubriand laquelle mourut [ 4 lignes grattées et barées ] 16e octobre 1537»

    Le manuscrit a par la suite été en possession de François Bourguillault, prêtre de Châteaubriant :

    « Pour seruir a missire // Francoys Bourguillault // pbre de sainct Iehan // de Béré demeurant a // Chasteau Briant»

    François Bourguillault fut recteur-doyen de l'église de Saint-Jean de Béré pendant près de 38 ans, de 1598 à 1635. L'homme devait être de caractère : une année, il s’avisa d’empiéter sur les prérogatives des religieux de Saint Sauveur (de Béré) qui, le jour de la Fête Dieu étaient en possession du droit porter le Saint Sacrement. Il le porta lui seul pendant toute la procession...


    Saint-Jean de Béré à Châteaubriant

    Au f. 2, sur une garde papier, une main de l'époque a copié un extrait des Lunettes des princes du poète breton Jean Meschinot (1420-1491) (1) :

    A cent ans dicy je m'attens
    Estre aussi riche que le roy :
    J'attendré, ce n'est pas long temps ;
    Lors seron de parail aroy. 
    Si je seuffre quelque desaroy 
    Entre deulx, il faut endurer :
    Malheur ne peult tousjours durer


    © Bibliothèque Rennes Métropole

    Usage liturgique du Livre d'heures de Françoise de Foix :
    Au calendrier et dans les litanies, on note une série de saints bretons assez caractéristique pointant vers le diocèse de Saint-Malo. La fête de saint "Cervan euesque" (Servan) au 13 mai est à ce point de vue assez exceptionnelle. Elle ne se rencontre que dans les ouvrages liturgiques malouins, au demeurant d'une extrême rareté (la plus ancienne mention se trouve dans les litanies dites de Reims (Xe s.) = SERUUANE - François Duine, dans son Inventaire (1922), ne cite que le seul missel manuscrit du XVe siècle de Saint-Malo de la Bibliothèque de Chartres, ms 536). Servanà généralement été remplacé par saint Servais dans plusieurs de nos paroisses bretonnes...
    Les deux fêtes de saint Malo y sont présentes : celle de la Translation de ses reliques, au 11 juillet, et l'autre plus traditionnelle, du 15 novembre.
    La fête de saint Gobrien, au 3 novembre reste conforme au calendrier du missel de Saint-Malo (Chartres 536).  
    Un lieu particulier unit les noms des saints Servan et Gobrien : le petite bourgade de Saint-Servant-sur-Oust où s'élève la pittoresque chapelle Saint-Gobrien.
    La présence de suffrage à saint Vincent Ferrier, mort à Vannes en 1419, absent du calendrier (au 5 avril) et des litanies laisse à penser que ce manuscrit est donc postérieur à sa canonisation de 1455.

    Au f. 157. Miniature représentant saint Vincent Ferrier, canonisé en 1455 (ou le 5 juin 1456) par Calixte III.


    © Bibliothèque Rennes Métropole

    Remarque sur le Livre d'heures de Françoise de Foix :
    Sur plusieurs des feuillets du manuscrit on a collé des morceaux de papier découpés d'un livre liturgique ancien (bréviaire : incunable ? XVIe s.?) ; parfois seule la marque subsiste. Ci-dessous, par exemple, au f. 65, le capitule de l'Avent à none pour l'office de la sainte Vierge :

    In adventu. capitulum (Isaia 7) //
    Ecce virgo concipiet, et pa=//riet filium : et vocabitur // nome(n) eius emmanuel : bury=//rum, et mel comedet ut sciat // [reprobare malum et eligere bonum].


    © Bibliothèque Rennes Métropole

    LA FIN D'UNE PRINCESSE
    C’est dans la chapelle de la Trinité de l’église des Mathurins de Châteaubriant que Jean de Laval érigea un monument funéraire à la mémoire de sa femme, morte le 16 octobre 1537. L’église a été détruite à la Révolution, mais l’épitaphe (attribuée à Marot) a survécu :

    « Dans l’enclos du balustre du maistre-autel sont deux monuments enfoncés dans le mur à la hauteur de quatre pieds et demy de terre […]. Dans le premier est la figure d’une femme au près de laquelle est une pierre verte qui porte inscription, épitaphe et lettre d’or et d’argent dont est pev de telles ; l’un des costés porte : prov de moins ; l’autre costé : point de plus ; et le corps dudit épitaphe refert en ces termes :
    Sovbs ce tombeav gist Françoise de Foix
    De qui tout bien tout checun souloit dire,
    Et le disant oncq une seule voex
    Ne savancza dy vouloir contredire.
    De grant beaulté, de grace qui attire
    De bon savoir, dintelligence prompte
    De biens, dhoneurs et myeulx que ne racompte
    Dieu eternel richement lestoffa.
    O viateur, pour tabreger le compte
    Cy gist ung rien là ou tout triompha
    .”
    Et au-dessous est escrit : decedee le 16 octobre 1537. » ( Procès-verbal des églises, sous la baronnie de Châteaubriant, dressé en 1663).


    Pierre tombale de Françoise de Foix

    Un autre poète, Nicolas Bourbon, précepteur du fils aîné de Lautrec, pupille de Jean de Laval, publia, en 1538, une épitaphe de Françoise de Foix, en vers latins, que nous a conservé Dreux du Radier, que l'on pourrait traduire :

    « Passant, considère ce marbre et arrête un moment. Françoise de Foix gît ici : pendant qu'elle vécut, elle fut la femme la plus estimable, la plus belle et la plus religieuse que la France pût voir. Dieu et la nature, prodigues de leurs dons, la comblèrent de toutes les qualités de l'esprit et du corps, autant que princesse qui fut jamais. Son corps gît ici ; mais son âme bienheureuse, réunie à celles de ses aïeux et à celle du célèbre héros Lautrec son frère, jouit de la présence de Dieu et des plaisirs sans fin. Adieu, passant, tu dois beaucoup à tes yeux. » (Mémoires historiques et anecdotes des reines et régentes de France) [ source ]

    Le poète normand François de Sagon célèbra également l'esprit de Françoise de Foix dans un recueil, ms Paris, BnF, Fr. 2373 [ numérisé sur Gallica ] : « Le Regret d'honneur foeminin et des troys graces sur le trespas de noble dame Françoyse de Foix, dame de Chasteaubriant et mirouer de noblesse foeminine, par FRANÇOYS DE SAGON, secretaire de l'abbé de Sainct Ebvroul ».
    [ Voir édition imprimée par F. Bouquet sur Gallica ]
    Le manuscrit de la British Library, Harley 5242, recueil de "chansons rustique" fut sans doute composé pour Françoise de Foix. Il est orné des "FF" et dans certaines pièces le nom de Françoise a été substitué à celui de "ma belle amye". (Jean-Marie Poirier, Le chansonnier de Françoise de Foix [ en ligne ]).

    (1) Pages 86-87 de l'édition de Gourcuff : Les Lunettes des princes / Jean Meschinot ; publiées avec préface, notes et glossaire par Olivier de Gourcuff, Librairie des bibliophiles, Paris, 1890. Numérisé sur Gallica. Christine Martineau-Geneys, Les Lunettes des Princes de Jean Meschinot, édition critique, précédée d'une étude sur sa vie et son œuvre et suivie de notes et d'un glossaire, Genève, Droz (Publications romanes et françaises, CXXI), 1972. Les éditions anciennes : Étienne Larcher, Nantes, 1493. -- Étienne Larcher, Nantes, 1494. -- Olivier Arnoullet à Lyon, sans date. -- Pierre Le Caron, Paris (contient l’épitaphe de Meschinot), sans date -- Jean du Pré, fin XVe., sans lieu ni date. -- Le Petit Laurens, fin XVe., sans date. -- Gilles Corrozet, Paris, 1539.


    Buste reliquaire de saint Gobrien dans sa chapelle de Saint-Servant-sur-Oust
     


    Château de Châteaubriant [ source ]


    Armes de [Françoise?] de Foix au château de Châteaubriant

    JEAN DE LAVAL, SEIGNEUR DE CHÄTEAUBRIANT
    Jean de Laval (1486 - 1543), fils aîné de François de Laval-Montafilant et de Françoise de Rieux, tenait cour en son château de Châteaubriant. Après avoir reçu en 1521 la seigneurie de Dinan (Nantes, ADLA B 239) de François 1er, le roi le nomme en 1531 lieutenant général et gouverneur de Bretagne (Dom Morice, III, 996). Du 14 mai au 26 juin 1532, François 1er fait séjour à Châteaubriant, hôte du prince et de Françoise de Foix (Actes de François 1er, notes 4547-4669, 4677-4679, 20414-20430, 20438). Il y revient de mai à juillet 1532 pour préparer le traité d’union de la Bretagne à la France.
    Charles Pineau lui dédia son Explication des actes des apôtres (London, British Library, Harley 4393) :
    "A très illustre et puissant seigneur Mon seigneur Jehan de Laval Sire de Chasteaubrient son treshumble et tresobligé religieux. Charles Pineau. Salut." (f. 3). Ci-dessous l'image frontispice (f. 2)


    Charles Pineau présente son ouvrage à Jean de Laval. A gauche, aux vitraux, armes : de gueules semé de lys d'or (Châteaubriant) et mi-parti de Châteaubriant et de Foix-Béarn-Bigorre (écartelé aux 1 et 4 d'or, à trois pals de gueules ; aux 2 et 3 d'or, à deux vaches, accornées, accolées et clarinées d'azur ; sur le tout d'or, à deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur l'un sur l'autre). A droite, la chapelle privée avec un autel dédié à saint Thomas d'Aquin, représenté sur une tenture d'azur (semée d'hermines d'or ?) tenant un calice en main droite, son nom gravé en lettres d'or. A remarquer le collier de Saint-Michel autour des armes du vitrail et sur le fauteuil de Jean de Laval. La présence du collier donne à penser que le manuscrit a été exécuté avant 1521, année où Jean de Laval fut promu dans l'ordre:

    On le trouve qualifié de chevalier de l'Ordre à l'époque de 1521 (Recueil manuscrit des chevaliers de Saint-Michel fait en 1620 par Pierre d'Hozier,... Bibliothèque du Roy). Il avoit été admis dans cet ordre dans ce règne (Histoire généalogique des maisons illustres de Bretagne par du Paz, Paris, 1619) à la recommandation du connétable Anne de Montmorency "à qui il donna (dit Brantôme) sa belle maison de Châteaubriant pour avoir cet Ordre"; l'on ne peut cependant disconvenir que sa haute naissance, ses services et les preuves d'attachement qu'il donna à François Ier après la bataille de Pavie, le rendoient bien susceptible de cette décoration]
    Michel Popoff, Recueil historique des chevaliers de l'ordre de Saint-Michel, volume I (1468-1560), 1998, p. 146, n° 184. Ordre de Saint-Michel. Voir notre post : Les statuts de l'« Ordre et aimable compagnie de monsieur saint Michel »

    Charles Pineau, descendant d'une noble famille du pays de Retz (1) qui portait d'argent, à la fasce de sable, chargée de trois pommes de pin d'argent et accotée en pointe d'une pomme de pin de sable, était religieux dominicain, docteur en théologie et célèbre prédicateur. Son nom se rencontre dans les comptes de Renée de France : "A frère Charles Pineau, docteur en théologie, pour être venue de Rome précher le carême à Ferrare, 63 livres" (source)
    Il fut nommé à l'abbaye Saint-Jacques de Montfort (Ille-et-Vilaine) par François Ier sur les recommandations de Jean de Laval. Le pape lui accorda des bulles, à condition qu'il embrasserait l'observance de son abbaye. Charles Pineau fut bénit dans l'église des Dominicains d'Angers le 28 avril 1538 par Jean V Olivier, évêque d Angers, assisté de François de Villiers, abbé de Toussaint et de Pierre IV Olivier, abbé de Saint-Crépin de Soissons. François de Laval, évêque de Dol, lui donna un canonicat dans son chapitre, le nomma grand vicaire du diocèse et enfin lui procura le titre d'évêque de Castorie (évêché in partibus infidelium). Charles Pineau mourut à Dol au mois de mars 1549 et y fut inhumé.


    London, British Library, Harley 4393, f. 6v : saint Luc. Une belle représentation d'un atelier de copiste ....


    Jean de Laval. Portrait par Jean Clouet (v. 1530)

    La "librairie" de Jean de Laval

    Jean de Laval, dernier seigneur de Châteaubriant, est une des figures les plus caractéristiques de son époque. « Homme singulier en toutes choses, » dit d'Argentré, le baron de Châteaubriant acquit dans la carrière des armes assez « d'honneur et de réputation » pour être récompensé de « ses mérites et de sa valeur » militaire ; gouverneur de Bretagne, il se montra « preux et magnanime, » « homme plein d'esprit, prudent, avisé et fort magnifique ; » ayant « loyauté, prud'hommie, vaillance, expérience et bonne diligence. » Simple particulier, il fut « savant, » dit Alain Bouchard, et « eut quelque connaissance des lettres, » ajoute d'Argentré ; il protégea même les poètes et particulièrement Clément Marot, qui lui dédia un livre d'épigrammes :
    A Monseigneur de Chasteaubriant.
    Ce livre mien d'épigrammes te donne,
    Prince breton, et te le présentant,
    Présent te fais meilleur que la personne
    De l'ouvrier et fut-il mieux chantant :
    Car mort ne va les oeuvres abattant,
    Et mortel est cestuy-là qui les dicte ;
    Puis tien je suis, des jours à tant et tant,
    De m'y donner ne serait que redicte. [ source ]

    A la mort de Jean de Laval, le domaine de Châteaubriant advint au connétable de Montmorency, et par la suite au Condé. Il n'est donc pas étonnant de retrouver dans la Bibliothèque du prince, à Chantilly quelques "épaves" de la collection de Jean de Laval. Parmi les imprimés :
     § La très élégante, délicieuse melliflue et très plaisante hystoire du très noble, victorieux et excellentissime roy Perceforest, Roy de la grand Bretaigne, fundateur du franc palais et du temple du souverain dieu ... [par Nicolas Herberay, seigneur des Essars]. A Paris, par Nicolas Cousteau pour Galliot du Pré, 1528. 6 volumes. Reliure XVIIIe s. aux armes et chiffre du comte d'Hoym. Provenance : princesse de Condé (inventaire après-décès, 1723 : "Ensuivent les livres apportez d'Anet ... f. 727 : Le roman de Perceforest, roy d'Angleterre, 6 volumes in-folio gothique, imprimé sur vélin, prisé 75 livres") ; comte d'Hoym (acq. vente bibliothèque du château d'Anet, 1724, cat. Hoym, 1738, lot 2742) ; Claude Gros de Boze, catalogue, p. 154, lot 174) ; duc de La Vallière (catalogue vente de 1783, lot 4097) ; Gaignat ; duc de Penthièvre ; Louis-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, duchesse d'Orléans ; Louis-Philippe, roi de France. Source : Bibliothèque du Musée Condé [ Lien ]. Sur cette oeuvre voir la notice de Laurent Brun sur le site ARLIMA.


    © RMN. Les armes de Châteaubriant dans l'encadrement (de gueules, semé de fleurs de lys d'or) ceintes du collier de Saint-Michel

    Pour les manuscrits :
    § Ms. 289 : Le livre du Trésor, de Brunetto Latini. Parchemin. 124 f. 287 × 213 mm. Reliure veau marbré, aux armes de Bourbon-Condé. Au f. 7, signature : « Laval ». Au f. 1, armes de Châteaubriant. [ Calames ]
    § Ms. 292 : Le Songe du vieil pèlerin, de Philippe de Mézières. Parchemin. 337 f., à 2 colonnes. Miniature ajoutée au XVIe siècle. 435 × 313 mm. Reliure maroquin bleu, aux armes de Bourbon-Condé. Au f. 337, inscription : « En ce livre du Viel Pelerin au blanc faucon, au bec et au piez dorez, a IIIc XXXVI feuilletz, histoires IIc IIIIxx et XV. Ce present livre du Viel Pelerin est au duc de Nemours, conte de la Marche. Jaques. Pour Carlat » (le célèbre bibliophile Jacques d'Armagnac, dont les manuscrits avaient été saisis, certains "récupérés" par Tanguy du Chastel ) ; aux f. 1 et 5, armes de la maison de Châteaubriant, avec couronne comtale et collier de Saint-Michel.
    § A la Bibliothèque nationale de France, un exemplaire d'Aristote (Fr. 16962), issu également des collections de Jacques d'Armagnac, porte les armes de Châteaubriant :


    © Paris, BnF, Fr. 16962 [ numérisé sur Gallica ]
     
    En fait, tous ces manuscrits ont un point commun, c'est d'avoir appartenu à la belle collection du château d'Anet, dont le catalogue fut dressé en 1724 :
    N° 31. Explication des Actes des Apôtres, en forme de Paraphrase, par un Frère Prescheur qui se nomme pas. Ce ms. sur vélin est dédié à Jean de Laval, sieur de Châteaubriant, et est orné de belles et grandes miniatures. ( = ms London, British Library, Harley 4393)
    Un autre ex. n° 29 : Paraphrase en prose sur les Actes des Apotres par Charles Pineau, sur vélin, in fol.
    N° 56 : Le Trésor de Brunet, Latin et François, Ms. sur vélin très bien conservé (Chantilly, Condé, 289)
    N° 117 : La très-élégante et plaisante Histoire de Perce-Forest, Roi de la Grande-Bretagne, en 6 vol. in-folio imprimez sur vélin chez Galliot Dupré, en 1528, orné de grandes lettres en or. (= Chantilly, Condé)
    N° 121 : Le Songe du vieil Pélerin, Ms sur vélin, très grand volume et très ancien rempli de grandes et belles miniatures ( = Chantilly, Condé, 292),
    N° 97 : Les Ethiques et Politiques d'Aristote, par Nicolas Oresme, Ms. in-fo. sur vélin en très grand volume avec miniatures (= Paris, BnF, Fr. 16962).
    "Catalogue des manuscrits trouvez après le décès de Madame la Princesse, dans son Château Royal d'Anet", a été publié en intégralité par Ernest Quentin-Bauchart, Les femmes bibliophiles de France (XVIe, XVIIe, & XVIIIe siècles), tome I, Paris 1886, p. 310-340. Voir la marque de provenance du château d'Anet [ en ligne ]


    Marque de provenance : château d'Anet

    Le manuscrit Toulouse BM 830 porte les armes de Châteaubriant et le collier de Saint-Michel. Il est attribué à René de Châteaubriant, mais pourrait tout aussi bien avoir appartenu à Jean de Laval :


    Voir notre post : René de Chasteaubriant (+ ca 1500), chevalier pèlerin pour la Terre Sainte, comte de Guazava au royaume de Fez
    Sur d'autres manuscrits d'origine bretonne au château d'Anet, : Paris, BnF, Lat. 7656 : l'exemplaire manuscrit du catholicon breton du château d'Anet ?

    LA FIN D'UN PRINCE

    Le 11 février 1543, Jean de Laval expira dans son château de Châteaubriant... Son corps fut déposé provisoirement, après sa mort, dans la chapelle des saints Cosme et Damien, au château, parce que l'église Saint-Nicolas de Châteaubriant, choisie par ce seigneur pour être le lieu de sa sépulture, et réédifiée par ses soins, n'était pas encore achevée. La dédicace de cette église fut faite le 5 novembre 1561, par le coadjuteur de l'évêque de Nantes, « et le même jour fut aussi transféré audit Saint-Nicolas et inhumé sous le dôme le corps de Jean de Laval, seigneur de Châteaubriant, et menaient le deuil MM. de Bois-Briand et de Montmartin. » On donna en cette circonstance à la paroisse de Béré « une chasuble armoriée pour servir auxdites funérailles. »
    On voyait encore au temps du doyen Blays, qui nous donne tous ces détails dans ses mémoires, - le portrait de Jean de Laval, dans les verrières de la chapelle septentrionale de Saint-Nicolas, et ses armoiries dans plusieurs endroits de cette église. Ce baron avait toujours affectionné saint Nicolas, et il avait même ordonné par testament la fondation d'une collégiale dans cette église, mais cette pieuse et dernière volonté de Jean de Laval n'a point reçu d'exécution. [ source ]

    Quelques officiers de Jean de Laval : Gilles de Québriac, seigneur de la Hirelaye, écuyer ; - Pierre de Cornulier, capitaine des arquebusiers à cheval ; - Robert de Galles, grand-veneur, 1533 ; - Pierre Piraud, secrétaire intime pendant quatorze ans ; - Jean Chevrayer, l'un des secrétaires en 1541 ; - Jacques Godet, maître d'hôtel en 1513 ; - Antoine de Lizivy, maître d'hôtel en 1527 ; - Olivier Morel (1536) ; - Jean de Montdragon (1538) ; - Thomas Gascher, seigneur de la Borderie ; - Robert, Le Metayer, l'un des tapissiers, Angelot, également maître d'hôtel ; - Blanchet, orfèvre et favori ; - Jacques Rouard, aumônier - Foullery, chantre etc. [ source ]
    Documentation :

    Novembre 1528 : Lettre d'amortissement accordés à Jean de Laval et à Françoise de Foix, pour la fondation d'un couvent d'Augustins à la Chapelle-au-Duc près le château de Châteaubriant (AN LL 243, 520) : cette fondation n'eut pas lieu (Fr. 22331, p. 262)
    2 décembre 1521 : lettres de François 1er portant don à Jean de Laval de la seigneurie de Dinan (ADLA B 239)
    4 septembre 1505. Morlaix. Contrat de mariage de Jean de Laval avec Françoise de Foix. La reine Anne, tant en son nom qu'à celui de Jean de Foix, asigne à la fiancée 20 000 livres et lui garantit une seconde somme ,de 10 000 livres en liquidation de ses droits dans les successions de ses père et mère (BnF, Fr. 22331, p. 240)
    Bibliothèque de Rennes Métropole, 482. « Ensuilt l'adveu, mynu et declaration que baille et presente au Roy et à Monseigneur le Daulphin, duc de Bretaigne, hault et puissant Jehan de Laval, sires de Chasteaubriend..., chevalier de l'ordre, gouverneur et lieutenant general pour le Roy et monsr le Daulphin oudict pays et duché de Bretaigne. Et avoue et confesse tenir prochement à foy, hommaige et rachapt, quant le cas y advient, du Roy, mond. sr le Daulphin et duc, son sr , soubz sa court, comté et juridicion de Nantes, les terres, rentes et revenuz de la terre et seigneurie de Foulgeré (aujourd'hui le Grand-Fougeray, arrondissement de Redon), en tant qu'il est prochement tenu de lad. court de Nantes ; o protestation que faict led. sires d'augmenter ou diminuer à ce present aveu, declaration et mynu, par aultant que de raison appartiendra. Duquel aveu, mynu et declaration la teneur ensuilt... ».  « Faict et consenty à Chasteaubriant, au chasteau dud. lieu, le deuxme jour de décembre l'an mil Vc quarente ung. Signé : Jehan de Laval ; Duboys, passe ; Drouet, passe. »
    Notes :
    (1) Pineau
    , sr de la Rivière Neuve, paroisse de Sainte-Croix de Machecoul ; de l'Espinay, paroisse du Bignon ; de la Périnière et de la Jarrie, paroisse de la Limousinière ; du Boisguéhenneuc, paroisse de Férel ; de la Galiotière, paroisse de Châteauthébaud ; de Trémar, paroisse de Plessé. Ext réformation de 1669 ; 8 générations ;  réformes et montres de 1454 à 1543, paroisse de Sainte-Luce et Férel, évêché de Nantes (Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne).
    Biblio
    :
    Georges Gustave Toudouze, Françoise de Châteaubriant et François Ier, Paris, Floury, 1948.
    M. Mauger, Bretagne chatoyante, 2002, p. 108-109.
    Site :
    Amaury de la Pinsonnais : Châteaubriant, baronnie, ville et paroisse [en ligne]

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    © Paris, BnF, Lat. 9474

    C'était un moment tant attendu ! Gallica nous offre un merveilleux cadeau pour ce Noël 2012 : la numérisation des Grandes Heures d'Anne de Bretagne, enluminé par Jean Bourdichon.
    [ en ligne ]

    Mandement adressé à Jean Bourdichon pour l’exécution des Heures [ numérisé sur Gallica ] :

    « ... a notre cher et bien amé Jehan Bourdichon, painctre et valet de chambre de monsieur [le roi], la somme de mil cinquante livres tournois, en six cens escuz d'or, ... tant pour le recompenser de ce qu'il nous a richement et somptueusement historié et enluminé unes grans Heures pour nostre usaige et service, où il a mis grant temps ..." (Blois, 14 mars 1508 n. s.)


    © Paris, BnF, Nlle acq. fr. 21192. Signature d'Anne de Bretagne
     
    Note sur la reliure :

    1684, 20 avril : au Sr Dalencé, 132 #, 5 s. pour son remboursement de la dépense faite pour la reliure des heures d'Anne de Bretagne pour mettre au Cabinet des curiosités du Roy, et 500 # par gratification en considération de ses services ... (J. Guiffrey, Comptes des bâtiments du roi, II, 537)

    Quelques références bibliographiques :
    Léopold Delisle, Les Grandes heures de la reine Anne de Bretagne et l'atelier de Jean Bourdichon, E. Rahir, 1913.
    H. Omont,  "Un document nouveau relatif à Jean Bourdichon", dans  Bibliothèque de l'école des chartes, t. 73, 1912, p. 581-583 [ en ligne sur Persée ]
    Heures d'Anne de Bretagne. Reproduction réduite des 63 peintures du Manuscrit latin 9474 de la Bibliothèque nationale [ en ligne ]
    V. Leroquais, Les Livres d'heures, I, p. 298-305, n° 144.
    Notice détaillée dans F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures, 1993, n° 164, p. 297-300, avec bibliographie.
    Michele Bilimoff, Promenade dans des jardins disparus, Les plantes au Moyen Âge d'apres les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, OUEST-FRANCE, 2001.
    Facsimilé Moleiro : commentaires rédigé par Marie-Pierre Laffitte (BnF), Georges Minois, Michèle Bilimoff (CNRS) et Carlos Miranda

    Documents sur Jean Bourdichon :
    « Led. jour [10 VII 1481] en lad. court, personnellement establyz Jehan de La Rue [Delarue], tailleur et Jehanne, sa femme, de lui suffisamment auctorisee, paroissiens de St-Clemens dud. Tours, soubzmectans etc., lesquelx ont ont congneu et confessé en droit en lad. court par devant nous, avoir vendu et octroyé, et encores par ces presentes vendent et octroyent des a present a touzjoursmais perpetuellement a heritaige a Jehan Bourdichon, enlumineur et varlet de chambre du Roy nostre sire, et a Barbe, sa femme,a ce presente, prenans etc. la somme de 49 s. 2 d.t., monnoie courant a present, de rente annuelle et perpetuelle en quoy les personnes qui sensuivent lui sont atenuz par chacun an aux termes et festes de Noel et Jehan-Baptiste par moictie, cest assavoir... » [source : Tours AD37 - Cote: 3E8/285 = en ligne]

    29 juillet 1521 par Foussedouaire notaire à Tours : Françoise Bourdichon, fille du feu sieur Jehan Bourdichon, vivant peintre et varlet de chambre du Roy, femme et espouse de honorable homme maistre Jehan Perrigault, licencié ès lois, conseiller en la cour royale de Tours, autorisée par la procuration de son mari pour recevoir heritage de son père avec ses coheritiers et de dame Barbe Colleberde sa mère".

    Voir nombreuses références d'archives dans le Dictionnaire critique de biographie et d'histoire - Jean Bourdichon de Tours, dans Archives de l'art français

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    Grandes Heures d'Anne de Bretagne. © Paris, BnF, Lat. 9474 [ Gallica ]

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    (c) Quaritch

    En feuilletant par hasard un ancien catalogue de la maison Quaritch, une notice a retenu mon attention, celle d'un Livre d'heures à l'usage de Rome présenté comme étant de la maison du Bec, famille bien connue en Bretagne et Normandie. Ce manuscrit de 207 f. mesurant 133 mm sur 95 mm, copié sur 16 lignes à la page, renferme quatre miniatures des Evangélistes en grisaille et onze grandes initiales décorées.
    Une recherche plus poussée m'a conduit à rejeter l'identification proposée par le catalogue Quaritch, conforté par l'aide précieuse d'Hanno Wijsman (IRHT). En effet, les armes de Lalaing (1er parti, de gueules, à 10 losanges d'argent aboutées, accolées et rangées 3, 3, 3, 1, la première à dextre chargée d'un lion de gueules) (1), celles de la Viefville (d''or à trois fasces d'azur, trois annelets de gueules brochant sur le champ et la première fasce) et les initiales entrelacées "J" et "B" ne pouvaient que s'appliquer à Josse de Lalaing et à son épouse Bonne de La Viefville, armes que l'on peut voir également sur le vitrail de la Sainte-Trinité en l'église collégiale Sainte-Waudru de Mons offert par leur fils Antoine et son épouse Elisabeth de Culembourg (2).


    Armes de Charles II Lalaing, neveu d'Antoine de Lalaing. Fragment de vitrail de Sint-Katharinakerk van Hoogstraten [ source ]


    Armes de Simon de Lalaing, seigneur de Montigny. Musée de l'Hotel Sandelin à Saint-Omer.

    Sur le personnage :
    J. Lauwerijs, Het testament van Joost de Lalaing (+ 1483), Hoogstraeten, chez l'auteur, 1935, 37 p.
    Claude Thiry, "Un inédit de Jean Molinet : l'épitaphe de Josse de Lalaing, sire de Montigny (+ 1483)", dans Bulletin de la Commission royale d'histoire, vol. cxxxix, 1973. p. 29-66.
    Christiane Van den Bergen-Pantens, "Le tableau des 32 quartiers de Josse de Lalaing, chevalier de la Toison d’or, seigneur de Brosende († 5 août 1483)", dans Jean-Marie Cauchies et Jacqueline Guisset, Du métier des armes à la vie de cour, de la forteresse au château de séjour : XIVe-XVIe siècles, Turnhout, Brepols Publishers, 2005, p. 194-204.

    Fils de Simon de Lalaing (second fils d'Othon), seigneur de Montigny, et de Jeanne de Gavre, dame d'Escornaix, de Bracles et Salardingh (fille d'Arnauld de Gavre et de Marie d'Aumont, dame de Bracles), Josse reçut l'ordre la Toison d'Or au treizième chapitre, tenu Bruges en 1478.

    Marié en 1462, on peut supposer que le Livre d’heures fut exécuté vers cette date, peut-être comme cadeau à cette union.

    Epitaphe de Josse de Lalaign

    Ci-gît Messire Josse De Lalaing, Seigneur et Baron dudit lieu, Seigneur de Hantes, Montigny, Bracles et Salardinghe, qui épousa Marie-Bonne de la Vieufville, fille et héritière de Louis de la Vieufville, Seigneur de Sains, Bertes, Orvilliers et de Maurepas, en le Comté d'Artois et d'autres Seigneuries, il fut de l'ordre de la Toison d'Or, Conseiller et Chambellan des magnifiques Princes Charles, Duc de Bourgogne, puis Maximilien, Archiduc d'Autriche et de Dame Marie de Bourgogne, sa femme, il fit plusieurs grands voyages tant par mer que par terre, haut à joutes et tournois, eut plusieurs grandes charges de gendarme, fut Capitaine de cent lances et de Péronne, prit d'assaut une île, le Duc Charles étant venu devant Nuys, fut amiral, Grand Veneur et Commis à créer les lois de Flandre ; Capitaine des deux châteaux et ville de l'Écluse, fut pris à la bataille de Nancy au service de son Prince Charles, qui là mourut, fut Chevalier d'honneur à ladite Dame Duchesse, laquelle eut en lui si grande confiance qu'elle le fit Ier Chambellan et Gouverneur de Monseigneur Philippe, Archiduc d'Autriche son fils, depuis Monseigneur Archiduc et Duc de Bourgogne, Maximilien, qui après fut Roi des Romains ; le fit Gouverneur de Hollande, de Zélande et de Frise, qui pour lors étaient rebelles, et néanmoins après plusieurs rencontres et villes prises, tant par armes que par beau (?), les réduisit à l'obéissance, subjugua la ville d Utrecht, prit d'assaut la forte ville de Hornes en Frise, acquit la Baronnie de Lalaing : Utrecht se remue (?), laquelle fut assiégée par Maximilien d'Autriche où ledit Seigneur Josse avait la charge de toute l'armée et faisant affuter une bombarde, fut atteint de deux coups d'arquebuse, vécut jusqu'au lendemain, se confessa ; reçut son dernier sacrement et trépassa, Chevalier sans reproche.

    Source : Recueil historique

    Voir la notice de Casimir de Sars de Solmon (Bibliothèque de Valenciennes) consacrée au couple Josse et Bonne :

    Josse de Lalaing, sr de Montigny, de Hantes etc., Chevalier de l'ordre de la Toison d'or, lequel acheta la baronnie de Lalaing de son cousin germain Jean de Lalaing et mourut au siège d'Utrecht lan 1483, gist à Deins. Il avoit épousé Bonne de La Viefville, dame de Sains, Tongres et Maurepas, porte fascé d'or et d'azur de huit pièces à 3 annelettes de gueules sur les deux premières fasces, fille de Louis de La Viefville, sr de Sains et de Marguerite de Rincheval, dame de Maurepas.


    Provenances du manuscrit :
    Sotheby's : Highly important manuscripts, extremely valuable printed books, autograph letters and historical documents, etc. (Milo) - 1925/04/06, lot 486
    Quaritch : A Catalogue of Illuminated and Other Manuscripts Together with Some Works on Paleography - 1931 Lot 46
    Quaritch : Illuminated and literary manuscripts, autograph letters, etc. - 1941, Lot 22

    Notes
    (1) On a ici plutôt un losangé.
    (2)Corpus vitrearum. Les vitraux de la première moitié du XVIe siècle conservés en Belgique. La collégiale Sainte-Waudru de Mons, t. V, 2009. [ extraits en ligne ] avec une liste de représentations du couple.

    Merci à Hanno Wijsman (IRHT)

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    Saluons le retour de Peter Kidd sur son blog :

    Medieval Manuscripts Provenance
    Occasional notes and observations, and things I don't want to forget

    http://mssprovenance.blogspot.fr/


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    © Binoche & Giquello. Philippe de Harville présente son aveu au roi François 1er

    La maison Binoche & Giquello (expert : Emmanuel de BROGLIE) propose à leur vente du 23 janvier un aveu enluminé de Philippe de Harville, pour sa seigneurie de Millemont (1529)

    Lot n° 83 :
    « Avev de Millemont 1529 ». Manuscrit de la première moitié du XVIe siècle, calligraphié et enluminé sur peau de vélin, en un volume in-4° (225 x 315 mm), daim vert, tranches dorées (reliure début XVIIIe s.). 39 f., dont 37 sur peau de vélin: 2 [bl.] + 34 + 2 (in-8°) + 1 [bl.]. Premier feuillet de texte orné d'une grande lettrine enluminée (94 x 90 mm) montrant le seigneur de Millemont en train de présenter son livre d'aveu au roi François Ier. Large bande, également enluminée, en marge extérieure et en pied. Composition du volume  :
    -- procès-verbal, dressé par Pierre Bureau, bailli de Neauphle-le-Châtel, de l'aveu rendu au Roi par devant notaire, le 24 janvier 1529 [i. e. 1530 n. st.], par Philippe de Harville, seigneur de La Grange-du-Bois, Saint-Germain-de-Morainville, Thiverval, Plaisir, La Chesne et Millemont, pour ses fiefs, terres et seigneuries dépendant de la baronnie de Neauphle (f. 1r - 32r) 
    -- procès-verbal de l'aveu rectificatif du précédent, dressé le 24 octobre 1530 (f. 32r - 34r)
    -- transcription de deux lettres patentes du Roi du 1er février 1537 [i. e. 1538 n. st.] relatives à ces aveux (2 ff. in-8° sur papier). Reliés à la suite, 37 f. du début du XVIIe s.
    -- procès-verbal concernant ces aveux, dressé par le lieutenant civil et criminel du bailliage de Montfort-l'Amaury, le 24 avril 1608 (1 f.)
    -- copie collationnée à la même date des aveux précédents de 1529 et 1530, suivie de celle des lettres patentes de 1537 (f. 1r - 35r). Ex-libris manuscrit en page de garde de Louis de Harville, sieur de Millemont.

    Source: Binoche & Giquello : catalogue en ligne

    La Houghton Library de l'Université de Harvard (Cambridge, USA) conserve un aveu similaire (MS. Typ 0475), de même format (222 x 300 mm), portant la date du 23 janvier 1529, dressé ici pour la seigneurie de "Neauphle le Chastel" (Neauphle-le-Château) :


    © Cambridge, Harvard University, Houghton Library,  MS Typ 0475 - (Source : Houghton Library. MS Typ 475    http://nrs.harvard.edu/urn-3:FHCL.HOUGH:864055)

    A Tous ceulx qui ces presentes lectres verront Pierre Bureau Escuyer licencié en loix advocat en la court de parlement et bailly de Neauphle le Chastel pour le Roy nostre sire salut. Savoir faisons que par devant Thomas Fleury clerc tabellion juré en la chastellenie dudict Neauphle fut present en sa personne Noble homme Philippe de Harville escuyer seigneur de la Granche, du Boys de Sainct Germain, de Morainvillé, Thiverval, Plaisir, La Chesne et Meillemont Lequel advoua et par ces presnetes advoue a tenir en plain fief a une seulle foy et hommaige du Roy nostredict seigneur a cause de son chastel, baronnie et chastellenie dudict Neauphle le Chastel Les fiefs arrierefiefs, terres et seigneuries, possessions, heritaiges, dommaines, cens, rentes et choses qui ensuivent Cest assavoir Premièrement Le manoir de la Granche du Boys fermé a murs et a fossés ...

    Digital Medieval Manuscripts at Houghton Library :
    Le manuscrit de la Houghton Library contient : 1. Aveu et dénombrement de Philippe de Harville "escuyer, seigneur de la Granche du boys, de Saint-Germain de Morainville, Thiverval, Plaisir, La Chesne, et Meillemont", 24 janvier 1529 (f. 1r-33v), avec une addition datée de 24 octobre 1530 (34r-35v) -- 2. Aveu et dénombrement de Pierre de Harville, "escuier, seigneur de la Granch du boys, de Saint-Germain de Morainville, Thiverval, Plaisir en partie, la Chesne, Meillemont, et des quatre parts et portions, les cinq faisant le tout, de la terre et seigneurie de la Breteschelle" fait 16 juillet 1563 (ir-xxxviiir). Reliure aux armes de Louis-Hercule-Timoléon de Cossé, duc de Brissac

    Voir aussi aux archives du château de Chantilly (1-CD-007), l'aveu de Philippe de Harville pour le fief de Villebois (6 juin 1531) : 

    Foi et hommage pour le fief de Villebois, fait par Philippe de Harville, seigneur de La Grange-du-Bois, au nom et comme tuteur d'Esprit et de François de Harville, enfants mineurs de feu Fiacre, « au village de Villebon en ung hostel qui fut et appartint à feu maistre Guillaume Fusée, en son vivant procureur en Parlement, auquel lieu ledit tuteur, parlant à Isabeau Picquet, femme de Jehan Dauxerre, soy disant fermière pour maistre Estienne Ferron, procureur en Parlement, a demandé s'il y avoit aud. lieu personne commis pour led. Ferron, en quelque droict que led. fief de Villebon luy appartînt, pour recepvoir les foy et hommage... » 

    Documentation : généalogie des Harville (Etienne Pattou)

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    Ce 10 janvier 2013 la Bretagne perd un de ses grands médiévistes. Membre du Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC) de Brest, Jean-Christophe Cassard a produit d'importantes contributions sur l'histoire médiévale de la Bretagne.

    Voir sa bibliographie sur COPAC et sur le site d'André-Yves Bourgès : Hagio-Historiographie médiévale
    Vidéo : Jean christophe Cassard - Collier de l'Hermine 2009 - Bretagne


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    Lire le Roman de la rose aujourd’hui
    Pour accompagner l'exposition L'art d'aimer au Moyen Âge, le Roman de la rose qui se tient à la Bibliothèque de l'Arsenal jusqu'au 17 février 2013, la Bibliothèque nationale de France propose une journée d'étude le 18 janvier 2013 (site Tolbiac, petit auditorium) sur le thème "Lire le Roman de la rose aujourd'hui". Les meilleurs spécialistes de l'histoire littéraire (le matin) et de l'histoire de l'art (l'après-midi) feront la synthèse des interprétations nouvelles que le Roman de la rose a suscitées et suscite en ce début du XXIème siècle.
    La journée s'achèvera sur une communication de Stephen Nichols, un des pères fondateurs de la bibliothèque numérique du Roman de la rose.
    Visite de l’exposition à l’issue de la journée d’étude

    PROGRAMME
    matin
    9h30 Ouverture
    Jacqueline Sanson, directrice générale de la Bibliothèque nationale de France
    10h Introduction
    L’art d’aimer au Moyen Âge et le Roman de la Rose
    Michel Zink, professeur au Collège de France, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres
    Aspects littéraires
    Président de séance : Pierre-Yves Badel, professeur honoraire de littérature médiévale, Université Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis
    10h30 La Rose en débat. Christine de Pizan lectrice du Roman ou du Livre de la Rose ?
    Jacqueline Cerquiglini-Toulet, professeur de littérature médiévale française à l’Université Paris IV-Sorbonne
    11h – 11h15 Pause
    11h15 Cent ans avant le « débat gracieux » : lecteurs pudiques et gynéphiles de Jean de Meun
    Andrea Valentini, maître de conférences à Paris III-Sorbonne Nouvelle
    11h45 Le Roman de la Rose moralisé de Jean Molinet (circa 1500) ou l’art de l’exégèse au service du prédicateur
    Jean Devaux, professeur de langue et littérature médiévales à l’Université du Littoral - Côte d’Opale (Dunkerque)
    12h15 Les étranges occupants du verger de Deduit ; réflexions sur une figure mal aimée, la personnification
    Armand Strubel, professeur de littérature médiévale à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3

    après-midi
    Aspects artistiques et thèmes iconographiques
    Président de séance : Herman Braet, professeur émérite de littérature médiévale française et occitane aux Universités d’Anvers et de Louvain
    14h30 Contributions de l'historiographie des manuscrits à peintures à la lecture du Roman de la Rose
    Eberhard König, professeur émérite d’Histoire de l’Art à l’Université de Berlin
    15h La mise en image du songe dans les enluminures d’incipit du Roman de la Rose : effets de cadre et de miroir
    Fabienne Pomel, maître de conférences en langue et littérature médiévales à l’Université de Rennes 2
    15h30 - 15h45 Pause
    15h45 Aimer le vrai Dieu d'amour : la réhabilitation de Jean de Meun dans les manuscrits Arsenal 3339 et Français 24392 de la Bibliothèque nationale de France
    Lori Walters, professeur de français à l’Université d’Etat de Floride
    16h15 Lire et voir le Roman de la Rose entre le Moyen Âge et la Renaissance : la réception du poème dans les arts figurés autour de 1500
    Carmen D. Teodorescu, doctorante au Centre André Chastel
    16h45 Conclusion
    Pour une lecture dynamique du Roman de la rose ?
    Stephen Nichols, professeur à l’Université Johns Hopkins de Baltimore

    Lire le Roman de la rose aujourd’hui
    Petit auditorium – hall Est
    Quai François-Mauriac - Paris 13e
    vendredi 18 janvier 2013
    9h30 – 18h
    Entrée libre

    EXPOSITION EN LIGNE / L'ART D'AIMER AU MOYEN ÄGE

     


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    Dans le cadre du "Master Cultures et Sociétés", se tiendra à l'Université de Pau et des pays de l'Adour une journée d'étude : Signatures, écritures et pouvoirs autour de Gaston III comte de Foix dit Fébus
    Coordination : Véronique Lamazou-Duplan
    PROGRAMME
    9h Ouverture de la journée
    Signatures et marques fébusiennes. Des actes aux manuscrits
    9h15 Ghislain BRUNEL, Conservateur en chef des Archives nationales, Véronique LAMAZOU-DUPLAN, Maître de conférences à l’UPPA. Les actes signés Febus.
    9h50 Paul MIRONNEAU, Directeur du Musée national du Château de Pau. Marques, signatures et autres éléments d'individuation dans les manuscrits ayant appartenu à Gaston Fébus.
    10h25 Simone VENTURA, Universitat de Barcelona. Le statut textuel de l'Elucidari de las proprietatz de totas res naturals : quelques remarques sur la langue et les sources de la version occitane du De proprietatibus rerum.
    Pause
    11h20 Maria Alessandra BILOTTA, chercheur à l’Université de Lille 3 et à l’Université Nouvelle de Lisbonne. Les enluminures de l'Elucidari et celles des manuscrits juridiques enluminés dans le Midi de la France : rapports iconographiques et stylistiques.
    11h55 Discussion
    12h30 Déjeuner
    Autour de Fébus : écritures et pouvoirs
    Jean-Pierre Barraqué, Professeur à l’UPPA. Modérateur et discutant.
    14h30 Claudine PAILHÈS, Directrice des Archives départementales de l’Ariège. Fébus, comte de Foix : assises et discours fuxéens.
    15h05 Benoît CURSENTE, Directeur de recherche honoraire CNRS. Écriture et servage : le fait du prince et l'appropriation de l'écrit par les maisons paysannes.
    15h40 Dominique BIDOT-GERMA, Maître de conférences à l’UPPA. Les sources fiscales et le pouvoir fébusien.
    16h15 : Discussion et conclusions.



    Programme de recherche UPPA / ITEM (EA 3002) soutenu par les CG 64 et CG 09
    Université de Pau et des Pays de l’Adour – Institut Claude Laugénie- Salle Chadefaud

    Iconographie : signature autographe (ADPA E 301)

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    Un Livre d'heures à l'usage de Paris, ca 1440-1450, décrit il y a déjà quelques années par Joachim M. Plotzek et sans doute aujourd'hui dans une collection particulière a appartenu à trois générations successives des Popincourt (Popaincourt) : Jean de popincourt et Catherine Le Bègue, sa fille Claudine de Popincourt et Jean du Plessis, son mari, et enfin à Guillaume du Plessis, fils de ces derniers. Le manuscrit porte sur un de ses feuillets, à la Crucifixion, un couple en prières (miniature ci-dessus) : Jean de Popincourt et son épouse Catherine Le Bègue.

    Jean de Popincourt, seigneur de Sarcelles et de Liancourt, fils de Jean de Popincourt, premier président au Parlement de Paris. Il était substitut du procureur général audit parlement dès l'année 1458, d'après un arrêt du 26 juillet de cette année. Il fut chargé pendant la ligue du Bien Public de la garde de la porte Saint-Denis, et envoyé en ambassade en Angleterre en 1466 avec l'amiral de France et l'évêque de Langres ; il est qualifié président en la Chambre des comptes dans des lettres du 10 juillet 1469, qui le commettent pour faire publier les lettres de don de la Guienne en apanage à Charles de France ; il fut reçu troisième président au Parlement de Paris en 1471, et l'un des commissaires chargés d'instruire le procès du comte de Saint-Pol en 1475. Il avait épousé Catherine le Bègue, fille de Jean le Bègue et de Catherine Paillard, et mourut le 21 mai 1480. (Blanchard, Les Présidents à mortier du Parlement de Paris, p. 105.)  
     
    Jean de Popincourt mourut le 23 mai 1480, ainsi qu'on le voyait par son épitaphe placée sur son tombeau dans l'église Sainte-Croix de la Bretonnerie, au milieu du chœur, sous une tombe plate de marbre noir, sous le lutrin. Il laissa une fille du nom de Claudine qui épousa en 1463, Jean de Plessis.

    "Ci gist noble homme et saige maistre Jehan de Poupaincourt, en son vivant seigneur de Sarcelles et Lyancourt, conseiller du roy nostre sire et president en sa court de parlement, lequel trespassa le XXVe jour de may M CCCC LXXX".
    "Aussy gist noble damoyselle Catherine Le Begue, femme dudict de Poupaincourt, laquelle trespassa le IVe jour d'octobre M CCCC IC"
    "Cy gist noble homme Jehan du Plessis, en son vivant seigneur D'Onchamps, de Savonnieres et de la Prugne, conseiller et maistre d'hostel ordinaire des roys Louis XI et Charles VIII, lequel trespassa Le XXVe jour de may M CCCC XCIV"
    Cy gist noble damoiselle Claude de Poupaincourt, dame de Sarcelles et de Lyancourt, femme dudict Jehan du Plessis, laquelle trespassa le XXVe jour de novembre M D X. - Priez Dieu Pour Eulx.

    Source : 
    Épitaphier du vieux Paris, tome III, Chartreux-Saint-Etienne-du-Mont, publié par Emile Raunié, Paris, Imprimerie nationale, 1899, p. 433.
    Popincourt : d'azur, à la croix engrêlée d'or. Du Plessis : d'argent, à la croix engrêlèe de gueules et chargée de cinq coquilles d'or -- Le Bègue : D'argent à trois croix ancrées de pourpre à la bordure engrêlée d'azur
    Voir le testament de Jean de Popincourt (son oncle), publié en ligne sur Corpus de l'Ecole nationale des chartes, d'après Tuetey, Testaments enregistrés au Parlement de Paris sous le règne de Charles VI.

    Documentation :
    Archives du château de Chantilly :
    1-BA-042 SARCELLES. Aveu de Jean de Poupaincourt, dit Soullart, 22 janvier 1427 [1428] ; de Jean de Poupaincourt, licencié en lois, avocat au Châtelet de Paris, seigneur de Sarcelles, 5 janvier 1436 [1437]. Il vend à Oudin Gagnepain, laboureur, la maison qui lui est échue par la mort d'André Lasneuze, 30 décembre 1437.
    2-BA-030. 1457, 6 mars, Jean de Poupaincourt, écuyer, avocat en Parlement, seigneur de Sarcelles, tiers de ladite seigneurie par lui acquis de Guillaume de Malloc et de Jean de Martainville, écuyers.
    1-CD-010. Catherine Le Bègue, veuve de Jean de Poupaincourt, président au Parlement, reçoit Fiacre de Harville en foi et hommage, 4 janvier 1489 [1490].
     
    Biblio :
    Joachim M. Plotzek, Andachtsbücher des Mittelalters aus Privatbesitz, Köln, Schnütgen-Museum, 1987, n° 21, p. 112-114. 
    Virginia Reinburg, Books of Hours, 2012, p. 65.
    G. Dupont-Ferrier,  "Les avocats à la Chambre ou Cour des aides de Paris au XVe siècle", dans Bibliothèque de l'école des chartes, 93, 1932, p. 267-313 (p. 301) [ en ligne sur Persée ]
    G. Dupont-Ferrier, "Les avocats à la Cour du Trésor de 1401 à 1515",  dans Bibliothèque de l'école des chartes, 98, 1937,  p. 99-145 (p. 119) [ en ligne sur Persée ]

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  • 01/25/13--08:15: Kristian Brisson (1927-2013)

  • Dérogeant quelque peu à la tradition de ce blog, je ne peux passer sous silence, ce 25 janvier 2013, la mort de Kristian Brisson, mon professeur d'anglais au collège Saint-Pierre de Plougastel (Finistère). La disparition de celui qui m'initia à l'histoire de la Bretagne et de ses origines m'attriste profondément : c'était un homme de grande culture, modeste et amoureux de la langue bretonne.

    Né à Ivry en 1927 dans une famille originaire de Concarneau, Kristian Brisson a été attiré très tôt par l'écriture et par la musique et, à l'âge de 17 ans, il a décidé d'écrire en breton. Il a commencé sa carrière d'enseignant comme instituteur à Rennes (collège Notre-Dame de La Palestine), puis est devenu professeur d'anglais et de breton, en poste d'abord à Sizun, puis à Plougastel (collège Saint-Pierre). Il a publié des poésies, des nouvelles et plusieurs romans en langue bretonne :


    Bibliographie sur wikipedia

    Billet sur EMGLEV AN TIEGEZHIOÙ

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    Dans la liste des copistes bretons dont nous avons fait dernièrement un premier état, figure Yvon Lomme un libraire / copiste, attesté à Paris dès 1392. C'est  cette année-là, le 19 octobre, qu'il acheva un bréviaire en deux volumes à l'usage de Saint-Victor de Paris (Paris, BnF, Lat. 14279) pour le président de la Chambre des comptes, Jean Pastourel, conseiller de Charles V :

    Explicit istud breviarium ad usum ecclesie seu Ordinis s. Victoris prope Parisius positum in duobus volum. Et fuit scriptum per manum Yvonis Hominis ad mandatum et expensas revmi dni mei et M.M. Iohannis Pastorelli (1) dni nri regis Francie consiliarii et presidentis camera compotorum. Et fuit completum die sabbati 19 die m. oct. a. d. 1392. Et sciatis pro certo quod predictus Yvo fuit optime solutus de suo vino. Anima solventis requiescat cum illo qui sine fine vivit et regnat quod Deus concedat. Omnis homo Pater noster dicat. Amen. (f. 414)

    V. Leroquais, Bréviaires, III, 255. Colophons, 12121.

    (1) Jean Pastourel, seigneur de Groslay près Montmorency, conseiller du roi et président de la Chambre des comptes, anobli en 1354. Sa femme, Sédile de Sainte-Croix (+ 28 mars 1380) fut inhumée en la chapelle de la Sainte-Trinité de la basilique de Saint-Denis. Lui-même avait obtenu de Charles V le privilège d'y reposer, en considération de ses services. En définitive, il le fut à l'abbaye Saint-Victor de Paris où il finit ses jours en y prenant l'habit religieux (+ 18 novembre 1395).

    Louis d'Orléans (1372–1407), second fils de Charles V, bibliophile reconnu, fit commande auprès d'Yvon Lomme de plusieurs ouvrages liturgiques pour ses chapelles des églises parisiennes de Saint-Pol et de Saint-Eustache, travaux documentés par ses livres de dépenses :

    (20 avril 1399)
    Autre despense pour l'estorement desdictes chapelles
    A Yvon Lomme libraire demourant à Paris pour un messel à l'usage de Paris par lui fait et livré pour la chappelle que MdS le duc a de nouvel fait faire en l'église de Saint Pol à Paris xlv liv. t.
    A lui pour un autre messel pour une chappelle que MdS a fait faire en l'église de Saint Eustace xl l. t

    Paris, Archives nationales, K 265. Laborde, Ducs de Bourgogne, 3, 184, n° 5902 et 5903 - R. H. Rouse & M. A Rouse, Manuscripts and their makers, 2, p. 141. Celle de Saint-Eustache était en construction : il donne "deux mil frans d'or pour continuer en l'ouvrage de certaine chapelle qui a esté ordonnée estre faicte et fondée par mon seigneur pour le salut de son ame en l'église parochial de Sainct Eustace de Paris".


    Eglise Saint-Pol [ source ]

    En 1407, Yvon Lomme acheva un missel à l'usage de Saint-Maur-des-Fosssés (Paris, Bibliothèque Mazarine, ms 415) à la demande d'Hugues Moulin, procureur du couvent de saint-Eloi de Paris :

    « Cy fine ce Messel, à l'usage de l'abbaye de Saint-Mor des Fossés, lequel messel fist faire et escrire très-honorable homme et discrète personne, messire Hugues Moulin, doyen de Saint-Merry de Linays et procureur du prieur et convent de l'église Saint-Eloy de Paris, lequel messel fust escript par la main de Yvon Lomme, Breton, à la requeste dudit messire Hugues, et fust parescript et complet le jeudi IIe jour de juing, l'an mil quatre cens et sept. Se il vous plaist, vous prieres pour les deux dessusdis, qu'en la fin leur doint Dieu paradis et aussi à tous leurs bons amis. Amen. »

    Description sur CALAMES -


    © Paris, Bibliothèque Mazarine - Images dans Liber Floridus

     
    Yvon Lomme copia également un exemplaire (44 f. : 435 x 325 mm) du traité pseudo-aristotélicien "Le livre des moeurs du gouverment des seigneurs", appelé les Secrets des Secrets, De secretis secretorum sive De regimine principum vel regum vel dominorum, dans la traduction du clerc Philippe (de Tripoli ?). Il s'agit du manuscrit Paris, Ecole des Beaux arts, coll. Masson Inv. 75 : au f. 44 : Explicit ... Deo gratias. Yvon Lomme.


    © Paris, Bibliothèque des Beaux-Arts. Mas 75.

    Biblio :Notice des dessins, enluminures, manuscrits d'art français du XIIe au XVIIIe siècle tirés de la donation Jean Masson, Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, 1927, n°19. L'Art graphique au Moyen-Age : exposition de dessins, manuscrits enluminés, gravures et incunables conservés dans les collections de l'Ecole et tirés en majeure partie de la donation Masson, Paris, Ecole des Beaux-Arts, 1953, n°28. Colophons, 12122. Manuscrits datés, I, 211. F. Wurms, Studien zu den deutschen und lateinischen Prosafassungen des ps.-aristotelischen 'Secretum secretorum', Hamburg, 1970. Présentation de l'oeuvre sur wikipedia. Voir le Dictionnaire des philosophes médiévaux.

    Cet exemplaire provient de la vente Gelis-Didot du 12 avril 1897, lot 9, organisée par la librairie Théophile Belin. Sa décoration est attribuée au Maitre du Boccace de Genève :

    Catalogue de manuscrits et miniatures du XIe au XVIIe siècle, ouvrages d'ornementations... estampes composant la collection de M. P. Gélis-Didot, 1897, p. 10.

    François Avril, dans son étude sur "Le parcours exemplaire d'un enlumineur à la fin du XIVe s. : la carrière et l'oeuvre du Maître du Policratique de Charles V" (1) a relevé au chapitre des relations professionnelles de l'artiste, « ses liens avec les copistes des manuscrits qu'il fut amené à illustrer, liens qui, dans un cas au moins, semblent avoir débouché sur un véritable partenariat". Parmi ceux-ci figure Yvon Lomme, Et François Avril de s'interroger sur la possible "bretonnitude" du Maitre du Policratique : "Cette collaboration répétée avec des copistes d'origine bretonne tient-elle à une communauté d'origine ?"

    (1) Dans Barbara Fleith & Franco Morenzoni, De la sainteté à l'hagiographie. Genèse et usage de la Légende dorée, Droz, 2001, p. 265-282.

    Enfin pour clore cette notice je souhaite suggérer un petit rapprochement (qui n'est peut-être pas fondé) au sujet du patronyme même de notre scribe breton. En effet, Lomme est aussi le nom du sculpteur de Tournai (Jannin Lomme, + 1449) qui exécuta vers 1410/1420 le mausolée du roi Charles III et son épouse Éléonore de Trastámara à Pamplune. R. Couffon, spécialiste de la sculpture bretonne, avait remarqué une similitude avec le monument funéraire du connétable de Clisson et de sa femme à Josselin (Bulletin monumental, 125, 1967, p. 167-175), oeuvre qu'il attribuait également à un tombier tournaisien. C'est à Tournai que vécu initialement (au moins juqu'en 1446, comme "escripvans", et "maistre de le escripture") le prototypographe Johannes Brito (Jean Le Breton, originaire de Pipriac) dont les travaux sont bien connus. Peut-être le sculpteur était-il d'une famille bretonne Lomme installée à Tournai, à laquelle se rattache peut-être notre copiste?... Au reste ce ne serait pas le seul artisan breton ayant travaillé en Espagne. Jean Le Goas, natif de Saint-Pol de Léon (Finistère), exerça son talent à Tolède vers le milieu du XVe s. Le roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon et son épouse, la reine Isabelle de Castille, lui commandèrent la construction du monastère de San Juan de los Reyes, destiné à être leur nécropole. Devenu riche bourgeois, il épouse Marina Alvarez, dont il a plusieurs enfants, et meurt à Tolède en 1496, enterré dans l'église de San Justo y Pastor.
    Lorenzo Mercadante de Bretaña (+ 1480), également léonard, travailla entre1454 et 1467 à la cathédrale de Séville, où il exécuta entre autres le sépulcre du cardinal Juan de Cervantes (1453).
    Sur le patronyme HOMME voir ici.


    Un des "pleurants" de Pamplune (cliquer sur l'image pour agrandir)

    Biblio :
    Jean-Luc Deuffic, Copistes bretons du Moyen Âge (xiiie-xve siècles) : une première « handlist » …, dans Pecia, Volume 13 / 2010, p. 193, n° 184.


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    The International Colloquium “Medieval Europe in motion” is directly linked to the current postdoctoral research projects of Dr. Maria Alessandra Bilotta on "Portuguese juridical manuscripts production and illumination between 14th and 15th centuries and theirs connections with manuscripts production and illumination in the French “Midi ” (specially Toulouse, Avignon and Montpellier) and in the North-Mediterranean regions (Italy and Cataluña)" and by Alicia Miguélez on " The gesture language in the Lorvão Apocalypse and its rapports with other beatus manuscripts".
    It is also related to other on-­going investigations on cultural and artistic circulation during the Middle Ages carried out by the Research Group, coordinated by Prof. Maria Adelaide Miranda at the Institute for Medieval Studies of the Nova University (Lisbon)
    The main objective of this initiative is to analyze the influence of circulation, motion and mobility of people, forms and ideas on the artistic creation during the Middle Ages. This is not a completely new topic in the field of Medieval Art Studies as several scientific events have already been organized in the past years on this topic. This Colloquium aims thus to conduct a critical and constructive revision of these matters, proposing new questions to be discussed.

    Site du colloque avec informations et programme détaillé

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    La vente de Livres anciens et modernes du dimanche 24 février à Amiens (Maître Frédéric DELOBEAU), propose sous le lot 90 un Livre d'heures (XVe s. ??) dont la décoration est attribuée au Maitre de Martainville, nommé ainsi d'après le ms 183 de la BM de Rouen.
    57 f. 175 mm x 100 mm. Ex libris : Dunoyer.
    Description du manuscrit sur le catalogue en ligne

    Voir pour comparaison un autre Livre d'heures du même maitre [ lien ] et le Harley 2936 de la British Library.

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  • 02/07/13--23:52: Auction : Wendl, Rudolstadt

  • Auctioneers Wendl : 75th Auction : 28.02. - 02.03.2013 : Kat.Nr. 2507 : Livre d'heures, France, enluminure flamande, 155 x 110 mm


    Calendrier, janvier



    Photos et description en ligne

    Auctioneers Wendl
    August-Bebel-Straße 4
    07407 Rudolstadt
    e-Mail: kontakt@auktionshaus-wendl.de

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    Nous avions, il y a plusieurs mois déjà, présenté nos recherches sur la bibliothèque de Jean Emmanuel de Rieux, marquis d'Assérac, personnage énigmatique et attachant. Des investigations dans le fonds des religieuses du Calvaire de la Compassion aux Archives nationales nous ont permis de retrouver certains détails intéressants et inédits sur la fin de cet homme qui laisse pourtant entrevoir encore quelques interrogations sur le lieu de sa sépulture...
    Le registre coté L 1053, n° 62, sous couverture parchemin, in-4°, porte sur le premier plat :
    "Registre de lan 1633 des Personnes / Religieuses et Seculieres / Enterrées dans linterieur / de nostre monastere et / dans leglise dud. / hors du Calvaire de St / Germain jusqu’a lan / 1695"
    On peut lire à la p. 33v :

    Le 28e septembre 1657 le corps de Monsieur Jean Emanuel de Rieux Marquis d’Asserac fut aporté en se monastere par le clergée de la paroisse de St Gervais, Monsieur de Garnache nostre visiteur le fut ressevoir a la porte de nostre eglise accompagné de nos Messieurs ecclesiastiques les religieuses à la grille de la tribune avec les luminaires chantant les repons ordinaires, les ceremonie faite, il fut exposé dans son lit funebre a la chapelle de la Sacrée Famille de nostre eglise, ou il a esté inhumée au boudelant (1), atendant l’exécution des daisains de Madame la Marquise son epouse de faire faire un mosolée dans la chapelle de la Reyne de Médicis, En avoir fait les poursuitte pour obtenir la permission de Monseigneur le duc dorléans, son altesse royale fit l’honneur den ecrire a la communauté, elle fut assemblée capitulairement le 22 octobre 1657 pour en faire lecture :
    "Mesdames, ayant apris du gentilhome que mon frere le duc dalbeuf, ma en voyé expres, que la dame dasserac, a daissain de nous demander a des conditions advantageuses pour vostre communauté la premiere chapelle de vostre eglise pour y faire la sépulture de feu sieur Marquis Dasserac son mary, jay bien voulu vous faire cette letre pour vous tesmoigner que vous me ferez plaisir de luy accorder sa demande, Et qu’en cela vous ferez une chose qui nous sera tres agréable Mesdames Vostre bon amy Gaston, de Blois ce 20e octobre 1657".  
    Tous les baux dessains de la ditte dame Dasserac son terminée à ce point, rien na esté exécuté a la réserve d’une fondation d’une messe a perpétuité pour feu son mary

    (1) service que l'on fait pour un défunt un an après sa mort (?)

    Le corps du marquis d'Assérac fut-il conservé au couvent du Calvaire de la Compassion ? Pas certain, à lire ce passage de J. de Kersauson de Pennendreff ? :

    Un aveu de 1680 laisse entendre que sous le chœur de l'ancienne église d'Herbignac existait un caveau sépulcral où "étoient enterrez les seigneurs marquis d'Assérac et de Ranrouet, et dans lequel on entre en levant la pierre qui ferme ledit enfeu, qui est auprès de l'autel, du costé de l'épistre".  

    Cette tombe a été violée lors de la première révolution, la châsse en plomb de Jean-Emmanuel fut ouverte (même enlevée, dans un but allégué peut-être de prétendu patriotisme, pour être transformé en balles) et, un absurde faiseur de collections, se permit de détacher au marquis d'Assérac une dent qu'il montrait comme une curieuse antiquité. On remarqua que ce seigneur avait la barbe et les cheveux roux. Pour éviter d'aussi indiscrètes visites, on a muré depuis le caveau. En 1880, quand on démolit l'église d'Herbignac, on découvrit, sous le marche-pied du maitre-autel, l'escalier conduisant à l'enfeu. Après le déblaiement des terres qui l'obstruaient, on put descendre de huit à neuf marches en granit, et on se trouva dans un caveau voûté en pierres de sept à huit mètres de long sur trois ou quatre de large. A l'extrémité, on aperçut des ossements, gardant parfaitement leur ordre naturel ; la tète était encore très bien conservée et portait presqu'intacte, la barbe et les cheveux, que l'on constata être de couleur rouge : on était en présence des restes de Jean-Emmanuel de Rieux. A son côté, dans le même caveau, on trouva un crâne dénudé, moins bien conservé que le sien : ce devait être celui de haute et puissante dame Anne Mangot, sa première femme, ou. peut-être, de Jeanne-Pélagie de Rieux, sa seconde, mais moins probablement de celle-ci, les registres paroissiaux d'Herbignac étant muets à son endroit. Les dépouilles du marquis et de la marquise d'Assérac n'ont point été transportées au cimetière paroissial, ainsi qu'on l'a cru et dit : on les a laissées dans le caveau, dont la voûte seule a été détruite, à cause de la différence de niveau. L'emplacement de l'enfeu se trouve aujourd'hui à l'entrée du transept, du côté de la nef, qui correspond à l'ancien chœur.[source : J. de Kersauson de Pennendreff, "Le château de Ranrouet et les seigneurs d'Assérac", dans Congrès archéologique de France, Nantes, 1886, Paris et Caen, 1887, p. 298-314, p. 307-308.

    Quoiqu'il en soit, Jeanne-Pélagie de Rieux fut certainement inhumée au Couvent du Calvaire de la rue de Vaugirard :

    Paris, AN, L 1053, n° 93 « sépultures de 1693 à 1723 », p. 5 :

    « Tres haute et puissante Dame Madame Jeanne Pélagie de Rieux dame des comtez de Chasteauneuf, Montafilan et de Donge, Barone de la Hunaudes du Plecis Bertrand, etc. Veufve de feu haut et puissant seigneur Jean Emanuel de Rieux, en son vivant Marquis Dasserac, conté de Larg’., seigneur de l’Isle Dieu, bien factrice de ce monastere de la Compassion fut inhumée dans le cloistre devant la grande porte de l’église, par Monsieur l’abbé de Montigny nostre Reverend Père visiteur, accompagné de Monsieur nostre Confeseur, d’un grand nombre d’ecclesiastiques, de nos amis qui ont assisté a l’enterrement avec toutes les /p. 5v/ religieuses, ou toute les ceremonies de l’eglise furent observées regulierement le 25e jour de septembre 1693 ».



    La Reverende Mere Madeleine de la Passion de Rieux, supérieure du Couvent de la Compassion, était la soeur du marquis de Sourdéac et de l'évêque de Saint-Pol de Léon, René de Rieux, enfants de René de Rieux et de Suzanne de Saint-Melaine.

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    Dans la belle série de Livres d'heures de la Bibliothèque de Rennes Métropole se trouve un manuscrit malheureusement mutilé de toutes ses miniatures et enluminures mais présentant un réel intérêt pour l'histoire liturgique du diocèse de Vannes. Les Heures datées sont assez rares en Bretagne, soulignons-le. Celles-ci furent achevées la veille de la Saint-Jacques 1398, c'est-à-dire le mercredi 24 juillet (voir calendrier médiéval) :

    Lan mil .CCC. IIIIxx. // furent acomplies cestes // heures. la veille de sai[n]t // Iacques

    Le livre d'heures en question provient des collections de l'Endowment for Biblical Research de Boston, catalogué par Judith H. Oliver en 1985 dans Manuscripts : Sacred and Secular, n° 91, p. 54-56, manuscrit  acquis par la Bibliothèque de Rennes auprès de la galerie Les Enluminures en 1998.   


    © Bibliothèque de Rennes Métropole, ms 1696

    Notre ami André-Yves Bourgès a donné (en ligne) quelques indications sur la liste épiscopale de Vannes connue tardivement par le cartulaire de Sainte-Croix de Quimperlé. Le calendrier du Livre d'heures de Rennes atteste du culte liturgique de plusieurs évêques vannetais, certains très caractéristiques, oubliés de notre Histoire. Il reste conforme aux témoins présentés par l'abbé François Duine (Inventaire liturgique, 1922, n° 223 et 224) : les missels de Rouen (BM 307, XVe siècle) et de Paris (BnF, Nlle acq. lat. 172, à l'usage du vice-chancelier Ynisan, daté de 1457). Le clericus Dolensis de préciser : "Le calendrier de Vannes, au XVe siècle, est un des plus riches au point de vue provincial et local".

    Calendrier
    3 mars : Vingolay abbatis (= saint Guénolé, fondateur de Landévennec)
    16 avril : depositio sancti Paterni (= évêque de Vannes)
    2 mai : Corentini et Brioci episcoporum (en rouge)
    11 : Gilde abbatis (= fête de l' "invention" du corps de saint Gildas)
    13 : Servacii presbiteri
    17 : Macuti episcopi (= noter le dédoublement Macut/Malo)
    19 : Yvonis confessoris (en rouge)
    24 : Donaciani martiris
    4 juin : Petroci confessoris
    6 : Tudguali episcopi (= plus exactement Gudual, confondu avec le Tudgual de Tréguier, fêté au 5 juin et 2 décembre)
    7 : Meriadoci episcopi (= évêque de Vannes)
    20 : Mevencii (sic) abbatis (= Meen, fondateur de l'abbaye de Gaël)
    22 : Bilii martiris (= évêque de Vannes)
    27 : Meldroci episcopi ve[netensis] (en rouge) (= évêque de Vannes)


    Chapelle de Locmeltro à Guern (Morbihan), dédiée à saint Meldroc - Cliquer pour agrandir -

    13 juillet : Turiavi episcopi
    19 : Gonerii confessoris
    28 : Sampsonis epsicopi
    29 : Guillelmi epsicopi (= Guillaume, évêque de Saint-Brieuc)
    16 aout : addition ancienne s. Armel
    19 : Guennini episcopi (en rouge) (= évêque de Vannes)
    20 : Philiberti abbatis
    13 septembre : Amantis episcopi ven. (= évêque de Vannes)
    10 octobre : Pauli episcopi (= Pol, évêque de Léon)
    11 : Melanii epsicopi (= Melaine, évêque de Rennes)
    24 : Maglorii episcopi
    29 : Translacio beati Yvonis
    3 novembre : Guenhaelii abbatis
    6 : Melani epsicopi (= voir au 11 septembre)
    15 : Maclovii episcopi
    21 : Columbanii abbatis
    12 décembre : Corentini epsicopi
    14 : Guinerii martiris

    Pour comparaison voir le calendrier de Vannes ca 1450-60 des Heures de Pierre de Pledranà l'usage de Nantes :
    Copenhagen - The Royal Library - Thott 114 8° (transcription Erik Drigsdahl)


    © Bibliothèque de Rennes Métropole, ms 1696

    Litanies
    Armel (en addition ancienne)
    Paterne (= Vannes)
    Corentin (= Quimper)
    Paul (= Léon)
    Tudgual (= Tréguier)
    Yves (= Tréguier)
    Brieuc (= Saint-Brieuc)
    Guillaume (= Saint-Brieuc)
    Malo (= Saint-Malo)
    Samson (= Dol)

    Liste des évêques de Vannes : Cartulaire de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, 2e édition revue, corrigée et augmentée, par Léon Maître et Paul de Berthou, Paris, H. Champion, 1904 [numérisé sur Gallica] :


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    Source photos du manuscrit 1696 : Bibliothèque de Rennes Métropole

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  • 02/23/13--11:24: Anne de Bretagne 1514 / 2014

  • Ouverture d'une page facebook Anne de Bretagne 1514 / 2014 en vue du 5e centenaire de sa mort et de la publication d'un ouvrage qui lui sera dédié : « Qu'il mecte ma povre ame en céleste lumière »
    Les funérailles d’une reine : Anne de Bretagne (1514)
    Textes, images et manuscrits 


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